POLLUTION EN REGION NORD-PAS DE CALAIS

Liste des polluants Evolution régionale   Quelques chiffres
de la région Nord-Pas de Calais
en
2005
2006

D'autres informations figurent sur la page pollution de ce site.

POLLUANTS DANS L'AIR

DEFINITION

La loi sur l'air de 1996 définit la pollution de l'air comme "l'introduction par l'homme, directement ou indirectement, dans l'atmosphère et les espaces clos, de substances ayant des conséquences préjudiciables de nature à mettre en danger la santé humaine, à nuire aux ressources biologiques et aux écosystèmes, à influer sur les changements climatiques, à détériorer les biens matériels, à provoquer des nuisances excessives".
Au regard de la loi, les gaz à effet de serre sont donc bien rangés dans la catégorie des polluants. Nous ne nous intéresserons pas dans la suite du dossier aux polluants émis dans les espaces clos bien que leurs effets toxiques sur la santé humaine aient été longtemps sous-estimés.

LISTE

Cette liste n'est bien sûr pas exhaustive même si elle a de quoi faire peur. Elle résulte des avancées de la science en toxicologie mais aussi et surtout d'un arbitrage politique entre les impératifs de santé publique et les différents groupes de pression. Les concentrations maximales admissibles évoluent également suite aux discussions entre différents organismes, citons, entre autres, l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé), l'UE (Union Européenne) et les états nationaux.
Nous nous réfèrerons à la classification du CITEPA (Centre intertechnique professionnel d'étude de la pollution de l'air).
Celui-ci distingue

du samedi 13 octobre 2007

Les particules au cœur de la lutte contre la pollution atmosphérique

Le groupe santé du « Grenelle » en a fait une priorité. Il préconise le respect des seuils de pollution et la fixation de normes strictes concernant les particules fines présentes dans l'air

Même si le sujet est quelque peu éclipsé par la mobilisation contre les émissions de gaz à effet de serre, la pollution atmosphérique, subie chaque jour par des millions de personnes, reste une préoccupation majeure de santé publique. Selon l'expression de Sylvia Médina, épidémiologiste à l'Institut de veille sanitaire (InVS), son impact sur la santé est « du même ordre que le tabagisme passif ».
Le groupe santé du Grenelle de l'environnement l'a placée en tête de ses préoccupations, en proposant deux objectifs principaux. D'une part, satisfaire les seuils fixés par la réglementation, aujourd'hui régulièrement dépassés. De l'autre, établir dans un premier temps un seuil maximal de 15 microgrammes par m3 en moyenne annuelle pour les particules fines, des polluants particulièrement dangereux pour lesquels aucune norme n'existe actuellement. Le groupe recommande de viser à terme le seuil de 10 microgrammes par m3. La pollution de l'air est responsable de maladies respiratoires et cardio-vasculai-res. Selon une étude réalisée par l'InVS dans les neuf plus grandes villes de France (soit 11 millions d'habitants), en 2002, elle a entraîné l'hospitalisation de 750 enfants pour des maladies respiratoires, et précipité la mort de 3 000 personnes fragiles (personnes âgées ou malades).

 

Trois types de polluants posent en particulier problème : l'ozone, les particules, et les oxydes d'azote. Les émetteurs principaux sont l'industrie et, surtout, le trafic automobile. Les valeurs limites fixées par la réglementation sont régulièrement dépassées. « La situation n'est pas satisfaisante, malgré les améliorations technologiques apportées sur les véhicules, comme les filtres à particules ou les pots catalytiques, affirme Philippe Lameloise, directeur d'Airparif, organisme de surveillance de l'air en Ile-de-France. La moyenne d'âge des véhicules est de huit ans, mais des véhicules de quinze ans, très polluants, sont encore en circulation. »
Les particules fines, inférieures ou égales à 2,5 microns de diamètre, inquiètent particulièrement, car elles peuvent descendre profondément dans les poumons et pourraient perturber la dynamique du sang. Pendant longtemps, leur concentration n'a pas été mesurée et aucun seuil limite n'a été fixé, pas plus en France qu'en Europe. Le choix d'une valeur de 15 microgrammes par m3 alignerait la France sur la norme américaine. Ce seuil serait plus contraignant que la valeur européenne : une directive en cours d'élaboration prévoit une valeur de 25 microgrammes par m3, sous la pression des nouveaux Etats membres de l'UE.
Pour parvenir à réduire les quantités de particules dans l'air, le groupe de travail du Grenelle de l'environnement propose d'agir à la fois sur les sources fixes (chauffage individuel, collectifs, chaudières industrielles) en renforçant les normes minimales, et les sources mobiles, c'est-à-dire les véhicules diesel.
Le filtre à particules ne sera rendu obligatoire sur les véhicules neufs, en Europe, qu'en 2011. Le groupe préconise donc de réduire le trafic automobile, au profit des transports en commun et du fret non routier, et d'encourager le développement de véhicules propres.
Le débat sur la qualité de l'air ne peut cependant en rester à la controverse sur le niveau des seuils, selon les experts. « Les normes sont faussement rassurantes, explique Daniel Eilstein, du département santé et environnement de l'InVS. Les risques pour la santé existent même quand les seuils ne sont pas dépassés. Nous devons nous bagarrer pour expliquer qu'elles ne sont qu'une étape. »
Cette analyse est partagée par les écologistes, qui souhaitent « un changement complet d'approche », selon Alexandre Faro, d'Ecologie sans frontière, une organisation écologique spécialisée dans le droit de l'environnement. L'ONG souhaite la création d'un office national de l'air, auquel serait rattachée une police spécifique qui permettrait de faire cesser les activités polluantes en cas de pics.
Autre insuffisance du dispositif actuel : la surveillance épidémiologique s'exerce sur les effets d'une exposition limitée à quelques heures ou quelques jours, mais ne prend pas en compte l'exposition chronique, c'est-à-dire répétée sur de longues périodes. Des études complexes sont en train d'être mises en place.
Enfin, de nombreux polluants ne sont «pas suivis. Le benzène (émis entre autres par les moteurs à essence, note du webmestre), qui pourrait être responsable de cancers en cas d'exposition chronique, n'est pas contrôlé, pas plus que les pesticides : leur présence est mesurée dans l'eau, mais pas dans l'air.

Gaëlle Dupont

La pollution encrasse les artères

C'est le résumé de l'article de Paul Benkimoun

paru dans le quotidien Le Monde daté du 03/11/07. Cet article résume une étude de Pierre Boutouyrie, spécialiste des artères (Inserm UMR 872) portant sur les effets de la pollution sur la fonction endothéliale, c'est à dire la capacité des vaisseaux à se dilater et à se contracter. Cette étude qui a porté sur des sujets jeunes (18 à 35 ans) et ne fumant pas révèle que cette fonction peut baisser de moitié entre le jour le moins pollué et le jour le plus pollué. Les polluants gazeux (dioxydes d'azote et dioxydes de soufre) affectent les grosses artères tandis que les particules fines (PM 2,5 ou PM10) exagèrent la dilatation des petites artères. L'étude insiste sur le fait que "cette altération importante a été observée pour des niveaux relativement bas de pollution". L'article rappelle que le SO2 provient essentiellement de la combustion de carburants et de minerais contenant du soufre mais aussi des moteurs diesel. Quand on sait que le charbon qui émet beaucoup de dioxyde de soufre n'est quasiment plus utilisé et que la plupart des carburants subissent une désulfuration, on peut se poser la question de la part relative des moteurs diesel dans le dioxyde de soufre total.

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CITEPA

Livre noir de la pollution en Nord-Pas de Calais

Pour avoir des données chiffrées, vous pouvez consulter le site http://www.citepa.org du CITEPA (Centre Interprofessionel Technique d'Etudes de la Pollution Atmosphérique). Les chiffres concernant la sectorisation régionale des émissions de polluants dans l'air en France pour l'année 2000 ont enfin été mis en ligne en juin 2004.
Cette étude étant faite tous les 5 ans, espérons que les chiffres de 2005 seront publiés avec plus de célérité !
On y découvre cependant avec stupeur que notre belle région Nord-Pas de Calais arrivait en tête en 1995 pour les émissions de :

  • Cadmium : 3,5 tonnes, soit deux fois plus que l'Ile de France qui arrivait en seconde position;
  • Mercure : 9 tonnes contre 6 tonnes pour l'Ile de France (2°);
  • Sélénium : 2,2 tonnes contre 1,5 tonne pour la Région Champagne-Ardenne (2°);
  • Dioxines et Furanes : 470 g ITEQ contre 370 g ITEQ pour la Région PACA (2°).

Rassurez vous, la Région Nord-Pas de Calais , 4° région de France pour sa population avec 4 millions d'habitants au recensement de 1999, assurait brillamment sa place pour les autres émissions aériennes :

  • Dioxyde de soufre : cinquième avec 80 000 tonnes (ex-aequo avec l'Ile de France : 82 000 tonnes), mais loin derrière la région PACA (156 000 tonnes) ;
  • N0x : quatrième avec 112 000 tonnes (dont 46% pour le transport routier, premier émetteur de ce type de polluant) contre 177 000 tonnes pour l'Ile de France (11 millions d'habitants);
  • Monoxyde de Carbone : deuxième avec 1,1 million de tonnes (dont 25% pour le transport routier) contre 1,3 million de tonnes pour l'Ile de France ;
  • Dioxyde de Carbone : quatrième avec 37,8 millions de tonnes (dont 18% pour le transport routier) contre 55,4 millions de tonnes pour l'Ile de France ;
  • Plomb (1) : deuxième avec 169 tonnes (dont 41% pour le transport routier) contre 264 tonnes pour l'Ile de France ;
  • Polychlorobiphényls : cinquième "seulement" avec 6,3 kg contre 8,1 kg pour l'Ile de France.

1 : en application de la directive européenne 98/78/CE relative à la qualité des carburants, l'essence plombée (super) n'est plus commercialisée depuis le 1° janvier 2000. Les émissions de plomb dans l'atmosphère devraient avoir, de ce fait, considérablement diminué.

Tout lien entre l'espérance de vie dans notre région et les chiffres qui précèdent ne serait-elle que fortuite?
Rappelons que, selon l'INSEE, le Nord-Pas de Calais demeure lanterne rouge pour l'espérance de vie à la naissance dans la France Métropolitaine : 72,7 ans pour les hommes en 2001 contre 75,5 ans pour l'ensemble de la France et même 77,3 en Aveyron (longue vie à José Bové !). Ce retard de 3 ans d'espérance de vie par rapport à la France, est l'équivalent de 12 ans de retard pour le gain d'espérance de vie!
Certains auteurs continuent à stigmatiser les comportements individuels, c'est le cas de l'UNSA qui ose écrire : "Pour les vieux foyers industriels de l'Est, de la Lorraine et du Nord, la surmortalité...est liée en particulier, pour partie, à l'alcoolisme et au tabagisme.". Donc, ches prolos, tertous des buveux, des finqueux en plus d'êt' des grandes gueules et des râleux ? La suite de l'article est heureusement un peu plus nuancée.
Cependant, des auteurs et des chercheurs de plus en plus nombreux remettent en cause la surreprésentation des comportements individuels pour expliquer les causes de maladie, tendance dans laquelle excelle notre gouvernement.
On peut trouver ces critiques, entre autres, dans deux livres :

  • "La société cancérigène" de Geneviève Barbier (médecin généraliste) et Armand Farrachi (romancier et essayiste), livre publié aux Editions de La Martinière (15 €)
  • "Génétiquement incorrect" de Gilles Eric Séralini professeur en biologie moléculaire à l'Université de Caen, livre publié aux Editions Flammarion (19 €).
    Quelques extraits de l'interview qu'il a accordé à Télérama figurent dans la Lettre de Droit D'Vélo de décembre 2003.

Evolution régionale de la pollution

Le CITEPA ayant enfin publié en juin 2004, les émissions de polluants, région par région pour l'année 2000, ceci nous a permis d'étudier l'évolution de celles-ci entre 1995 et 2000.
Les graphiques ci-dessous ont été réalisés à l'aide des chiffres présents sur le site du CITEPA et que l'on peut obtenir au format PDF.

Légende du tableau ci-dessous : prod. : produits ; un. : unité de mesure ; q. : quantité ; ev. : évolution entre 1995 et 2000 ;
part : part du Nord-Pas de Calais dans l'émission nationale de chaque polluant
rang : classement par ordre croissant des régions polluantes par produit
abs. : produit absent de l'enquête de 1995 ; nn : quantité émise en 1995 non notée
Pour la signification des sigles associées aux différents polluants, vous pouvez vous reporter à la liste de ceux-ci figurant en haut de page.

    Nord-Pas de Calais France
prod.
un.
1995
2000
1995
2000
   
q.
q.
ev.
part
rang
q.
q.
ev.
acidification, eutrophisation et photochimie
SO2
t
80 000
62 874
-21%
10%
4
925 800
627 641
-32%
NO2
t
112 000
86 326
-23%
6%
5
1 716 000
1 433 420
-16%
COVNM
t
136 000
104 534
-23%
3%
16
2 574 000

3 061 583

+ 19%
NH3
t
30 000
27 233
-9%
3%
11
801 400
784584
-2%
CO
t
1 065 000
845 739
-21%
13%
1
9 289 600
6 655 672
- 28%
Gaz à effet de serre
N2O
t
 
10 091
 
4%
15
abs
25 048  
CO2
kt
37 300
40 672
+ 9%
8%
4
457 500
515 930
+ 13%
CH4
t
129 000
138 961
+ 8%
4%
9
2 888 600
3 195 017
+ 11%
HFC
t
 
231
 
6%
4
abs
3616
 
PFC
t
 
64,6
 
30%
2
abs
212
 
SF6
t
 
2,32
 
3%
6
abs
77,7
 
 
   
Nord-Pas de Calais
France
prod.
un.
1995
2000
1995
2000
    q. q. ev. part rang q. q. ev.
Particules
TSP
t
 
97 534
 
6%
5
nn
1 508 968
 
PM10
t
 
33 834
 
7%
3
abs
554 767
 
PM2,5
t
 
17 523
 
7%
4
abs
308 681
 
Métaux lourds
As
kg
 
1147
 
5%
7
nn
25 293
 
Cd
kg
3450
2 290
-34%
22%
1
13 300
10 449
-21%
Cr
kg
 
112 275
 
43%
1
abs
259 447
 
Cu
kg
 
11 006
 
6%
3
abs
177 175
 
Hg
kg
9000
3 022
-66%
23%
1
37 500
13 337
-64%
Ni
kg
 
21 263
 
10%
4
nn
221 772
 
Pb
kg
169 100
65 916
-61%
27%
1
1 604 500
247 654
-85%
Se
kg
2180
2 216
+ 2%
16%
1
11 200
14 282
+ 28%
Zn
kg
 
579 942
 
40%
1
abs
1 441 738
 
 
   
Nord-Pas de Calais
France
prod.
un.
1995
2000
1995
2000
   
q.
q.
ev.
part
rang
q.
q.
ev.
Polluants Organiques persistants
HCB
g
 
6 248
 
0%
14
abs
1 798 567
 
Diox.
mg
467 700
56 702
- 88%
11%
2
1 727 900
526 080
-70%
HAP
kg
 
30 480
 
12%
1
abs
261 041
 
PCB
g
 
2 708
 
6%
6
 
43 160
 

Remarques :

L'augmentation des COVNM émises résulte de la prise en compte en 2000 de la production de celles-ci par la nature : les COVNM d'origine biotique représentent ainsi 44% de celles-ci au niveau national. C'est donc sans surprise que l'on trouve les régions montagneuses (Rhône-Alpes, Midi-Pyrénées), la région PACA et l'aquitaine où les COVNM d'origine biotique représentent de 44% à 59% du total. Par contre, la région Nord-Pas de Calais est la région où les COVNM d'origine biotique ont la part la plus faible (6%) de par la quasi-absence de forêts. Dorénavant, quand vous serez charmé par l'odeur des sous-bois, vous saurez que vous respirez un polluant. Ceci permet au Président de l'Automobile Club de France d'affirmer avec aplomb que les forêts sont responsables des pics d'ozone ! Il omet, en passant, de préciser que les pics d'ozone exigent la présence de monoxyde d'azote émis à plus de 50% par le transport routier.

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Evolution par secteur

Le Nord-Pas de Calais est la 4° région française par sa population : 4 millions d'habitants en 1999 soit presque 7% de la population métropolitaine. Mais ses habitants sont concentrés sur environ 12000 km² soit un peu plus de 2% du territoire métropolitain. C'est donc la 2°région la plus densément peuplée de France avec 300 hab./km² derrière l'Ile de France (900 hab./km²). Les problèmes environnementaux s'y posent de ce fait avec encore plus d'acuité.

Industrie régionale

Outre un passé industriel toujours en crise, notre région a encore un présent industriel : un tiers environ de la population active (31%) travaille encore dans l'industrie contre moins d'un quart pour la France entière (23 %). Mais cette reconversion industrielle ne s'est pas accompagnée d'une mutation. L'industrie régionale reste une industrie traditionnelle avec ses corollaires. Elle emploie une main d'oeuvre en majorité non qualifiée abondante sur notre région. Le secteur automobile, entre autres, y occupe une place importante, voire même dominante, en particulier dans le Douaisis. Elle est aussi une grande consommatrice d'énergie et donc une grande émettrice des gaz à effet de serre et des autres polluants, les métaux lourds en particulier.

Un ciel du nord plombé

La nature de l'industrie régionale explique la première place de notre région pour l'émission dans l'air en 2000 de la plupart des métaux lourds : cadmium, chrome, mercure, plomb, sélénium et zinc. Même si beaucoup de ces émissions ont baissé de façon drastique, elles restent, proportionnellement à la population de la région, plus de trois fois plus importante que pour la France entière.
Entre 1995 et 2000, la quantité de plomb a considérablement diminué en France grâce à la suppression de l'essence plombée à partir du 1° janvier 2000 : les émissions dues au transport routier ont de ce fait quasiment disparu et ne représentent plus que 3% du total des émissions en 2000. Notons au passage que cette disparition du plomb dans l'essence a été obtenue grâce à la généralisation du pot catalytique qui s'accompagne par contre d'émissions de N2O, gaz à effet de serre puissant. Le plomb a également été remplacé par du benzène qui peut représenter jusqu'à 5% d'un litre d'essence, produit qui est cancérigène.
La quantité de plomb a diminué en proportions moindres au cours de la même période dans notre région à cause de la part des émissions industrielles plus importantes (58% des émissions contre 21% pour la France, le reste étant émis essentiellement par les transports). De plus, la diminution des émissions de plomb par l'industrie régionale y a été un peu moindre qu'en France : baisse de 35% contre 42%.
Le plus gros pollueur, pour le plomb, était Metaleurop qui émettait, à lui seul, plus du tiers des émissions industrielles en 2000. Metaleurop était aussi le premier pollueur pour le dioxyde de soufre (plus de 8000 tonnes par an ou encore 15% des émissions industrielles régionales). Selon Nord-Nature, seules les communes riveraines de Metaleurop (Courcelles les Lens, Evin-Malmaison, Ostricourt) auraient connu en 1999 des dépassements des seuils concernant le dioxyde de soufre. Aussi n'est-il pas étonnant que cette entreprise ait fermé début 2003 car une entreprise dynamique ne peut plus se permettre de négliger la protection de l'environnement.
Sollac Dunkerque devient donc le premier émetteur de plomb, avec plus de 15 000 t par an en 2002, les entreprises du Dunkerquois (RDME à Grand Synthe, Lafarge à Mardyck) émettant à elles toutes, presque 19 000 t de plomb en 2002.

SO2

La DRIRE rappelle que le SO2 peut se transformer sous l'action du rayonnement solaire et en présence d'eau, en acide sulfurique. Il est, à ce titre, responsable tout comme les oxydes d'azote, des pluies acides qui dégradent la végétation mais aussi les bâtiments. Ces deux gaz sont, bien sûr, des irritants pour l'appareil respiratoire y compris aux niveaux habituels. Les effets de ces deux gaz sont accentués en présence de poussière.
Là aussi, on retrouve une part des émissions industrielles plus importante que pour la France (86% contre 80%).
Les principaux émetteurs de l'agglomération dunkerquoise (Dunkerque, Loon-plage, Mardyck) émettaient en 2000, 24500 t de SO2 annuelles (67 t/ jour), soit 45% des émissions industrielles régionales !
On trouve quelques gros producteurs de SO2 dans le Douaisis ou à proximité (*) : les centrales thermiques de Bouchain (2800 t/ an) et d'Hornaing (3800 t/an), Stora Enso à Corbehem (1600 t/an), Saint Gobain Glass à Emerchicourt (600 t/an) et Umicore à Auby (450 t/an en 2002).
La DRIRE rappelle que l'industrie régionale émettait 400 000 t de SO2 en 1978 et n'en émet plus que 54 000 en 2002, soit une baisse de 86% en 24 ans. Cette baisse s'explique par une meilleure maîtrise de l'énergie, le remplacement du charbon riche en soufre par le pétrole, la disparition de certaines entreprises mais aussi l'instauration de la TPFA (taxe parafiscale sur la pollution atmosphérique) depuis 1985 dont le produit permet d'aider les programmes de dépollution.

* : étant données les fortes variations annuelles, nous avons donné les moyennes annuelles sur 5 ans entre 1998 et 2002 d'après les données de la DRIRE.

DIOXINES

Les dioxynes et furanes, qui ont des effets cancérigènes, se caractérisent par leur grande stabilité chimique et physique et ont une prédisposition à s'accumuler dans les tissus graisseux : elles se concentrent de ce fait au long des chaînes alimentaires. La principale voie de contamination est l'ingestion.
Elles ont deux grandes sources : l'incinération des déchets ménagers et la production d'agglomérés pour les hauts-fournaux. SOLLAC Dunkerque émettait donc, à elle seule, 20 g/an en 2000, soit 35% des émissions régionales !

Oxydes d'azote

Effets sur la santé

Le monoxyde d'azote (NO) inspiré se dissout dans le sang où il limite la fixation de l'oxygène sur l'hémoglobine. Les organes sont alors moins bien oxygénés.
Le monoxyde d'azote est rapidement oxydé dans l'air en dioxyde d'azote (NO2). Le dioxyde d'azote inspiré fragilise la muqueuse pulmonaire face aux agressions infectieuses, notamment chez les enfants. Ce gaz provoque une hyperréactivité bronchique chez les asthmatiques.

Effets sur l'environnement

Le dioxyde d'azote se transforme dans l'air en acide nitrique qui contribue à l'acidification des milieux naturels.

Source : les informations concernant les oxydes d'azote sont issues du site http://www.airbreizh.asso.fr

Autres effets

Outre leur nocivité directe pour la santé humaine, les oxydes d'azote sont aussi des précurseurs de l'ozone. Or l'ozone est également un polluant nocif pour la santé. Il est devenu le seul polluant, du moins dans le Nord-Pas de Calais pour lequel les seuils définis sont fréquemment dépassés, en particulier en période caniculaire.
Les émissions d'oxydes d'azote dues au transport routier ont évolué de façon similaire au niveau national. Même si celles-ci ont diminué, elles constituent toujours la part prépondérante avec plus de la moitié des rejets au niveau national. Faute d'informations plus précises, l'apparente meilleure performance des industries au niveau régional (baisse de 27% des rejets contre 12% au niveau national) n'est pas forcément significative et peut être liée à la fermeture d'une entreprise. En effet, la DRIRE a observé une relative stabilité des rejets d'oxydes d'azote entre 1998 et 2002.

Evolution

Au niveau de l'UE 27, le transport routier, avec l'émission de 4,4 Mtonnes, constitue le principal émetteur d'oxydes d'azote (39,4%).
Au niveau français, les émissions d'oxydes d'azote ont baissé de 27% entre 1990 et 2006 passant de 1,86 Mtonnes en 1990 à 1,35 Mtonnes en 2006. Le transport routier y est le principal émetteur d'oxydes d'azote avec 726 000 tonnes, soit plus de 50% des émissions (53,6%), ce qui classe la France dans l'UE 15 (Luxembourg excepté) en 14° position, juste avant le Danemark (les émissions d'oxyde d'azote dues au transport routier y représentent 58% des émissions).
On notera que, parmi les pays ayant le plus faible taux d'émission d'oxydes d'azote par habitant liée aux transports routiers, on trouve l'Allemagne (7,4 kg/pers./an), les Pays-Bas (7,5kg/pers./an), la Suède (8,7 kg/pers./an) et l'Angleterre (9,1kg/pers./an) contre 11,5 kg/pers./an pour la France, ce qui place la France en 10° position avec un taux d'émission supérieur de 55% aux meilleurs scores. Certes les émissions d'oxydes d'azote liées aux transports routiers ne sont pas uniquement imputables à l'usage des véhicules particuliers (ceux-ci sont la cause mais sont aussi dus au transport de marchandises. Ce critère dépend aussi en partie de l'âge du parc automobile.

On peut remarquer la surreprésentation de l'agriculture dans ces rejets : 15% des émissions alors que les agriculteurs ne représentent qu'un peu plus de 4% de la population active. Ces émissions sont dues essentiellement à l'utilisation des engrais azotés. Le secteur agricole se caractérise par une concentration croissante. Entre 1988 et 2002, plus d'un tiers des exploitations ont disparu et en particulier les exploitations de polyculture-élevage de taille moyenne : plus de la moitié des exploitations entre 5 et 35 ha ont disparu alors que, dans le même temps, les exploitations de plus de 300 ha voyaient leur nombre multiplié par 2. Le corollaire de cette concentration est un productivisme accru qui ne contribue pas à améliorer la situation.
On retrouve à nouveau une plus grande proportion des rejets industriels. Les rejets industriels d'oxydes d'azote sont cependant dus à plus de 75% aux 13 gros rejets de la région (plus de 500 t/an). La région dunkerquoise est à nouveau en tête avec 13 300t/an en 2000, soit 43% des émissions industrielles régionales, SOLLAC rejetant à elle seule plus de 30% du total régional en 2000 (9300 t/an). On trouve ensuite les centrales thermiques de Bouchain : 2100 t/an (moyenne sur les années 1998, 2000, 2001 et 2002, l'année 1999 étant atypique) et d'Hornaing : 1000 t/an (moyenne sur 5 ans entre 1998 et 2002), et STORA 1000 t/an.
La part des oxydes d'azote d'origine automobile est sous-représentée dans notre région : 5,3% des émissions nationales. Ceci peut s'expliquer par un parc automobile plus récent et un taux d'équipement des ménages plus faible, essentiellement pour des raisons économiques. En effet, même si le réseau TER (Trains Express Régionaux) est relativement performant, le réseau des transports collectifs urbains est indigent dans notre région, excepté sur l'agglomération lilloise.

Poussières

Quelle que soit la taille des particules, les émissions de poussière du Nord-Pas de Calais sont proportionnelles à sa population. Seule la répartition change avec une part plus importante de l'industrie.
Notons qu'au niveau national, le secteur résidentiel est le premier émetteur des particules PM 2.5 (un tiers) et que les 3 autres secteurs, biotique excepté, émettent chacun autour de 20%.

Légende des graphiques

GAZ A EFFET DE SERRE (GES)

Rappelons que l'Union Européenne s'est engagée, dans le cadre du protocole de Kyoto, à diminuer ses gaz à effets de serre de 8% à l'horizon 2010 par rapport à ses émissions de 1990. La France, dans ce même cadre, peut se contenter de maintenir ses rejets par rapport à 1990, "grâce" à son programme nucléaire qui engendre d'autres nuisances. On constate qu'entre 1995 et 2000, bien que les émissions industrielles de CO2 aient augmenté, la production totale de GES en équivalent CO2 a diminué, ce qui semblerait traduire un meilleur contrôle des processus de production. On retrouve cette même évolution sur la période 1990-2002.
Les aléas climatiques jouant un rôle prépondérant sur l'émission de GES dans le résidentiel, la variation des émissions de ce secteur n'est pas significative car la variation d'une année à l'autre est plus importante que les variations sur longue période. Précisons cependant que l'explosion de la vente de climatiseurs, suite à la canicule de 2003, ne contribuera pas à diminuer la contribution de ce secteur pour les émissions de GES. Là aussi, une réflexion sur le bâti (isolation, orientation, utilisation des énergies renouvelables tel que les chauffe-eau solaires, etc.) s'impose pour diminuer la consommation de ce secteur qui est responsable du cinquième des émissions.
A notre avis, la promotion de l'agriculture biologique devrait également permettre de diminuer les émissions du secteur agricole. Précisons, à titre d'information, que les exploitations en agriculture biologique ou en conversion à la biologie sont une petite centaine sur le Nord-Pas de Calais, soit 0,6% des exploitations de notre région.
La voiture particulière : mauvaise élève
Le seul secteur qui voit ses émissions augmenter régulièrement, est le secteur du transport routier. Le transport routier a vu ses émissions augmenter de presque un quart entre 1990 et 2002 pour représenter le deuxième producteur de GES avec 27% des émissions totales. Il y a, d'une part, les modes de production des entreprises. Les politiques du "zéro-stock" et du "juste à temps" ont contribué au développement du transport routier au détriment de la voie d'eau et du rail. Il y a aussi le boom de la voiture individuelle. Sur la même période, le nombre de véhicules particuliers est passé en France, de 23 millions à presque 29 millions, soit une augmentation de 25% équivalente à l'augmentation des gaz à effet de serre. Celle-ci est due à une part croissante des déplacements en voiture, mais aussi à un investissement affectif dans cet objet promu au rang d'animal domestique mécanique. Ainsi, même si le rendement des moteurs s'est amélioré, on assiste à une augmentation de la puissance des voitures vendues qui vient, avec les options sécuritaires indispensables mais aussi la climatisation, annuler les économies d'énergie qu'on pouvait espérer. Le 4x4 est la parfaite illustration de ce phénomène : alors que le nombre d'immatriculations de voitures neuves a diminué en 2003, seules ces véhicules énergivoraces ont vu leurs ventes augmenter.

COVNM

Le transport routier a considérablement réduit ses émissions qui ont pratiquement diminué de moitié entre 1995 et 2000 (-46%).

Ils proviennent, dans la région, pour 39% de l'industrie (Renault Douai en émettait 1100 t/an en 2002), pour 31% des transports, pour 20% du résidentiel, l'agriculture et les origines biotiques se partageant les 11% restants. Si l'on enlève les COV d'origine biotique au niveau national, on retrouve à peu près la même distribution.

Monoxyde de Carbone