Projet de voie verte Dourges_Artres

Enfin une voie verte dans le Douaisis ?

C'était, du moins, le but de la réunion qui avait lieu à Oignies dans les locaux de la Mission Bassin Minier (MBM) le 13 juin 2005.
A titre anecdotique, la cravate est prohibée dans ce type de réunion. Mais seuls les élus verts du Conseil Régional (Dominique PLANCKE et Philippe TOSTAIN) avaient pratiqué l'intermodalité train+vélo. Nous étions venus du Douaisis en covoiturage. Quand au représentant belge de l'association "Chemins du Rail", il était venu en jaguar !

Mission Bassin Minier

La Mission Bassin Minier (MBM) est installée à Oignies dans les bâtiments administratifs de la fosse 9/9 bis, l'une des dernières du Bassin minier du Nord Pas-de-Calais qui ait été ouverte (inaugurée en 1930) et la dernière à avoir fermé en 1990. Ses bâtiments sont inscrits depuis 1994 à l'inventaire des monuments historiques. La MBM a été créée dans le cadre du Contrat de Plan Etat-Région en 2000 pour une durée de 7 ans jusque fin 2006. Cette petite équipe de 12 personnes a pour objectif de fédérer les différents partenaires institutionnels et, en particulier, les intercommunalités dans le cadre de projets communs à l'ensemble du Bassin Minier. Elle a de fait un rôle d'impulsion, d'animation et d'études afin d'utiliser le plus judicieusement possible les crédits GIRZOM (Groupe Interministériel pour la Restructuration des Zones Minières). Elle participe de fait à l'inscription du Bassin Minier du Nord Pas-de-Calais au patrimoine de L'UNESCO dans la catégorie "Paysage Culturel Evolutif". Les chantiers mis en place par la MBM sont divers. Citons, entre autres : santé, patrimoine, séquelles minières, et, pour ce qui nous concerne, les transports et la trame verte.

Le projet de véloroute voie verte

Pas moins de 73 km de voies vertes !

Première bonne surprise, le linéaire est conséquent : 73 km entre Hénin-Beaumont dans le Pas-de-Calais, à la sortie est de Courrières et Artres, dans le Nord, au sud de Valenciennes.
Cette véloroute emprunte en grande partie les chemins de halage, ceux de la Deûle puis de la Scarpe jusqu'à Vred. Ensuite, elle traverse les champs pour traverser les villages de Rieulay (à l'intérieur de la Base de loisirs), Bruille et Somain. Elle emprunte finalement un ancien cavalier entre Somain et Denain, se poursuit sur les chemins de halage de l'Escaut pour se terminer sur un chemin agricole parallèle au Rhonelle, un ruisseau.
Cette véloroute est en fait un tronçon de la future véloroute Charleroi-Londres.

chevalet de la fosse n°8 à Evin-Malmaison sous laquelle devrait passer la véloroute
le chevalet, notre Tour Eiffel à nous, est en phase de restauration. Celle-ci a coûté 650 000 € et a été financée par l'Europe, la Région et la République Française.
On ne peut que se réjouir de l'acquisition de ce chevalement qui appartenait à un particulier et qui était à l'abandon
Les travaux devaient être achevés au premier trimestre 2005 mais ne l'étaient toujours pas le 20 juin 2005.
Espérons que les délais seront respectés pour la voie verte !

Un accès aux gares SNCF est prévu

Deuxième point important : L'interconnexion du circuit avec les différentes gares des communes traversées (Dourges, leforest, Douai, Somain, Denain, Rouvy) a été intégrée dans le projet. Dans le cadre d'un tourisme durable, il est préférable que les gens se rendent sur ces circuits en prenant le train plutôt que leur voiture. Rappelons que l'on peut emporter son vélo dans tous les TER du Nord Pas-de-Calais.

Une mise en réseau des différentes voies vertes

Troisième bonne idée : il s'agit d'assurer l'interconnexion avec les "voies vertes" existantes, en particulier la voie verte Pont à Marcq-Pont de la Deûle encore appelée le chemin des béghinettes et la voie verte Wallers-Peruwelz. Les deux voies vertes sont à l'abandon et mériteraient une sérieuse rénovation. Elles pâtissent, entre autres, d'un revêtement très inégal et souvent dégradé ainsi que d'une absence cruelle de marquage. Une photo éloquente montrait d'ailleurs la jonction à la frontière belge entre la voie verte belge au revêtement bétonné et le sentier de brebis français envahi par la végétation et inondé en cas de pluie.

Douai-Bruxelles à vélo et en sécurité

Comme le précisait le représentant wallon, l'interconnexion avec la voie verte Wallers-Peruwelz assurerait la liaison cycliste avec le fameux réseau RAVeL (Réseau Autonome des Voies Lentes). Ceci permettrait donc de se rendre en modes doux et de façon sécurisée dans toutes les grandes villes de Wallonie mais également à Bruxelles.

Les communautés d'agglomération mouillent leur chemise dans le projet

Quatrième point positif : le projet est pris en charge par les intercommunalités. Pas moins de cinq communautés d'agglomérations (CA) sont impliquées avec, d'est en ouest :

Ces cinq C.A. regroupent presque 150 communes et pas loin de 700 000 habitants. Ces structures, de par leur taille, sont les seules à même d'assurer la pérennité du projet, en particulier pour les tâches de police et d'entretien, une fois la réalisation effectuée.
Une trentaine de personnes assistaient d'ailleurs à cette réunion dont, outre les personnes citées, Altermodal chargé du rapport final qui avait déjà été sérieusement défriché par la Mission Bassin Minier, le bureau d'études Biotope pour la dimension environnementale du projet, la MBM en tant que coordinatrice du projet, des représentants des différentes C.A. mais aussi des conseils généraux des deux départements concernés ainsi que VNF.

Une dénomination internationalement reconnue

Cinquième point capital : Le terme de voie verte a été adopté. Cette dénomination a le mérite d'être soumis à un cahier des charges au niveau de l'accessibilité : piétons, vélos, chevaux mais aussi personnes à mobilité réduite. Ceci implique une certaine qualité du revêtement qui permet éventuellement l'emploi de cet itinéraire par les rollers. Ce terme a une notoriété au niveau national mais aussi européen et permettra une meilleure promotion touristique de ce parcours. Enfin l'appellation voie verte évite l'ambiguïté de la dénomination "trame verte". La trame verte se contente d'une homophonie approximative avec le terme de voie verte et s'accompagne trop souvent d'une interdiction aux cyclistes.

Quelques Bémols

Cohabitation avec les chevaux

Sur les photomontages, on pouvait voir cohabiter chevaux, piétons et cyclistes sur la même voie de largeur apparemment réduite. D'une part, les cyclistes sont la plupart du temps plus rapides que les chevaux et on peut craindre des difficultés de dépassement ou de croisement avec un cheval ou, pire, un groupe de chevaux, d'autant que certains chevaux nerveux ont des réactions imprévisibles. Altermodal, en tant que bureau d'étude, n'a pas à effectuer un choix. Aussi s'est-il contenté de présenter différents revêtements possibles en partant du plus rudimentaire consistant en un stabilisé simple qui exclut, entre parenthèses, les rollers et les PMR. Par expérience, on peut affirmer que cette couche sera rapidement dégradée par les sabots des chevaux et contribuera à un moindre confort pour les cyclistes. Il nous semblerait préférable de dissocier sur le tracé le parcours des chevaux et celui des autres usagers.

ÇA URGE !

La plupart des budgets sont soumis aux échéances électorales de 2007 et s'arrêtent fin 2006, que ce soit les crédits régionaux ou les crédits européens. Un participant a évoqué la possibilité de bénéficier des subventions InterregIII qui visent à favoriser la coopération transfrontalière. Or, à partir de 2007, il est fortement question que ces crédits soient réservés à la coopération transfrontalière avec les dix nouveaux pays entrants. Le contrat de la MBM qui assurait la coordination du projet expire aussi fin 2006.

Des réticences malgré un budget modeste

Dominique Plancke rappelait que le Conseil Régional financera le projet à hauteur de 40% ou de 50 000 € par kilomètre. Or le coût optimal de ce projet de trame verte s'élève à 6 M€. Si l'on déduit la contribution du CG (750 000 €) et une subvention du CR de 40%, ceci ramène le coût du projet pour les intercommunalités à 3,2 M€, ce qui, rapporté à la population des Communautés d'Agglomération concernées, équivaut à moins de 4,6 € par habitant, soit à peine le montant annuel (5 €) nécessaire pour une politique cyclable décente.
On peut donc s'étonner de la frilosité et de la pusillanimité de certains élus. Ainsi l'un d'entre eux a sorti en substance "Et si nous, on fait quelque chose et que les autres font rien, on se retrouve le bec dans l'eau (i.e. : on a claqué du fric pour rien)". Au vu de cette déclaration, on peut craindre que les C.A. vont s'épier pour savoir qui commence le premier l'aménagement.
Il est, à cet égard, révélateur, que la Communauté d'Agglomération du Douaisis soit la seule qui n'ait pas encore signé une superposition de gestion avec VNF en pinaillant sur des détails. Pour la CAD, rien n'est implicite et elle souhaite que tout soit écrit noir sur blanc.
L'absence de concrétisation de ce projet constituerait un fâcheux précédent qui casserait la dynamique impulsée par les élus verts du Conseil Régional. Dominique Plancke rappelait que 3M € avaient été réservés par le CR pour la réalisation de voies vertes. Mais sa crainte ne résidait pas dans le montant insuffisant de cette enveloppe budgétaire mais dans le fait que celle-ci ne soit pas utilisée, faute d'initiatives sur le terrain. Au cas où cette dotation budgétaire ne serait pas dépensée, il y a fort à parier qu'elle diminuerait de façon drastique lors de la prochaine législature.


chemin de halage longeant la Scarpe et parallèle au quai des Houillères à Douai

Un projet uniquement pour les touristes étrangers ?

Quelques suggestions

OIGNIES


Vue prise du haut des terrils 116-117 d'Oignies

RACHES

Section 250

La section 250 de la voie verte est constituée d'une grande ligne droite de 1250 mètres de long qui longe le terril de l'Escarpelle. Le projet présenté par Altermodal propose un partage de la route simple.

Suite aux excès de vitesse enregistrés, à l'entrée de Râches, sur 625m, la chaussée est rétrécie visuellement à deux voies de circulation de 2,25m de large (caniveau de 25 cm non inclus) à la fois par une bande rouge centrale mais aussi physiquement par 6 terre-plein centraux ( un rétrécissement physique tous les 125m environ) qui constituent de véritables pièges à cyclistes. Selon le témoignage d'une cycliste, certains automobilistes "pressés" vont même jusqu'à emprunter la voie de gauche pour doubler un cycliste. Rappelons qu'une voirie de 2,25m de large ne permet en aucun cas de dépasser un cycliste en respectant l'écart réglementaire de 1m.

 

Sur cette même longueur, on observe cependant, côté ouest, une bande enherbée de 4,5m de large qui se prête admirablement à la création d'une piste cyclable bidirectionnelle. La création de cette piste cyclable serait préférable et constituerait de surcroît une invitation pour les jardiniers râchois à se rendre en vélo aux jardins ouvriers dénommés "les jardins des tourbières" . Ceux-ci n'effectuent pas en effet tous les jours une récolte abondante et pourraient aisément se rendre à vélo aux jardins. Un aménagement du terril de l'Escarpelle à destination des pratiquants du VTT existe. Cette piste cyclable suggérerait également aux pratiquants de ce sport à venir sur le terrain en vélo et non pas en voiture.
Sur la partie sud de cette section située sur la commune de Roost, la situation est plus délicate. On peut cependant envisager de réduire la largeur du fossé qui contient une eau croupissante, puante et de couleur grise qui s'apparente à un égoût à ciel ouvert.
La difficulté des pistes cyclables bidirectionnelles résulte dans l'entrée et la sortie de celles-ci qu'il s'agit de soigner tout particulièrement.

Pont de Râches

Situation actuelle :

La voie verte qui emprunte le chemin de halage de la Scarpe Inférieure implique la traversée de la D917 encore appelée route de Tournai au pont de Râches situé à l'entrée de Râches. Côté sud, la D917 est constituée d'une courbe importante. Là encore, les vitesses excessives ont conduit à créer une barrière de béton destinée à protéger les piétons mais aussi les maisons. D'une part, cette courbe réduit considérablement la visibilité. D'autre part, cette route constitue une voie d'accès à la métropole lilloise. Elle connaît de fait un trafic intense. A titre indicatif, le mardi 25 avril 2006 peu avant 18h, nous avons compté en 10 minutes, 195 véhicules particuliers, 2 bus et 2 camions. Ceci permet d'évaluer un trafic horaire de 1200 véhicules particuliers au minimum. Sachant que ce comptage a été effectué en période de vacances, le trafic habituel doit être encore plus important. Notons que ce flux automobile horaire est plus important que le flux automobile quotidien autorisé sur les routes secondaires empruntées par les véloroutes et défini par le CIADT du 15/12/1998, soit 1000 véhicules/jour.

Proposition :

Ici, on ne peut guère envisager d'améliorer l'existant : mise à niveau de l'itinéraire avec la route : côté ouest on a deux marches de 15 cm chacune côté chemin de halage suivies d'un trottoir de 15 cm de haut côté route, dispositifs verticaux ralentissant la circulation, voire même feux asservis aux modes doux empruntant la voie verte.
Une traversée en site propre s'impose sous forme d'une passerelle ou d'un passage souterrain.

P.K.

Annexe

Organismes invités à la réunion du 13 juin 2005

Organismes invités
Présents
ADaV (association Droit au Vélo)
N
ADaV, correspondant local Valenciennes
N
ADaV, correspondant local AF3V
N
Altermodal
O
Biotope
O
C.A. de la Porte du Hainaut
O
C.A.. du Douaisis
O
C.A. Hénin-Carvin
O
C.A. Valenciennes Métropole
N
C.A. de Maubeuge Val de Sambre
N
CCED
O
CETE Nord-Picardie
N
Chemins du Rail (association belge)
O
Comité départemental de randonnée pédestre du Nord
O
Comité départemental de randonnée pédestre du Pas-de-Calais
N
Comité départemental du Nord de la FFCT
N
Comité départemental du Pas de Calais de la FFCT
N
Comité départemental du Tourisme du Nord
N
Comité départemental du Tourisme du Pas-de-Calais
N
Comité départemental du Tourisme équestre du Pas-de-Calais
N
Comité départemental Nord de Cyclotourisme
N
Comité Régional du Tourisme
O
Conseil Général du Nord
O
Organismes invités
Présents
Conseil Général du Pas de Calais
O
Conseil Régional
O
Conseil Régional Nord-Pas de Calais DT
O
Conseil Régional Nord-Pas-de-Calais DEE
O
CPIE "La Chaîne des Terrils"
O
Délégation Régionale au Tourisme
N
Direction Régionale de l'Environnement (DIREN)
O
Direction Régionale et Départementale de la Jeunesse et des Sports
N
Droit d'Vélo
O
Office du Tourisme de la Porte du Hainaut
O
Parc Naturel Régional Scarpe-Escaut
O
SCOT Douaisis
O
SCOT Hénin-Carvin-Lens-Liévin
N
SITURV
N
SMTC Hénin-Carvin-Lens-Liévin
N
SMTD
N
VNF
O