Voie verte de la Scarpe Inférieure


photo prise le dimanche 07/12/08 à Douai. En arrière-fond, le cimetière du quartier de Frais-Marais

Introduction

Une fiche descriptive remarquablement détaillée et pratiquement exhaustive figure sur le site de l'AF3V (Association Française des Véloroutes et Voies Vertes). Au regard de cette fiche, ce qui suit est très subjectif.

Un point de désaccord : le revêtement

L'AF3V précise que l'itinéraire est en sable stabilisé (sable de Tournai + chaux) accessible aux vélos de course. Je crains que les cyclistes ayant un vélo de course ne prennent pas leur pied sur ce type d'itinéraire. Pour avoir rencontré sur ce chemin le club cycliste d'Auby adepte de tous types de vélo, ceux-ci avaient emprunté cet itinéraire en VTT et non en vélo de course. De surcroît, on constate qu'apparemment, entre Saint-Amand et Mortagne du Nord, le soubassement n'a pas été réalisé dans les règles de l'art. En plusieurs endroits, on constate qu'une couche de gravier est venue combler les fondrières qui s'étaient formées. On peut donc craindre, qu'en cas de pluie, le parcours soit loin d'être agréable. Au vu de la lecture de quelques fiches descriptives de voies vertes, il semble que l'AF3V adopte une attitude diplomatique et semble positiver sur le type de revêtement. Cette attitude relève-t-elle d'une volonté d'encouragement vis-à -vis des collectivités locales se lançant timidement dans ce type d'aménagement ?

Plusieurs points d'accord

Plusieurs points d'accord en particulier avec les témoignages figurant sur le site de l'AF3V.

Toutes ces remarques confortent le jugement de "voie verte de seconde zone" que j'avais émis à l'emporte-pièce le 12 octobre 2008.

Un prolongement jusqu'à Arras ?

La Scarpe débute à Arras. La Communauté Urbaine d'Arras a aménagé plus ou moins bien le chemin de halage entre Arras et la base de loisirs de Fampoux, soit sur une distance de 8 km. La CAD (Communauté d'Agglomération du Douaisis) a quand à elle aménagé elle aussi plus ou moins bien les chemins de halage entre Douai et Courchelette qui jouxte la commune de Corbehem. Il reste donc à peine 18 km de chemins de halage à aménager dans le Pas de Calais entre Corbehem et Fampoux pour qu'on ait enfin une voie verte sur la totalité du chemin de halage de la Scarpe. Certes, le Conseil Régional du Nord-Pas de Calais incite à la création de voies vertes par des aides financières. Le Conseil Régional ne peut cependant pas contraindre les collectivités locales à la réalisation d'une voie verte. Faute de miser sur le potentiel touristique du vélo, il y a fort à craindre que ce prolongement ne soit jamais concrétisé étant donné la crise économique et l'incertitude régnant actuellement sur les finances locales avec la suppression partielle de la taxe professionnelle et ce, bien que ce type de projet puisse bénéficier de subventions de la part de l'Europe.

Pierre KOKOSZYNSKI

Itinéraire

La voie verte de la Scarpe Inférieure "finalisée" en 2010, a une longueur de 38 km environ. Celle-ci commence à Douai et aboutit à Mortagne du Nord, à la frontière belge à la confluence de la Scarpe et de l'Escaut. Nos aménageurs voudraient faire partir les voies vertes du Douaisis du Parking de Gayant Expo, entre autres le Chemin des Galibots et la voie verte de la Scarpe Inférieure. Cette conception des aménagements cyclables de loisir qui pourraient aussi constituer des itinéraires cyclables au quotidien ne nous convient qu'à moitié et semble incompatible avec la notion de loisir durable. En gros, j'arrive avec mon 4x4 et je fais ma petite balade à vélo avant de repartir avec mon 4x4. Il nous semble préférable de faire partir les itinéraires cyclables de loisir des gares de la SNCF, ce d'autant plus que, jusqu'à nouvel ordre, les vélos sont autorisés dans les TER du Nord Pas de Calais. Nous avions d'ailleurs évoqué le problème avec Monsieur Jean-Luc Hallé, Vice-Président de la CAD lors de l'Assemblée Générale de Droit d'Vélo en janvier 2009.

Un mauvais départ

Mais, même cet objectif minimal n'est pas atteint en Octobre 2009. Il faut croire en effet que les voies vertes sont le cadet des soucis de nos aménageurs locaux contrairement au Circuit RAVeL en Wallonie, région belge pourtant, elle aussi, en crise économique. En effet la voie verte de la Scarpe Inférieure n'est aménagée qu'à partir de l'écluse au nord du Parc du Rivage Gayant (voir carte ci-contre). Pourtant le chemin de halage se poursuit jusqu'au Parking de Gayant Expo via les darses qui servaient auparavant au chargement et au déchargement du charbon sauf erreur de notre part. Le plus simple et le plus agréable est donc actuellement d'emprunter les allées du Parc du Rivage Gayant qui, heureusement, sont autorisées aux cyclistes en respectant, bien évidemment les marcheurs.

Pierre KOKOSZYNSKI

Remarques

  • On rencontre le même problème avec la Voie Verte Orchies Fenain, qui devrait idéalement partir de la gare d'Orchies et se poursuivre jusqu'à la gare de Somain.
  • Les points de départ et d'arrivée des voies vertes aux gares ou du moins l'accessibilité aux gares du parcours sont défendues par les élus verts du Conseil Régional du Nord-Pas de Calais. C'est le cas dans la plupart des pays d'Europe du Nord. C'est en particulier le cas de la voie verte Brême-Hambourg.

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Douai


carpiste sur la rive gauche de la Scarpe, photo prise le 23 mai 2010

Entre Douai et Râches


iris jaune des marais, photos prise le 23 mai 2010

Saint Amand les Eaux

L'AAMCS (Amicale Amandinoise de Modélisme Ferroviaire et de Chemin de Fer Secondaire" est un club créé en 1981 passionné de vieilles locomotives qui a restauré, entre autres, deux locomotives à vapeur et deux locomotives diesel qu'ils font rouler sur 2km à l'ouest de Saint Amand les Eaux sur une voie de chemin de fer étroite.
Pour en savoir plus, vous pouvez consulter leur blog : http://ttvs-aamcs.blog4ever.com/blog/index-273892.html

 


"Pistache", l'une des locos à vapeur du club de l'AAMCS

 


"Pistache : détail 1

Tour abbatiale de Saint Amand les eaux

Barrières


photo prise au Pont de Germignies

Le mensuel "Le Nord" nous apprend que VNF (Voies Navigables de France) est le maître d'ouvrage pour l'aménagement de la voie d'eau et les chemins de halage. Apparement celui-ci semble avoir commencé par se débarasser de son stock de barrières de type "voie verte de la Sambre" (voir plus haut). Il l'a complété par un nouveau système un peu moins pénalisant fabriqué par l'entreprise iséroise SEMCO. Ce nouveau système est constitué de deux barrières pivotantes en quinconce de 190 cm de long ayant entre elles un écart de 115 cm.
Ce système fermé implique inévitablement un sérieux ralentissement du cycliste. Un cycliste en VTT avec un enfant dans le siège bébé nous a dit avoir franchi cette barrière sans aucune difficulté. On peut cependant se poser la question pour un cycliste néophyte, mais aussi pour un vélo muni d'une remorque enfant et enfin pour les nouvelles mobilités telles que les trike (vélos couchés à 3 roues).
Quoiqu'il en soit, un système de visualisation de ces barrières actuellement inexistant devra être mis en place afin d'alerter les cyclistes les plus rapides qui peuvent atteindre jusqu'à 30 km/h et qui risquent d'être surpris par ce type de barrière.
Rappelons que ces barrières dites sélectives ont pour objectif de dissuader les engins motorisés (quads, deux-roues motorisés) à emprunter les voies vertes. Cependant, dans les régions ayant une réelle culture cycliste, les dispositifs sont beaucoup plus légers et moins pénalisants. La stratégie consiste souvent à privilégier la fréquentation des cyclistes et des modes doux qui constitue la meilleure dissuasion contre les engins motorisés, stratégie que nous partageons.
Précisons également, qu'une fois de plus, aucune hiérarchisation de la voirie traversée n'existe : bien que la voie qui traverse le pont de Germignies connaisse un trafic plus que réduit, le cycliste devra ralentir son allure 2 fois à chacune des barrières en amont et en aval de la voirie et théoriquement s'arrêter au stop (un cédez le passage n'aurait-il pas suffi ici ?).


photo prise en mai 2008

 

Entre Râches et Lallaing (photos ci-dessus et ci-contre, le chemin de halage est revêtu sur une largeur d'environ 350 cm, d'un schiste grossier dont on espère qu'il ne s'agit que de l'assise.
A titre indicatif, une pièce de 2 € a un diamètre de 2,5 cm.
Le revêtement actuel est très inconfortable tant pour les cyclistes, y compris en VTT, que pour les coureurs à pied. Ne parlons pas des personnes à mobilité réduite !
Certes, depuis la pose de ce revêtement en 2007, deux sillons un peu moins caillouteux se sont formés mais on imagine mal le croisement ou le dépassement de deux cyclistes actuellement qui risque de se traduire par des possibilités de chutes.

Entre Germignies et Marchiennes

La Scarpe entre VRED et MARCHIENNES
© photos Pierre KOKOSZYNSKI

Site naturel : la Tourbière de Vred

Vred possède une tourbière classée réserve naturelle et gérée par le Parc Naturel Scarpe-Escaut.
Les tourbières sont des zones humides dont le sol est saturé en permanence d'une eau stagnante et donc pauvre en oxygène. Ce qui implique une décomposition très lente de la matière organique et la formation de tourbe. La tourbière de Vred est l'une des trois dernières tourbières alcalines actives de la région Nord-Pas de Calais. À Vred, la variété des milieux (bois, étangs, roselières, sphagnaies) et les nombreuses zones de végétation (33 au total) accueillent une diversité de vie étonnante (flore, invertébrés, vertébrés, champignons...).
Le week-end du 5 et 6 février 2005, cette tourbière a fait l'objet d'un « étrépage ». Cette opération consiste à retirer une couche superficielle de sol d'une épaisseur variable. Ce retrait permet d'atteindre des niveaux où peut s'exprimer une multitude de plantes "pionnières", dont les graines étaient enfouies et en dormance. Suite à cette intervention, l'endroit devrait donc rapidement retrouver la faune et la flore qui l'avaient quitté, en raison notamment de la progression de la roselière.
Cette opération d'étrépage a été réalisée par l'association lilloise "Les Blongios". Cet organisme a pour objectif depuis sa création au début des années 80 de préserver tous milieux naturels afin d'en conserver la richesse. Toute l'année, ses membres et sympathisants bénévoles interviennent, des dunes de la Côte d'Opale aux marais camarguais, de l'Irlande aux Pays-Bas, pour permettre à des sites prestigieux, écologiquement s'entend, de garder toute leur biodiversité.

La notice sur la tourbière de Vred a été réalisée à l'aide d'un article de Bruno PEMEULENAERE parue dans LA VOIX DU NORD datée du jeudi 03/02/2005

SITES A PROXIMITE

Terril de Germignies

 

MARCHIENNES

Au XVIII° siècle, Marchiennes comptait trois églises. Il n’en reste plus qu’une. L’église Sainte Rictrude a été édifiée en brique, calcaire et grès entre 1811 et 1815 (année de la défaite de Napoléon à Waterloo) sous la direction de l’architecte lillois Benjamin DEWARLEZ. La rigueur, l’austérité et le vocabulaire architectural de ce bâtiment sont néo-classiques. Cette église a servi de référence régionale pour la diffusion du néoclacissisme dans la construction de nombreuses églises rurales du secteur. Cette église est l’un des rares bâtiments religieux sur le fronton duquel on peut lire la devise républicaine “Liberté, égalité, fraternité”. Cette inscription résulte d’une initiative du maire Félix Maton qui la fit inscrire vers 1905 au moment de la séparation de l’Eglise et de l’Etat. La restauration du clocher a été effectuée en 2000.

Rieulay : un paysage minier reconverti en site naturel protégé

Le site des Argales vient d'être classé espace naturel sensible par le Département.

[...] Le terril (n° 144) de Rieulay est, avec la base de loisirs d'Aubigny-au-Bac) l'un des deux sites touristiques naturels les plus prisés dans le Douaisis. Le terril des Argales de Rieulay, qui abrite également une base de loisirs [...] vient d'ailleurs d'être classé espace nature sensible par le conseil général. [...]
Avec ses 140 hectares, le terril (plat) de Rieulay est le plus grand (en surface) du Nord-Pas-de-Calais. Il culmine à 25 mètres (1) de haut et abrite un lac d'une quarantaine d'hectares (3)formé dans les années 1980 après l'affaissement du terril lors de la réexploitation du site. Moins courant, c'est aussi sur ce terril plat, créé au 18e siècle (2) quand les techniques ne permettaient pas encore d'entasser les rejets de la mine à une hauteur importante, qu'a pris place le stade de football de la commune.
[...] Ses pentes rocailleuses sont le terrain idéal pour que prospèrent vipérines pourpres et autres séneçon du Cap, des plantes qui d'ordinaire poussent dans des milieux chauds et secs. On les retrouve même dans certaines contrées africaines. Rien d'étonnant à cela à en croire Romain Dérozier, animateur nature sur le terril des Argales, le spécialiste des lieux : « Comme elle s'infiltre facilement, l'eau est très rare sur le terril.». « En plein été, il arrive qu'il fasse 10 degré de plus sur le terril».
On retrouve cette même caractéristique au niveau de la faune. Le terril est ainsi devenu le repère de centaines de lézards qui se dorent tranquillement au soleil. C'est là que se donnent également rendez-vous à la tombée de la nuit les crapauds calamites, petit batracien à la fine bande jaunâtre sur le dos. Le criquet à aile bleu donne un petit air de Provence à ce site majestueux.
Dans les airs, la diversité est aussi de mise, il faut dire que le site abrite également une réserve ornithologique qui fait le bonheur du petit gravelot à l'hirondelle de rivage, une espèce en voie de disparition qui aime nicher sur les falaises, en passant par quelques rapaces comme le busard des roseaux. Les Argales abritent également plusieurs milliers de papillons, dont une espère très rare, le macaon.
Des centaines de lapins ont également fait du terril leur quartier général. [..]Quelques renards parcourent de temps à autres les 140 hectares du site pour s'offrir un bon repas.

Extraits d'un article de THIERRY SAINT-MAXIN paru dans l'Observateur du Douaisis du 29 juin 2006

Flore

Recueil non exhaustif de la flore le long des chemins de halage

Reportage photo : Cyclopotkine sauf mention contraire