SOMMAIRE

Atout vélo Bagnole chasse Crevaison Cuincy DDE
DOUAI
Avenue
Twickenham
Rue des
Wetz
Rue
du Bloc
PDU Valenciennes
et sa piscine
PLUIE 4x4 Sécurité
routière
stationnement Vélo et politique
11 septembre 2001 Grand Prix de F1 Viaduc Millau météo
et vélos
Pollution
des vélos
Réchauffement climatique

 

CHARMES DU VELO

On peut tout faire à vélo,
se passer de portable
(un charme suranné et quasiment proustien, ma très chère),
et pouvoir téléphoner d'une cabine publique
tout en restant presque sur sa bicyclette !

Bagnole

La santé, un luxe ?

L'effet cancérigène des microparticules (PM 10) émises par les moteurs diesel n'est plus à démontrer. Pourtant, la nouvelle BWM série 3 qui vaut la bagatelle de 28 500 € au minimum, n'est équipée d'un filtre à particules qu'en option, au prix de 600 euros !
Source : "Le Monde du dimanche 13 et lundi 14 mars 2003.

La bagnole abrutit les moeurs des beaufs !

Vendredi 4 novembre 2005, 18h, rond-point de la rue des Wetz avec la rue Marceline à Douai.
Un lycéen traverse à vitesse normale le passage piétons de la rue des Wetz.
Un jeune conducteur lui gueule alors "avance, putain !"
On imagine déjà la chaude ambiance qui règnera au rond point prévu au croisement de la RN43 avec la rue de Béthune et la rue Delegorge. D'ici qu'un piéton se fasse écraser pour crime de lèse-vitesse ! On peut craindre le pire.
Actuellement ce carrefour est géré par des feux tricolores trés controversés car trop rapides (voir à ce propos l'article paru dans l'Observateur du Douaisis).
A la même heure, une cycliste éclairée, soulignons le, doublait la file de voitures sur le pont de l'Esplanade en empruntant le couloir bus qui est bien sûr autorisé aux vélos. Mais, contrairement à notre demande, cette autorisation n'est toujours pas mentionnée.

Carburant

"La parenthèse utopique de 1968 s'est fermée le jour où les stations service ont rouvert"

Cornélius Castoriadis (1922-1997

Citation extraite du portrait de Philippe Collomb, Président de Vélorution Paris paru dans le quotidien Libération du 7 juin 2007 à l'occasion de la manifestation cyclonudiste du samedi 9 juin 2007.

Le cycliste, l' « homme invisible » des rond-points ?

Pendant les heures de pointe, les voitures sont bridées pour entrer dans le giratoire par la présence d'autres voitures sur le giratoire, protégeant paradoxalement le cycliste circulant dans le giratoire.
Mais, en dehors des heures de congestion, le cycliste n'existe plus. Ainsi, le vendredi 18 novembre 2005 à 18h30, j'étais à priori visible avec un éclairage avant et arrière fonctionnant et, bien évidemment, la chasuble fluo indispensable la nuit. Pourtant, alors que je circulais dans le giratoire de la rue des Wetz, une voiture venant de la rue Saint Sulpice, s'y engage et se résigne finalement à freiner à l'intérieur du rond-point, freinage que j'ai également réalisé afin d'éviter la collision. Bien évidemment, l'automobiliste non content de m'avoir coupé la route, s'est payé également le luxe de m'enguirlander. Un cycliste de Droit d'Vélo a déjà été victime d'un accident dans ce rond-point il y a un peu plus d'un an. La semaine précédente, j'avais déjà été confronté à la même situation au rond-point Saint-Vaast !
Deux analyses peuvent être faites. Soit on est naïf et on peut considérer que l'automobiliste sous-estime la vitesse des cyclistes. Soit on est réaliste et on peut déduire que le code de la route, pour la plupart des automobilistes, ne gère, dans le meilleur des cas, que les quatre-roues motorisés. Le cycliste n'est qu'un vulgaire moucheron qui doit s'écraser s'il ne veut pas justement s'écraser sur le pare-brise ou le capot de l'automobile.

Moralité : cyclistes, méfiez-vous des rond-points !

Environs du Lycée Châtelet : le quartier chaud des cyclistes !

Le mardi 7 décembre 2005 vers 17h45 (nuit noire), alors que j'arrivais sur la bande cyclable du pont de l'Esplanade, je constate qu'un automobiliste est arrêté sur la bande cyclable en train de communiquer avec son téléphone portable. Ceci oblige donc à se déporter sur la voirie à mes risques et périls.
Je lui fais remarquer que les bandes cyclables ne sont pas destinées à servir de bande d'arrêt minute pour les automobilistes.
Réponse de ce charmant homme : « je m'en tape, connard »
La supériorité du cycliste sur l'automobiliste résiderait-elle dans le fait qu'il ne peut péter une durite, étant donné son mode de locomotion ?

Le cycliste est-il un emmerdeur ?
Le vélo doit-il souhaiter un embouteillage permanent ?

Douai, rue Victor Hugo

Rue en sens unique à Douai de 300m de long vers 11h le 15 février 2006. La conjonction de l'heure et de la période de vacances font que la circulation est bien moindre. L'automobiliste estime alors que la rue lui appartient.
La présence d'un stationnement latéral implique en effet de respecter une zone tampon de 50 cm minimum pour éviter le fameux coup de la portière. Dans ce cas, afin de ne pas être confronté à un dépassement frôlant (en ville, les automobilistes doivent respecter un écart de 1 mètre lors du dépassement d'un vélo), je préfère rouler au milieu de la chaussée, ce qui interdit de facto tout dépassement. 50 mètres avant le bout de la rue, le stationnement latéral disparaît. Me déportant légèrement sur la droite, j'ai alors droit au dépassement frôlant par un automobiliste qui me lance un regard furibard. A côté de lui, une personne âgée. Non seulement, Monsieur fait sa B.A. hebdomadaire en amenant mémé au cimetière mais en plus, il doit supporter un connard de cycliste qui lui fait perdre du temps (nous sommes arrivés ensemble au bout de la rue !).

Cimetière de Douai

Finis les feux follets, vive les gaz d'échappement !

Il y a fort à parier d'ailleurs que les vives protestations qui ont suivi l'interdiction des voitures dans le cimetière principal de Douai n'émanaient pas des personnes âgées mais de leurs accompagnateurs motorisés. A quand les tombes à hauteur de vitre de voiture, histoire de pouvoir déposer son bouquet sans devoir descendre de voiture.
Adieu le moment d'intimité avec la personne âgée, le doux crissement des graviers, la déambulation au travers des allées du cimetière, tous éléments qui contribuent à faire remonter les souvenirs tristes ou gais du passé. Un présent et encore plus un futur peuvent-ils se concevoir sans passé ?

Avenue du Maréchal Leclerc

Après la rue Victor Hugo, je tourne à gauche dans l'avenue du Maréchal Leclerc. Je me sers alors à gauche contre la ligne blanche car je veux aller à la Caisse d'Epargne distante de 200m. Une deuxième voiture me dépasse alors sur la gauche en franchissant la ligne droite, deuxième voiture que je rattrape bien évidemment au carrefour de la rue du Canteleu.

Ainsi, tout indique que la régulation de la circulation automobile n'est obtenue à l'heure actuelle que par les bouchons, tant l'automobiliste moyen a un rapport compulsif avec la vitesse.

P.K.
LE LIVRE NOIR DE LA BAGNOLE

Dans la série
J'ai une grosse voiture
et j'em. les keufs ?


rue de Valenciennes le vendredi 24 février 2006 vers 17h
Signalons, qu'à l'heure où le photographe anonyme est passé, certaines places étaient libres !

 

Jeudi 13 avril 2006 : journée de la courtoisie au volant
ou journée de l'aliénation universelle ?

Les français sont les conducteurs européens les plus goujats d'Europe. Mais une journée par an depuis 7 ans, on leur demande d'être un peu plus courtois au volant. Je ne l'ai en tout cas pas remarqué dans mon quartier : autant de voitures stationnées sur les trottoirs.
Chaque journal y va de l'interview de son pseudo-spécialiste. C'est ainsi que dans le quotidien « LA VOIX DU NORD » daté du jeudi 13 avril 2006, on peut lire les propos d'un monsieur bardé de titres : Monsieur Jean-Marc Bailet, Officier de Gendarmerie, Docteur en Psychologie spécialisé en conduite automobile, ancien Responsable des Centres Régionaux de Coordination Routière de Lille et de Metz

A question idiote,réponse idiote

V.D.N. : L'homme d'aujourd'hui saurait-il se passer d'automobile ?
J.M.B : «Non, l'automobile est devenue bien trop indispensable, permettant à chacun de remplir pleinement ses rôles sociaux partagés entre travail, famille, (non, non le dernier terme n'est pas patrie) et loisirs. »
N'en déplaise à la V.D.N. et J.M.B., 19.3% des ménages français vivent toujours sans voiture (1).

Paris, un repère de délinquants ?

Les ménages parisiens sont 53% (2) à se passer d'une automomobile ! Cette proportion a même augmenté de 1% entre 1991 et 2001. Bertrand Delanoë et son adjoint aux transports Denis Baupin souvent traité de khmer vert n'y sont pour rien puisqu'ils sont arrivés à la mairie de Paris en 2001.

Des quartiers sans voiture en Allemagne

Pis, au pays de l'automobile reine, de la berline de luxe, certains quartiers ont fait le pari de se passer de voitures. C'est le cas du quartier Vauban à Friburg en Brisgau qui compte 2200 logements et où on compte moins de 9 voitures pour 100 personnes alors que la moyenne nationale française est de 58 voitures pour 100 personnes. Il y a même des couples qui abandonnent leur voiture pour pouvoir habiter dans ce type de quartier car, contrairement aux affirmations péremptoires, la vie sociale y est plus intense.
Alors, plutôt que de gamberger sempiternellement sur la voiture moins polluante appelée, glissement sémantique révélateur, voiture écologique, il serait souhaitable de construire enfin une ville sans voiture. Toute une panoplie d'outils existe allant de la carotte (transports en commun performants, réseau cyclable sécurisé, continu et sans détours inutiles) au bâton (taxation accrue sur les véhicules, restriction de la place de la voiture en ville) qu'il reste à appliquer. Avec la crise pétrolière inéluctable, cette mutation vers un monde moins motorisé sera d'autant plus douloureuse si celle-ci est subie et n'est pas anticipée.

P. K.

1 : INSEE, enquête permanente sur les conditions de vie 2004
2 : Direction Régionale de l'Equipement d'Ile de France, Enquête globale de transport 2001-2002 p.7

Pont de Lille : échanges verbaux avec un reptile
dans la soirée du jeudi 27 avril

Dis moi, selon toi, petit vélo
tu r'présentes quoi pour une auto ?
un taon occis par Hannibal,
rien q'un trou d'balle ou une pédale ?

 

Sécurité routière

Brève de CHARLIE HEBDO N°579

60% des véhicules neufs sont vendus avec la climatisation. En cas d'accident, ça permet aux grands brûlés de rester frais en attendant d'être désincarcérés.

Accidentologie 2003

En 2003, la moitié des piétons écrasés avaient plus de 65 ans, d'où le dicton :

Si t'as échappé à la canicule, vieillard,
tu n'auras aucune chance d'échapper aux chauffards !

Pour en savoir plus, allez sur la page lien dans la rubrique sites officiels (le site de la Sécurité Routière y est référencé).

2084 à notre porte :
une société automobile pure, sans oiseaux, sans enfants et sans vieilles

LE MONDE 2 du 18 novembre 2006

Rappel à l'ordre

L'écrivaine Gabrielle Rolin a récemment été verbalisée sur la voie publique parisienne pour « circulation irrégulière d'un piéton sur la chaussée ». L'Absurdie, c'est ici.
Certains gestes de la vie quotidienne peuvent coûter cher. Parfois, ce n'est pas le montant qui importe mais la sanction. Elle peut se traduire par le mépris, sinon par l'humiliation et son cortège de hontes.
Ainsi l'aventure survenue l'autre jour à Gabrielle Rolin : elle est écrivaine, traductrice de Henry James, Edith Wharton et Flannery O'Connor (et tout récemment encore de La Traversée de l'été de Truman Capote), elle vit dans un immeuble de l'avenue du Maine à Montparnasse depuis plus de trente ans, elle est née en 1927, c'est une amie, c'est d'ailleurs elle qui m'a confié sa mésaventure.
Le 2 novembre 2006, sur le coup de 17 h 30, comme elle vient juste de descendre de chez elle, elle traverse l'avenue quand, à mi-chemin, elle ralentit sa course, victime d'un point de côté. Il faut dire que, il y a moins d'un an, elle a été opérée à cœur ouvert à l'hôpital Pompidou, changement de valvule et compagnie ; de temps en temps, soudainement à bout de souffle, elle doit marquer le pas.
La circulation est très faible. Une voiture de police s'arrête à sa hauteur. A son bord, un tout jeune policier plutôt timide au volant ; à son côté, une policière d'une cinquantaine d'années d'allure peu commode. « Vos papiers ! » Gabrielle Rolin espérait un bras secou-rable pour l'aider, au lieu de quoi elle obtient un aboiement. Interloquée, elle s'exécute. Le jeune gardien portugais de son immeuble, prévoyant un malaise, lui apporte une chaise. « Vous permettez, madame l'agent ? » « Vous restez debout ! » Elle ne comprend rien de ce qui lui arrive, sa douleur au cœur s'intensifie, son point de côté la fait souffrir, elle tousse, il fait froid. « Mais je ne gênais personne... » La policière remplit une contravention sur laquelle la délinquante au cœur fragile peut lire : « Circulation irrégu/ière d'un piéton sur la chaussée en présence d'un trottoir normalement praticable. » Suivent l'évocation de l'article R 412-34 du code de la route et sa répression par l'article R 412-43 du même roman d'aventures. Puis elle lui tend le procès-verbal : « Ça vous coûte 4 euros. » Gabrielle Rolin est si troublée qu'elle fouille dans son sac pour lui donner deux pièces : « Mais non, vous paierez par chèque. Et si ce n'est pas fait dans les 45 jours, ce sera majoré à 7 euros forfaitairement. Vous avez compris ? » Elle explique qu'elle est cardiaque, qu'elle habite juste là, rien à faire. Le jeune policier tente d'intercéder en sa faveur, il est aussitôt rabroué par sa supérieure : « Tu ne te rends pas compte ! Les bonnes femmes comme ça, il y en a que trop à Paris. » Et se tournant vers la délinquante aux cheveux blancs et au sourire en détresse : « Vous gênez la circulation ! Des gens comme vous feraient mieux de ne pas sortir de chez eux ! » Et la voiture de police s'en va.
Choquée dans l'instant, Gabrielle a repris ses esprits depuis. Elle a songé à intenter un procès pour le souverain plaisir de verser ses dommages et intérêts aux Œuvres de la police. Ou à la SPA en cas de refus. « C'esf vrai qu'on est beaucoup dans ce cas-là, mais un peu d'humanité, tout de même. Au fond, je regrette qu'ayant découvert ma nationalité belge sur mes papiers, elle ne m'ait pas conseillé de retourner chez moi. D'autres n'ont pas ma chance. » A propos, son dernier recueil de nouvelles s'intitule Rappels à l'ordre.

pierre assouline

Climatisation

Les leçons de la canicule de 2003, un an après : c'est l'explosion de la vente de climatiseurs !
Business is hot business !

Antimatière

Voilà que la pub nous donne à voir le triste spectacle de deux «climatisés», assis sur un canapé dans une pièce vide [...], en proie à de grandes questions existentielles :

« T'as froid ? - Non.
- T'as chaud ? - Non.
- T'as quoi ? -... La clim. »

Ces deux hérauts de la vacuité, qui visiblement n'attendent pas Godot, me semblent être l'illustration du poème de Jean Tardieu (1903-1995), La Môme néant in Monsieur,Monsieur;

« Quoi qu'a dit ? - A dit rin.
- Quoi qu'a fait ? - A fait rin.
- A quoi qu'a pense ? -A pense à rin.

- Pourquoi qu'a dit rin ?
Pourquoi qu'a fait rin ?
Pourquoi qu'a pense à rin ?

- A' xiste pas. »

Colette Cassagneau, Toulouse in Télérama n°2844

Si vous trouvez que le monde est devenu absurde mais si vous voulez encore croire en l'homme, allez vous ressourcer sur le site www.koikadit.net. Vous y retrouverez d'autres poètes de l'humour noir et de l'absurde dont Jean Tardieu sur des pages très joliment illustrées d'oeuvres d'art brut ainsi qu'un hommage à Roland Topor.

Plan de Déplacements Urbains de Valenciennes

piscine de Valenciennes

Nous ne nions pas que le parking vélo situé derrière la piscine de Valenciennes a probablement connu une désaffection liée en partie aux vols et dégradations de vélos favorisés par sa position derrière l'entrée de la piscine et des rateliers assurant une mauvaise protection contre le vol. De plus, le centre ville de Valenciennes se caractérise par une absence d'aménagements cyclables : ni pistes cyclables, ni bandes cyclables, ni arceaux vélo.
Au lieu de mener une réflexion sur la réhabilitation de ce garage à vélos, les rateliers ont tout simplement été enlevés...au profit de berlines de luxe.
Le 17 juillet 2003 vers 16h, au moment où la photo a été prise, un malheureux vélo solitaire était attaché devant la piscine : la boucle est bouclée !

Renseignements pratiques :
Piscine de Valenciennes 30, rue des glacis (au carrefour avec la rue Saint Nicolas), 59 300 Valenciennes
tél. : 03 27 33 81 60

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CUINCY

Un aménagement pousse-au-crime

La photo ci-contre a été prise sur la RD925, dans la descente du pont qui enjambe la Rocade Sud (RN 421) peu avant le rond-point de la Zone Industrielle de la Brayelle.
Un terre-plein central surélevé a été construit, réduisant la largeur de la voirie à 3,50m. L'intention est à-priori louable : il s'agit d'éviter que des excités du champignon ne doublent un camion à un endroit particulièrement dangereux.
Mais, une fois de plus, les usagers les plus fragiles (cyclistes et piétons) ont été oubliés. Rappelons que les couloirs mixtes bus-vélo ont une largeur de 4,50 m à Paris. La situation est ici particulièrement perverse : l'espace est juste suffisant pour qu'un poids lourd force le passage au cycliste sans bien évidemment respecter la distance réglementaire de dépassement de 1,50 m. en milieu extra-urbain.
Mais quel cycliste prendra le risque d'assurer sa place dans le trafic et d'interdire à un poids lourd le passage (on connaît la répugnance d'un poids lourd à ralentir, étant donné leur accélération lente) ? C'est ainsi qu'un membre du bureau qui emprunte régulièrement ce pont, évoque l'odeur de caoutchouc brûlé dont il jouit à chaque passage de camion.
Premier point : n'aurait-on pas du préférer, à ce terre-plein surélevé, les rambardes en béton présentes sur les autoroutes dont l'encombrement est moindre : celles-ci auraient interdit toute possibilité de dépassement et auraient assuré un espace d'insécurité un peu plus important pour le cycliste (espace d'insécurité car insuffisamment large).
Deuxième point : alors que l'Usine Renault existe depuis 1971 (soit depuis plus de 32 ans), aucune piste cyclable n'a été créée sur les voiries d'accès à cette usine qui compte, en 2004, 6000 ouvriers. Or la situation périurbaine de ces voiries permet la création de ce type d'aménagement indispensable.
La loi sur l'air de 1996 contribue-t-elle à faire évoluer la situation ? En juin 2002, un PDU sur le Douaisis a été voté qui raye, à notre grand dam, d'un trait de plume, tout aménagement cyclable dans les zones industrielles. Or, l'espace occupé par les aménagements cyclables dans ce type de zone pourrait être facilement récupéré par le gain en places de parking obtenu grâce aux salariés se déplaçant à vélo.

RD925 à Cuincy
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Les cyclistes éternels oubliés ?

Cachez ce vélo que je ne saurais voir !

Ci dessous, un article paru dans le gratuit lillois

20 minutes 7 avril 2006

La sécurité routière compte sur l'illusion d'optique

Donner l'impression aux automobilistes que la route est moins large afin de réduire leur vitesse. Alors que les chiffres 2005 sont mauvais dans la région, telle est l'expérience menée sur la RD 939, une route à double sens particulièrement meurtrière, reliant Arras au Touquet dans le Pas-de-Calais. Depuis juin 2005, une portion de 27 km a été réaménagée. Les accotements ont été colorés en rouge tandis qu'au milieu de la route une ligne rouge est prise en sandwich par deux lignes blanches. « La partie routière fait 11,50 m mais visuellement les conducteurs ont l'impression qu'elle ne mesure qui 6,50 m », explique t-on à la Direction départementale de l'équipement (DDE). Résul tat : depuis juin dernier, un seul accident grave a été répertorié contre plus de cinq par an auparavant. Une deuxième tranche de 10 kn de cette route sera traitée de la même manière dès juin prochain. Coût des travaux pour les deux portions 26 millions d ' euros.

F. I.

Alors que la loi sur l'air de 1996 exige la création d'aménagements cyclables lors des aménagements de voirie, on se contente de passer ici de la peinture rouge. Et pourtant la largeur de réduction permettrait de créer sans aucun problème 2 pistes cyclables confortables de 2,5 mètres chacune.
Une fois de plus, on constate un oubli systématique des aménagements cyclables alors que, chez nos voisins flamands si proches (j'ai encore pu admirer leurs aménagements en allant à Kortrijk ce samedi 6 mai 2006), les aménagements cyclables sont une norme imprescriptible !
Ceci est d'autant plus choquant que le Pas de Calais est adhérent au Club des Départements Cyclables.

P.K.

Douai, Rue des Wetz

Acte 1 : août 2003

La politique vélo à Douai :
2 pas en avant avec la réalisation du contre-sens cyclable hautement symbolique de la rue de la Mairie,
2 pas en arrière avec le tracé des bandes cyclables de la rue des Wetz, suite à la réfection de cette rue au cours de l'été 2003.

Comme on peut le lire dans un article de la Voix du Nord du 01 septembre 1998, l'un des objectifs du Schéma Directeur Vélo de 1997 était de protéger les itinéraires qui desservent les établissements scolaires, objectif toujours en vigueur avec le PDU. De surcroît, la rue des Wetz constituait l'un des meilleurs endroits pour se «retrouver par terre à cause d'une voiture».
Bien que cette rue se trouve à la confluence de trois établissements scolaires (collège Châtelet, lycée Châtelet et lycée Corot), les bandes cyclables sont si étroites qu'elles ne peuvent contenir le logo vélo d'une largeur de 90 cm.
Rappelons que le CERTU préconise une largeur minimale de 1 mètre hors marquage (une largeur de 1,5 m est considérée comme confortable et est d'ailleurs préconisée en Hollande et au Danemark). De plus, en cas de stationnement latéral, ce qui est le cas dans cette rue, il est fortement conseillé de prévoir 0,5 mètre supplémentaire (problème de l'ouverture des portières). En l'état actuel, ces bandes cyclables ne sont pas fonctionnelles. Leur exiguïté ne peut même pas se justifier par la largeur de la voirie contrairement à l'aménagement du quai Fleurquin qui avait provoqué et qui suscite toujours les protestations de notre association mais aussi de tout cycliste.
Faute de cohérence, les aménagements cyclables risquent de n'être que des gadgets dangereux de surcroît : nous ne pouvons ici que déconseiller aux cyclistes d'emprunter les bandes cyclables de cette rue. Il nous semblait pourtant qu'un consensus sur la largeur de ce type d'aménagement, s'était dégagé le mercredi 4 juin 2003 lors de la réunion de concertation entre les Services Techniques de la Ville et l'association Droit D'Vélo . Nous rappelons que nous préférons encore à ce type de « réalisation », une absence de marquage. Si la résolution de bandes cyclables dignes de ce nom semble impossible, pourquoi ne traiterait-on pas la rue en zone 30 ?

Acte 2

L'association a écrit à la Mairie pour protester contre cet aménagement le 20 août 2003. Le maire lui-même s'est dit choqué par la largeur des bandes cyclables de cette rue lors du Conseil Municipal du Vendredi 5 septembre 2003. Mais, pour l'instant, cette erreur n'a pas été corrigée.

Acte 3

Les bandes cyclables ont été effacées puis retracées début octobre. La bande cyclable, côté impair(côté habitations), a maintenant une largeur, hors marquage, de 110 cm côté impair, ce qui correspond à une largeur effective de 60 cm si on prend en compte le stationnement latéral et la bande cyclable, du côté pair, a maintenant une largeur, hors marquage, de 89 cm, ce qui correspond à une largeur effective de 75 cm si l'on admet que la largeur du caniveau de 36 cm peut être prise en compte dans le périmètre de protection face au stationnement latéral (à titre de précision, un bus est souvent garé dans cette rue et empiète largement sur la bande cyclable). Le bilan de ces tergiversations en est une bande cyclable toujours insuffisamment large avec un revêtement irrégulier du à l'effaçage de l'ancien marquage.

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DOUAI, octobre 2003 : réaménagement de l'Avenue de Twickenham

Monsieur Vernier, maire de Douai, nous avait fait entendre lors de la Commission Extramunicipale de la Circulation du 14 mai 2003, que l'aménagement de cette avenue serait exemplaire en contentant tous les usagers : piétons, cyclistes et automobilistes.
Nous sommes allés voir la rue début octobre et nous sommes très déçus : une fois de plus, les cyclistes sont les dindons de la farce.

Description rapide de la rue :

Cette avenue se situe à l'est de Douai et relie la rue de Cambrai à la rue des Glacis pour déboucher, via la rue de Morlaix sur le rond point du Boulevard Paul Hayez appartenant au boulevard périphérique de Douai. On y trouve, côté rue de Cambrai, un concessionnaire automobile et un concessionnaire de motos ainsi qu'un établissement scolaire privé et une école maternelle publique. Le côté pair est égayé par une petit parc qui entoure la piscine de Douai et qui est donc sans habitation. Cette avenue constitue une zone pavillonnaire dont toutes les habitations sont pourvues de garages. La rue est naturellement sinueuse.

Aménagement de la rue

Les courbures de la rue ont été accentuées avec les places de stationnement et l'ajout de deux terre-pleins centraux qui permettent une éventuelle traversée en deux temps et une sécurisation accrue des deux passages piétons de part et d'autre du débouché de la rue Culenaere. Cet accroissement des courbures contribue à réduire les vitesses. La largeur des trottoirs y est confortable : 1,6 mètre à la hauteur de la rue de Cambrai même en tenant compte des poteaux de l'éclairage public.

Kiss and Drive

Un Parking de dépose minute a été installé à la hauteur de l'établissement privé (écoles privées Sainte Clotilde et Jeanne d'Arc). Si nous voulions polémiquer, nous dirions que cet aménagement n'existe pas à la hauteur de l'école maternelle publique Sévigné qui peut s'estimer être traitée comme une fille publique.
Les avis divergent au sein de l'association à ce sujet : certains estiment qu'on ne changera pas les mentalités rapidement et préfèrent une rationalisation du stationnement à un stationnement anarchique aux alentours des écoles qui se fait au détriment de la sécurité de tous les enfants.

Avenue de Twickenham le jeudi 1°avril 2004 vers 16h30


Quand nous avons fait remarquer à la conductrice que celle-ci était garée sur une bande cyclable, celle-ci nous a fait remarquer qu'elle n'était pas garée mais simplement arrêtée !


Et pourtant, des vélos circulent sur cet axe. Cette photo a été prise peu avant l'école privée où la bande cyclable été sacrifiée au profit du "Kiss and Drive".

D'autres sont plus intransigeants et sont exaspérés par le phénomène des "maman-taxis" qui a explosé en vingt-ans. La part des enfants qui vont à l'école en voiture a triplé au cours de cette période selon Jean Marie Guidez, expert au CERTU, qui en tire le constat amer suivant : "Autrefois, on apprenait à fumer en allant au service militaire. Aujourd'hui, on apprend la voiture en allant à l'école....". Les experts en déplacements sont unanimes pour constater que tout aménagement destiné à maîtriser l'usage de la voiture, contribue à amplifier l'usage de celle-ci et est presque immédiatement saturé. A l'heure ou Monsieur Baroin, député UMP propose le retour de l'uniforme à l'école pour contrer les pressions consuméristes ou communautaristes, la marche à pied, en plus de la convivialité, de l'apprentissage de l'autonomie et du bienfait pour la santé ne constitue-t-elle pas le premier pas vers ce souci d'égalitarisme ("ma voiture est plus belle et plus grosse que la tienne") ?

Un double stop a également été installé au croisement avec la rue Culenaere mais, pour paraphraser Orwell, l'égalité devant le stop n'est pas la même pour tous. C'est ainsi que les autos venant de la rue Culenaere ont droit à un réhaussement de chaussée, système particulièrement efficace pour obliger à ralentir contrairement aux conducteurs de l'avenue Twickenham qui peuvent considérer ce stop comme un simple céder le passage. Nous en profitons pour dire que nous préférons les surélévations de chaussée à la hauteur des intersections, comme cela se pratique en Belgique. Ces surélavations ont le double avantage de contraindre les automobilistes à la modération (ce qui sécurise la traversée des piétons mais aussi le croisement des véhicules) et de faciliter la traversée des personnes à mobilité réduite (dans le Douaisis, on se contente de rehaussement de trottoirs).

Des barrières ont également été posées autour des passages piétons, côté piscine, pour éviter le stationnement sauvage qui gêne la visibilité entre piétons et automobilistes.

On pourrait presque parler d'aménagement exemplaire si l'on évoquait le traitement réservé aux cyclistes !

Aménagements cyclables

Les bandes cyclables ont une largeur de 85 cm entre le bord intérieur du marquage, côté chaussée et le caniveau, contrairement aux prescriptions de la charte cycliste du PDU qui propose une largeur de 1 mètre (le CERTU précise hors marquage) accompagnée d'une zone tampon de 50 cm en cas de stationnement latéral. Une fois de plus, le cycliste doit donc se contenter d'une bande de 1 mètre, marquage compris, et d'une zone tampon de 36 cm correspondant à la largeur du caniveau. Il devrait en outre applaudir car cette charte ne prévoit pas de bandes cyclables sur les voiries de ce type. Mais il y a pire, l'espace cycliste déjà chichement compté, est sérieusement menacé par l'accentuation des courbures de la rue qui amène inévitablement de nombreux véhicules à privilégier la ligne droite et donc à grignoter les bandes cyclables.

Rappelons que l'un des freins à la pratique du vélo est le sentiment d'insécurité. Or ces bandes cyclables n'assurent pas une réelle sécurité aux cyclistes et ne contribueront pas au développement de la pratique cycliste. Une fois de plus, on est en face d'un aménagement tape à l'oeil : les non-pratiquants de la bicyclette ont l'impression qu'on prend en compte le vélo. Mais le seul intérêt de ce type de bande cyclable est de sécuriser la sortie de voiture des autosolistes.

Un autre aménagement était pourtant possible

Nous avions été invités par les Services Techniques de la Mairie de Douai le 4 juin 2003. Lors de cette réunion, nous avions fait remarquer qu'entre la rue des Glacis et la rue Culenaere, que l'on pouvait peut-être rétrécir la bande centrale peinte en rouge au profit de l'élargissement des bandes cyclables. Cette idée pourtant élémentaire, n'a pas été retenue. Or cette bande centrale qui n'a d'autre but que de rétrécir la bande circulante pour réduire les vitesses a une largeur de 140 cm, marquage compris. On pouvait donc y puiser les 2 fois 35 cm manquants pour obtenir des bandes cyclables confortables, quitte à compenser ce rétrécissement de la bande centrale par une bordure centrale biaisée. L'accroissement consécutif du décrochement de la voirie à la hauteur de la piscine n'aurait pas été plus brutal que celui présent à la hauteur de l'école Jeanne d'Arc et aurait accentué l'effet ralentisseur sur la vitesse.

On aurait pu aussi installer les cyclistes sur des trottoirs élargis avec une différenciation des espaces réservés à chaque usager sous forme de différence de niveaux et de revêtements différents. On aurait alors eu des pistes cyclables beaucoup plus sécurisantes pour un cycliste néophyte, un enfant en particulier.

Enfin la mairie aurait pu faire un choix clair en faveur du vélo. Toutes les maisons présentes dans cette rue possèdent un garage. Dans ce cas, un stationnement bilatéral s'imposait-t-il ? Etait-il nécessaire d'offrir 18 places de parking en épis au concessionnaire automobile à l'angle de la rue de Cambrai et de l'avenue de Twickenham quand la tendance observée chez ces concessionnaires, dont la taille relève de la grande surface, est à l'émigration dans les zones commerciales périurbaines ?

Les 160 cm gagnés par la réduction à un stationnement unilatéral auraient permis la création de bandes cyclables de 150 cm accessibles dans ce cas aux rollers, en cas de changement de législation pour ce mode de déplacement. Ceci aurait marqué alors une réelle volonté de redistribution de l'espace, ce qui n'est pas le cas actuellement.

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Rue du Bloc : jeu de rues musicales

Une analyse fine du comportement autosoliste (utilisation exclusive de la voiture) faisait dire à Jackie Avenel, élu vert au Conseil Municipal, que le changement du sens de circulation de la rue du Bloc s'accompagnerait d'une augmentation du flux automobile dans cette rue. Celui-ci a insisté avec ténacité pour qu'un comptage des véhicules soit effectué avant et après le changement de sens. Les résultats de ce comptage dépassent toutes les craintes prédites puisque le nombre quotidien de voitures a augmenté de 50%, passant de 2000 à 3000. A titre de comparaison, cela représente la moitié du trafic automobile sur les grands axes de circulation du Douaisis, la RN 45 entre autres (environ 6000 véhicules/jour par sens de circulation).

L'Observateur du Douaisis du jeudi 7 avril 2005

Conseil municipal du 1er avril 2005

extraits de l'article de Frédéric Aubert

Final en queue de poisson

Vendredi, le maire a renvoyé dans ses cordes un habitant de la rue du Bloc mécontent du trafic automobile incessant.

[..] C'est surtout la fin de séance, animée, qui a surpris le public et les élus de l'opposition.[..]

« Je pensais que c'était un homme d'ouverture »

La soirée s'achevait paisiblement. Comme d'habitude. Sauf qu'à l'heure des questions diverses, Jackie Avenel a déclenché, selon ses propres termes, « un clash ». « Lors du passage de la commission de circulation, j'étais intervenu pour dire que le nouveau plan de circulation allait poser des problèmes en terme de flux. Le comptage a révélé dans la rue du Bloc qu'il n'y a plus 2 000 mais 3 000 véhicules par jour », indique-t-il. Et de préciser : « Le vrai problème est de répartir les flux de sortie de Douai. Mon objectif était de proposer au maire de recevoir les habitants pour réfléchir à des propositions sérieuses ».
Sauf que Jacques Vernier a eu le malheur de dire que 3 000, ce n'est pas 10 000 comme dans d'autres villes comparables à Douai et que de toute façon, les voitures y roulent à 30 km/h comme le demande le code de la route. Cela a eu le don de faire sortir de ses gonds un riverain, qui a pris à partie le maire. Celui-ci a coupé court à la réunion. «Il n'a pas suspendu le conseil pour ouvrir le dialogue, regrette Jackie Avenel. Cela m'a complètement interloqué. "Je pensais que c'était un homme d'ouverture et de débats, j'ai été très déçu.".

Le point de vue de Droit d'Vélo

Les changements de sens de circulation qui avaient pour but de diminuer le trafic de transit dans Douai constituent une mesure certes nécessaire mais insuffisante à elle seule comme on peut le voir dans la rue du Bloc.
Tant que les municipalités n'auront pas le courage de s'attaquer frontalement à la croissance du trafic automobile, on continuera à déplacer les flux automobiles, à déshabiller la rue Saint Paul pour habiller la rue Saint Jacques au grand dam des riverains.
DDV a critiqué entre autres la création des dépose-minute aux abords des établissements scolaires qui constituent une incitation à s'y rendre en voiture. Ces dépose-minute sont victimes de leur succès et de l'incivilité de nombreux automobilistes. C'est le cas du dépose minute de l'Avenue Twickenham devenu inutilisable.
DDV demande aussi que l'on s'attaque sérieusement au stationnement sauvage sur les trottoirs sans transformer systématiquement ceux-ci en réserves pour piétons délimitées par des potelets. Très souvent, ces potelets réduisent la largeur des cheminements piétonniers en dessous de la largeur réglementaire de 1,50m (c'est le cas dans la rue de la Croix d'or à Douai où la largeur du trottoir est réduite à 1m). La ville doit être rendue aux piétons !
Le PDU adopté en juin 2002 s'était fixé pour objectifs de généraliser le stationnement payant dans l'hypercentre de Douai.

Les mesures de dissuasion doivent aussi s'accompagner de mesures d'incitation à se déplacer autrement.
La navette qui circule gratuitement dans Douai en est une.
La mise en en zone 30 de l'hypercentre de Douai prévue dans le PDU mais toujours pas réalisée en est une autre.
La promotion du vélo et de la marche à pied dans le mensuel municipal "Douai, notre Ville" en est une troisième. Or, pour l'instant, on n'a vu dans ce mensuel que de la publicité pour le piaf permettant les arrêts "minute" gratuits (en voiture bien sûr)et pour la navette de l'hypercentre de Douai. Dans le numéro du mois d'avril 2005, on donne quelques conseils aux automobilistes pour emprunter un rond point ! On y est heureux d'apprendre que ceux-ci doivent faire attention aux cyclistes et aux piétons. On aurait cependant aimer que le problème des cyclistes dans les ronds points soient aussi évoqué. Les cyclistes doivent en effet assumer leur place dans le trafic et éviter dans les ronds points de trop serrer leur droite sous peine de se faire cisailler par un automobiliste.

Une politique ambitieuse d'aménagements cyclables en est une quatrième. Or, pour l'instant, on n'en prend pas la route.

Enfin, on n'échappera pas à une remise en cause des comportements individuels. Il est frappant de constater que, pour la plupart des automobilistes, c'est toujours la voiture de l'autre qui est gênante mais ceux-ci continuent à utiliser de façon inconsidérée leur voiture (50% des déplacements motorisés font moins de 3 km alors que ceux-ci seraient faits aussi rapidement à vélo).

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Une jeune lectrice de la lettre de Droit D'Vélo,Alix V., est profondément choquée par nos diatribes répétées contre la voiture et nous rappelle, avec une photo bien sentie, qu'il n'y a pas que les autos qui polluent!

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Le jour d'après

Les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis ont permis une expérimentation grandeur nature des conséquences de l'aviation sur le climat.
Les trois jours sans avion dans le ciel américain qui ont suivi les attentats, ont vu l'écart de température entre le jour et la nuit augmenter de 1° à 2°. Même si cette observation ne constitue pas une preuve scientifique, elle conforte, selon l'IFEN (Institut Français de l'Environnement), les hypothèses du GIEC (Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'évolution du climat) : Les traînées et les cirrus provoqués par les avions réduisent la perte de chaleur la nuit et, en filtrant le rayonnement solaire, atténuent la hausse des températures diurnes.

Pour en savoir plus sur la contribution du transport aérien à l'effet de serre, vous pouvez lire le n°97 du mensuel "les données de l'environnement" édité par l'IFEN.

Avril 2004 : les mentalités évoluent mais pas partout

LA VOIX DU NORD DU 24 AVRIL 2004
Extrait du supplément Fémina


On pouvait y lire ce qui suit en page 27 dans la rubrique :

Votre argent : Mes petites économies

Moins 4400€ par an en pédalant

Rien qu'en échangeant titine contre un vélo.
C'est ce que coûte à l'année une petite voiture de type Clio, carburant, entretien et assurance compris.
L'auteur aurait pu préciser d'ailleurs qu'avec cette pratique agréable, Madame divisait ses risques de problèmes cardiaques par deux !

La suite ... sur la page 4x4 : CO2, mon amour

STATIONNEMENT

Bon plan

Quand ennuis mécaniques riment avec bonne affaire

On stationne gratos au parking du D. !

C'est un des « impôts » qui ne dit pas son nom le plus énervant que l'automobiliste a à payer : raquer, parfois des sommes exorbitantes, pour avoir le droit de stationner quelques heures en centre-ville. Chic, à Douai, pour une panne d'électronique, cette contribution est épargnée aux automobilistes qui se garent au parking du D. [...]
À l'heure de sortir (de ce parking souterrain), on introduit le ticket dans une machine, on casque [...].
Mais au parking du D. , la belle machinerie qui sert à traire l'automobiliste s'est déglinguée.
On ne sait pas si cet état de fait va durer encore longtemps. [...]
En attendant. La Voix du Nord file l'info aux automobilistes : le parking du D. est gratuit jusqu'à nouvel ordre.

Jean Luc ROCHAT

Le point de vue de Droit d'Vélo

Ces extraits seraient-ils issus du courrier des lecteurs du journal de l'Automobile-Club et seraient-ils sortis de la plume d'un automobiliste irascible et rétrograde ?
Non, vous avez perdu, il s'agit d'un article de LA VOIX DU NORD dans son édition du dimanche 20 février 2005 au sujet d'un parking souterrain de Douai.
A priori, on pourrait s'attendre de la part d'un grand quotidien d'information régional à un minimum d'esprit civique et de recul. On ne peut donc qu'être atterré par ce déferlement de poujadisme.

Les vrais coûts de la bagnole

La modération de l'usage de la voiture est devenue de fait incontournable et la plupart des agglomérations s'y attaquent. Elle est, de surcroît, facilement réalisable quand on sait que la moitié des déplacements automobiles font moins de 3 km et pourraient être aisément réalisés à pied ou à vélo.
Alors, messieurs les journalistes, s'il vous plaît, sortez un peu le nez des pots d'échappement.

Quand la presse dite d'information qui devrait avoir un rôle d'éducation du grand public, parlera-t-elle des vrais coûts de la voiture ?

 

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LA CREVAISON


Photo prise lors des randonnées Vitale du dimanche 4 juillet 2004

Faute de faire tourner les tables, les cérémonies initiatiques de Droit D'Vélo se contentent de faire tourner les chambres à air !

Extrait du livre « Petit traité de vélosophie » de Didier Tronchet - Plon éditeur
Ce livre a été évoqué dans la lettre de Droit D'Vélo de Juin 2001

Je raille le désarroi du conducteur (d'automobile), mais mon attitude face à la crevaison n'est guère plus noble. Cueilli à froid moi aussi, je refuse d'accepter la réalité. Pourtant, la conduite devient impossible, le guidon part en tous sens, le bruit du caoutchouc broyé est insoutenable. Que se passe-t-il ? Au fond de moi, je le sais bien. Mais il va me falloir un moment pour accepter de mettre le pied à terre, je devrais dire un genou au sol. Et le conquérant d'il y a encore deux minutes, le prince des nuées, n'est maintenant plus qu'un petit enfant désemparé, considérant d'un regard vide ce pneu, vide aussi, inexplicablement. La chambre à air n'a plus d'air, et par mimétisme, mon souffle est court.
Me voilà donc albatros sur le plancher des vaches, claudiquant, le guidon à la main. Exilé sur le sol au milieu des huées, ma roue crevée de géant m'empêche de marcher. Que faire ? Mon voisin Nicolas m'a souvent expliqué que c'était l'affaire d'un quart d'heure, de la rigolade. Mon voisin Nicolas fait partie de ces êtres étranges qui commandent à la matière. Les objets sont leurs amis. Ils manient les outils, quels qu'ils soient, alors que moi ils me tombent des mains. Si possible sur le pied.
J'ai le souvenir cuisant et lointain de bassines d'eau dans lesquelles je faisais passer la chambre à air gonflée, pour que le petit trou se trahisse à petites bulles. Une ruse ancestrale, dont je m'étonne qu'elle soit encore pratiquée à l'heure de la fibre optique et du numérique. De toute façon, je n'y arrivais pas. Il y avait trop de paramètres à maîtriser. La colle à rustine, à faire sécher avant de presser ( ?), les clés qu'on appelait des «  minutes » et qui me prenaient des heures.
Mon oncle Alexandre m'appelait le « mal emmanché » et m'attribuait deux bras gauches. Je prétends moi que je n'ai pas été équipé pour commercer avec le monde des objets. Les choses ne m'aiment pas, à jamais rétives à mes tentatives de négociations. Ambidextre de naissance (me servant des deux mains de la même façon, c'est-à-dire mal), j'étais incapable de me souvenir dans quel sens on vissait et dévissait. Commençant très fort dans le mauvais sens, il m'était ensuite impossible de rattraper mon erreur. Alors une crevaison ! Il faut dévisser le chapeau, la valve et l'espèce d'écrou qui la maintient à la jante. Laisse tomber.
Me voilà donc chez le réparateur, qui n'en croit pas ses yeux de l'aubaine et entend tout de suite le pigeon roucouler en moi : « Rrrou Rrrou ». Cent balles la réparation. Ca lui a pris sept minutes. Il n'a même pas cherché à le cacher, me jetant régulièrement un œil goguenard suivi d'un petit sifflet d'air à la mode (les réparateurs de quoi que ce soit font tous ça, ils sifflotent en travaillant comme les nains de Blanche-neige, pour me faire croire qu'ils aiment ce qu'ils font. Je ne les crois pas une seconde).
Ces sept minutes m'ont été insupportables. Entouré d'outils hostiles, de motos éventrées livrant leurs entrailles noires de graisses, dans cette odeur de vidange mêlée à la cigarette de mon interlocuteur, face à ce sympathique artisan, et à ses mains très sales (mais comment lui dire sans l'offenser ?), je manquais d'air. Par mimétisme, mes poumons se sont regonflés avec le pneu réparé.
Je quittai enfin la boutique en serrant le poignet artisanal, au niveau des cinq centimètres propres et secs (sans l'offenser), délesté de mes cent francs (mais j'aurais payé une rançon double si nécessaire). Et chevauchant mon bicycle bondissant, je recouvrais enfin l'intégralité de mes moyens intellectuels, effrayé à l'idée que, si affûtés qu'ils soient, ils avaient une fois de plus montré leurs limites dans mon combat contre la matière.

METEO et VELO

LA CROIX du lundi 12 septembre 2005

TRIBUNE DES LECTEURS

Une énergie renouvelable, le «soléaire»

Vous avez bien lu : le «soléaire», lequel n'est d'ailleurs pas exclusif du solaire. Du latin solea : le sol. À cause des muscles soléai-res qui constituent nos mollets, lesquels font de nous - en principe - des plantigrades maîtres absolus de notre mobilité au sol. En principe seulement, car nos gamins ne savent plus, ou ne veulent plus marcher : les sorties de nos établissements scolaires ressemblent à des gares routières aux heures d'arrivée et de départ des passagers. Nos gamins ne savent pas non plus pédaler, pas plus que leurs géniteurs, dont ils tirent exemple au demeurant. Heureusement que le Tour de France donne encore l'occasion à nos nationaux d'apercevoir des bicyclettes, ces «petites reines» d'antan que notre modernité ne cesse de prostituer à l'adoration du veau d'or en des cultes aux relents si souvent délétères de drogues et de dopages.
Circonstance aggravante, il semble bien que ce soit par volonté politique : « Vous ne savez pas tout ce que Citroën peut faire pour vous!» Tous les jours, en boucle, tous les modèles de toutes les marques d'automobiles s'affichent sur les petits écrans de toutes nos chaînes. Paradoxalement, au grand jamais, de mémoire de téléspectateur, on n'y a vu le moindre modèle de vélo s'offrir à notre concupiscente convoitise, à croire que ce moyen de locomotion n'existe pas, ni chez nous ni ailleurs.
Mais au pays de gribouille, on ne se gêne pas, en même temps, de nous inviter «à éteindre les lumières de la chambre que nous venons de quitter» ou «à dépoussiérer la grille de notre réfrigérateur», ou bien encore à couper le contact de notre voiture aux feux rouges. « C'est bon pour la planète, c'est bon contre le réchauffement climatique», nous gazouillent d'accortes et sexy prévisionnistes du temps qu'il fera demain, aussitôt après nous avoir annoncé, sur un air contrit et pleurnichard, une pluie qui, en pleine période de sécheresse catastrophique, «menace» de perturber les loisirs de nos touristes : singularité française. Mesdames et messieurs les décideurs, élevez votre regard pardessus nos frontières. Chez tous nos voisins, mais surtout aux Pays-Bas, vous verrez, à perte de vue, en rangs serrés, des bicyclettes par milliers, en stationnement surveillé, sur des parkings pour deux-roues dont la superficie avoisine parfois celle de la place de la Concorde. Ainsi qu'une infrastructure de pistes cyclables hors du commun.
Et cela, chez des voisins dont le niveau de vie n'a absolument rien à nous envier, bien au contraire. Même au Japon, en pleine ville de Tokyo, vous surprendrez les écoliers sortant de classe, sacs au dos, sans accompagnateurs en uniforme, tous disciplinés et encordés, avec porte-fanion en tête de file pour traverser les chaussées.
On comprend alors qu'une véritable révolution de dépollution reste à faire chez nous, n'est-ce pas, mesdames et messieurs Météo? N'est-ce pas, mesdames et messieurs les éducateurs?

PIERRE CHARLIER, Oise

LA PLUIE…

Eclairage

Comme l'exige le genre comique, le trait du texte ci-dessous est volontairement grossi. Les conditions climatiques sont trop souvent un argument employé pour justifier l'absence de pratique du vélo en France et, par contre-coup, l'absence de politique cyclable.
Ce type d'argument est en fait en contradiction avec la pratique cyclable dans les différents pays. Celle-ci est, de fait, plus développée dans les pays d'Europe du Nord (Flandre belge, Hollande, Danemark, Finlande et certaines régions d'Allemagne) comme le montrent les statistiques européennes : voir l'article "Mobilité Européenne" dans la lettre de Droit D'Vélo de mars 2004.

Il pleut moins d'une fois sur 12 !

La brochure "Code de Bonne pratique des Aménagements Cyclables" (1) évoque les statistiques effectuées par un cycliste belge. Celui-ci, lors de son trajet domicile-travail (deux fois trente minutes par jour ouvrable), a relevé au cours des années 1995 à 1998, le nombre de trajets exigeant une protection contre la pluie sous forme de cape ou d'un autre vêtement similaire. Le pourcentage de trajets de ce type est en moyenne de 7,6% sur 4 ans, avec des résultats allant de 6,2% à 8,6% par an.
Ces résultats qui concernent la Belgique, peuvent servir de référence pour le Nord de la France.
1 : Pour en savoir plus sur cette brochure, vous pouvez consulter la rubrique "Bibliographie" de la page liens du site.

Jacques FAIZANT né en 1918, est non seulement un dessinateur humoristique qui dessine entre autres dans le Figaro mais il a aussi écrit quelques romans humoristiques. Certains de ses romans s'inspirent de sa passion du cyclotourisme. Jacques FAIZANT a en effet été pendant plusieurs années membre du Conseil d'Administration de la FFCT (Fédération Française de Cyclotourisme).
Extraits du roman « Albina roule en tête » de Jacques Faizant paru aux Editions Calmann-Lévy en 1977.
Ce roman a été réédité avec d'autres romans du même auteur aux Editions OMNIBUS en 1997 sous forme d'un livre de 400 pages vendu 30,50 €.

Le vrai randonneur n'a cure des intempéries. Sans aller jusqu'à dire qu'il recherche les régions pluvieuses et ne sort qu'assuré de recevoir une averse, il accepte avec philosophie ce que le ciel lui donne, heureux du cadeau quel qu'il soit.……
Chacun rame pour son compte dans l'élément liquide et il n'est plus question de s'abriter l'un l'autre, de s'attendre ou de s'escorter. Continuer à regarder la route et ses embûches tout en fermant les yeux pour qu'ils ne se remplissent point d'eau constitue une gymnastique assez absorbante pour concentrer son attention sur soi-même, surtout si l'on considère que les jantes mouillées n'offrent plus de prise aux freins et que les automobilistes, ne se sentant pas plus concernés que d'habitude, continuent à foncer dans le paysage, encadrés de geysers et suivis d'un nuage d'eau pulvérisée lequel, conjugué avec le déplacement d'air frappe le visage comme une serviette mouillée.
Les dames surtout sont admirables dans la bourrasque. Elles qui « dans le civil » remonteraient six étages sans ascenseur pour changer un collant que maculerait une tache de boue de la grosseur d'une tête d'épingle, elles qui ne passent jamais devant une glace sans rectifier imperceptiblement l'angle d'attaque du col de leur chemisier ou le « tombé » de leur veste, elles qui d'un doigt négligent remettent sans cesse en place une mèche un peu turbulente, les voici soudain, en cuissard de coton noir crotté et en socquettes boueuses, moulées dans un maillot fripé et bon à tordre, les mains dans des demi-gants de cuir gluant et spongieux qui font penser à des cèpes un peu faits, les cheveux agglutinés en mèches désolées, soufflant, d'une lèvre inférieure avancée en coupelle, sur la goutte d'eau qui leur pend au bout du nez. Tout cela sans presque une plainte, tout cela se transformant instantanément dans leur tête en l'histoire grandiose qu'elles vont en tirer, si grandiose et si chargée d'émotion qu'elles en rient déjà sous la pluie, ce qui leur emplit la bouche d'une eau qu'elles recrachent comme des gargouilles. ….
J'ai pourtant connu quelqu'un qui aimait la pluie. Il s'appelait William et était anglais, ce qui ne surprendra pas. Courbé sur son guidon tout le jour, on le voyait redresser son torse à la manière des escargots, dès les premières gouttes de pluie. Il tendait le visage vers le ciel et laissait l'eau imbiber ses moustaches qu'il portait abondantes et rousses. Puis quand il les jugeait bien gorgées de pluie, il soufflait dedans, ce qui les hérissait ; avec son crâne chauve et luisant d'eau il ressemblait d'autant plus à un phoque qu'il chantait d'une voix rauque des choses parfaitement incompréhensibles mais qui semblaient lui procurer une vive satisfaction.
C'est peu de dire que William aimait la pluie. Il l'adorait. Il voulait sans cesse que nous infléchissions nos itinéraires dans la direction de gros nuages noirs qu'il voyait à l'horizon et devant notre obstination à nous maintenir, de préférence, sous des ciels bleus il soupirait et tentait (en pure perte) de toucher notre susceptibilité en prétendant que nous n'étions pas sportifs.
Bien entendu il était hors de question qu'il se vêtit d'un imperméable quelconque. Dès qu'il se mettait à pleuvoir il remontait ses manches et roulait ses chaussettes. Sa pudeur britannique le lui eût-elle permis qu'il eût roulé nu et roux comme un faune.
Les jours de déluge il prenait grand soin, en descendant de vélo, de ne pas s'essuyer ni de se secouer afin de garder le plus longtemps possible la bienfaisante eau de pluie sur son corps. Il entrait ruisselant dans les hôtels, et traversait les salons avec l'indifférence des serpillières mal essorées. Il se rendait, en général, droit au bar où, dans une grande aspersion de gouttelettes, il commandait un double whisky.
- Sec, précisait-il, c'est pour le dedans de moi.
Puis il allait prendre son bain.

Un coup de pédale à droite toute !

2 du samedi 24 mars 2007

Depuis toujours le saltimbanque vote à gauche, et l'athlète à droite. La tendance se confirme dans la campagne présidentielle, où les soutiens à Nicolas Sarkozy foisonnent chez les sportifs.

Les sportifs préfèrent l'aile droite

« Quant il parle, on comprend tout », déclare le cycliste Richard Virenque à propos de Nicolas Sarkozy.

Si, demain, les sportifs de haut niveau - actifs comme retraités - devaient élire le futur président de la République, le ministre de l'intérieur emporterait une victoire écrasante sur un score sans appel. Dans la tribune d'honneur du sarkozysme, on se bouscule. Trônent David Douillet, chiraquien tendance sumo, Alain Prost, qui a ajouté un sponsor de plus - l'UMP - sur sa combinaison de pilote, Henri Leconte, toujours prêt à monter au filet, Guy Roux, qui a formé plusieurs très bons ailiers droit durant sa carrière, Bernard Laporte, bien que ses responsabilités de sélectionneur le tiennent un peu à l'écart de la mêlée politique, ou encore Philippe Candeloro, reconverti chez Holiday on Ice. N'oublions pas Richard Virenque, pro-Sarko de son plein gré, qui a eu dans Paris Match cette fulgurance pour résumer son engagement : « Quand il parle, on comprend tout », a-t-il dit à propos de celui en compagnie duquel il a pédalé sur les routes des Alpes-Maritimes. Voilà un excellent test.
La dream team de l'UMP sait aussi pratiquer le marquage individuel. Régulièrement taclé par Lilian Thuram - membre du Haut-Commissariat à l'intégration, le joueur de l'équipe de France avait, en compagnie de Patrick Vieira, mis un point d'honneur à inviter plusieurs expulsés de Cachan à assister au match France-Italie, cet automne au Stade de France -, Nicolas Sarkozy a trouvé du renfort. Il a confié une « mission » - sans plus de précision - à Basile Boli, lui aussi héros du football et noir. Autres sarkozystes : Paul le Guen, entraîneur du PSG, et Grégory Coupet, gardien de but de l'Olympique lyonnais et de l'équipe de France.
Ailleurs, c'est un peu le désert. François Bayrou n'a pas trouvé grand monde pour porter sa casaque, hormis Fabien Cool, goal d'Auxerre et notable local de l'UDF, ou le perchiste Jean Galfione. Philippe de Villiers a recruté Patrice Rio, ancien arrière du FC Nantes et lointain international, alors que le cycliste Laurent Brochard roule pour Jean-Marie Le Pen. Quant à Ségolène Royal, elle ne peut guère compter que sur les athlètes Muriel Hurtis et Patricia Girard. Evidemment, si Jamel avait pu convaincre son copain Zizou... Ce flagrant déséquilibre ne date pas d'hier. Depuis toujours, le tropisme politique du sportif s'inscrit à contre-courant de celui du saltimbanque. Et puis, Nicolas Sarkozy a tellement transpiré en sacrifiant au rite du jogging dominical dans les rues de Neuilly, en a tant bavé à se mettre en danseuse sur son vélo devant les photographes, et s'est si souvent rendu au Parc des Princes pour y voir perdre le PSG, qu'il peut s'estimer en droit de récolter ce qu'il a semé. Le candidat de l'UMP bénéficie également d'une réalité sociologique élémentaire : compte tenu de leur niveau de revenus, les élites sportives se trouvent forcément des atomes crochus avec un candidat qui entend mettre hors jeu l'ISF et les droits de succession.

© article de Jean-Michel NORMAND

Réchauffement climatique

VIADUC DE MILLAU

Paris-Millau sans auto

Extrait du courrier des lecteurs du Monde daté du mercredi 22 décembre 2004

On parle beaucoup actuellement du viaduc et de Millau, cette charmante petite ville de 23 000 habitants. Mais comment s'y rendre ? En voiture bien entendu ! Et que faire si l'on est âgé, ou adolescent sans permis, ou si l'on ne possède aucun véhicule ? Prendre le train... Mais qui sait, à part les habitués de la région, que depuis septembre le moyen de transport en commun le plus commode pour se rendre à Millau a été supprimé ? Je suis moi-même de ces habitués et j'avais coutume d'utiliser souvent le train de nuit Paris-Millau/Millau-Paris, où l'on dormait en couchette, ce qui permettait de partir tranquillement vers 21 heures pour arriver vers 6 heures du matin. La ligne ne fonctionne plus que pendant la journée : le voyageur a ainsi la joie d'admirer le Massif central et toutes les petites gares locales, mais s'il est pressé, il ronge son frein...
La SNCF pourtant ne manque pas d'idées : elle propose aussi des liaisons de jour via le TGV jusqu'à Montpellier, puis un car SNCF de Montpellier à Millau. Hélas, s'il y a là en principe un gain de temps de quelques heures, l'usager paye son billet 98,40 euros au lieu des 60,30 euros. (...) Et s'il espère aller plus vite grâce au TGV, ledit voyageur sera vite déçu : le car SNCF a souvent du retard entre Millau et Montpellier (embouteillages, travaux, accidents, verglas...), et alors..., plus de TGV, car celui-ci a pour règle de ne pas attendre les correspondances. Parfois, le car est tout bonnement absent, la SNCF détourne alors les infortunés voyageurs sur des trains de nuit, au départ de Rodez par exemple : c'est ainsi que je suis, il y a peu de temps, rentrée à Paris à 6 heures du matin au lieu de 23 heures la veille. J'ai été royalement remboursée de 20 euros en compensation de ces 7 heures de retard.
J'avais cru comprendre que le transport routier était plus dangereux et plus polluant que le transport par rail. (...)

Micheline Fargues Ville d'Avray (Hauts-de-Seine)

Chasse