Projet de lettre à Monsieur Vernier, maire de Douai
en septembre 2007

Rentrée scolaire, rentrée cyclable ?

Ces quelques réflexions relèvent d'une conversation avec une collègue du Lycée Edmond Labbé, rue Charles Bourseul à Douai, Linda H. Celle-ci habite rue de Brebières à Douai, effectue le trajet domicile-travail (2x2,25km) au moins une fois par jour et le trajet domicile-école maternelle Sévigné, avenue de Twickenham au moins deux fois par jour (4x1,5 km), soit au minimum 10 km/jour et 1800 km sur une année scolaire. Comme le constatent les études faites entre autres en Suisse, le mode de déplacement utilisé pour les déplacements domicile-travail qui ne représentent plus qu’un tiers des déplacements, conditionne cependant le mode de déplacement choisi pour les autres activités (achats, loisirs, etc.). On peut donc considérer que favoriser les déplacements à vélo est plus efficace et plus économique, d’un point de vue énergétique, que les progrès technologiques sur les voitures (baisse des émissions de CO2 de seulement 15% entre 1996 et 2006, soit en 10 ans pour les voitures neuves mises en vente). (1)

Or, malgré le lancement d'une politique cyclable sur Douai en 1996, les progrès réalisés ne restent-ils pas modestes au regard des enjeux (pollution de l’air, réchauffement climatique, crise énergétique) ?

Examinons en détail les deux parcours cités ci-dessus.

Rue Charles Bourseul

Dans la rue Charles Bourseul, est-il judicieux de terminer au nord la piste cyclable à angle droit alors que la configuration du trottoir permettait de réinsérer naturellement le cycliste sur la voirie ?

Les deux cyclistes figurant sur la photo ont bien évidemment continué tout droit sans tourner à angle droit

Rue de Béthune

N’y a-t-il pas une certaine hypocrisie à limiter le stationnement des voitures sur le tracé du TCSP à 10 minutes quand tout observateur constate qu’il s’agit d’un stationnement pendulaire ? Ceci est d’autant plus pénalisant pour les cyclistes que les voitures garées en épis débordent sur une piste cyclable bidirectionnelle (PC2D) dont la largeur a déjà été chichement calculée.
A quand les arrêts définitifs du TC qui permettront d’éviter les conflits potentiels entre les usagers du TC et les cyclistes ? Dans cette rue, un arrêt provisoire du TC induit la présence d’une masse de piétons sur la PC2D entre lesquels le cycliste doit slalomer.

Photos prises le vendredi 21 septembre 2007 vers 19h

Attention, un véhicule peut en cacher d'autres !

Pont d’Esquerchin

Les travaux d’Evéole auraient du être terminés sur Douai début septembre 2007. Alors que les rond-points de la rue d’Esquerchin sont opérationnels depuis plus d’un an déjà, la coupure béante de la PC2D sur le pont d’Esquerchin ne constitue-t-elle pas une anomalie au regard du pôle scolaire de la rue Charles Bourseul (Ecole des Mines, Lycée Technique, 2 Lycées Professionnels, une école de batellerie) sans compter le Centre Social Camille Guérin et la Piscine Beausoleil) ?

Jalonnement et trajets alternatifs

Ne serait-il pas temps après 10 ans de politique cyclable de commencer à réfléchir à un jalonnement spécifique aux cyclistes en collaboration avec l’association de cyclistes douaisienne Droit d’Vélo même si on peut encore difficilement parler d’itinéraires cyclables locaux sur le Douaisis ? Prenons, à titre d’exemple, l’accès à la rue de Brebières à partir du Pont d’Esquerchin. L’emprunt de la rue d’Esquerchin et de la rue d’Arras a une longueur similaire à celui des boulevards (1,2 km environ) mais bénéficie d’une circulation à priori plus apaisée que celle du boulevard Jeanne d’Arc. Nous nous permettons d’ailleurs de souligner que les bandes cyclables de ce boulevard sont anormalement étroites : 80 cm hors marquage au sol (mesure effectuée à l’intersection avec la rue de Brebières).

Boulevard Pasteur

Nous avons pu constater que l’enrobé du boulevard Pasteur avait été refait. Nous espérons que l’élargissement à 150cm de la bande cyclable qui longe le Parc Fenain (boulevard Delebecque) sera aussi adopté sur le boulevard Pasteur. Et pourquoi ne pas aller au bout de la démarche et réduire la circulation à une seule voie sur ces boulevards (comme sur certaines pénétrantes à Nantes) ? La zone tampon ainsi créée transformerait de fait ces bandes cyclables en pistes cyclables.

Rue du Bastion de Caux

Nous avons également observé que les cyclistes étaient invités à rejoindre le trottoir rue du Bation de Caux suite au rétrécissement de voirie induit par la pose d’un séparateur central qui rend effectivement dangereux le dépassement d’un cycliste dans cette rue toute en courbes. Ne serait-il pas souhaitable d’enlever la haie qui borde le trottoir afin d’y assurer une coexistence plus harmonieuse entre piétons et cyclistes ?

Sur la photo ci-contre, ce qui semble être une ligne blanche est en fait un séparateur central en forme de prisme.
Cette rue était auparavant une rue à sens unique comportant deux voies. Suite aux travaux du TCSP et à la création d'une myriade de rond-points toujours congestionnés, les deux sens de circulation ont été rétablis.
La mise en zone 30 de cette rue aurait constitué un message clair indiquant que les automobilistes venant des boulevards entraient dans l'hypercentre-ville (rue d'Esquerchin) et aurait permis une cohabitation entre cyclistes et automobilistes.
On a préféré au contraire inviter les cyclistes à quitter la voirie et à rouler au pas sur un cheminement mixte piéton-cycliste sous-dimensionné. Ainsi, les cyclistes qui sont les usagers les plus lents (20 km/h) sont contraints à ralentir encore à 5 km/h.
Certes ce fourre-tout modes doux n'est pas obligatoire comme l'indique le panneau vélo rectangulaire. Mais les cyclistes ont le choix pervers entre rouler au pas ou se faire klaxonner par les automobilistes pressés d'aller se fourrer dans les bouchons de la rue d'Esquerchin.

 

Place l’Hérillier

La place l’Hérillier fait l’unanimité chez les pratiquants du vélo pour considérer qu’il s’agit d’un point noir qui mériterait d’être traité. Ce rond-point constitue une véritable coupure urbaine pour les modes doux au sein même de la ville de Douai. Quand la ville décidera-t-elle de s’attaquer enfin à ce problème sans utiliser le faux nez des transports exceptionnels comme l’avait fait un responsable des services techniques ?

Rue de Cambrai

Nous avons appris que l’enrobé de la rue de Cambrai serait refait. Cette rue qui a connu au moins un accident mortel en décembre 2003, mériterait un véritable aménagement afin d’y favoriser et d’y sécuriser les circulations douces (piétons et cyclistes). On espère que les bandes cyclables seront de largeur plus décente et respectées, ce qui n’est pas le cas à l’heure actuelle. Aux heures d’entrée et de sortie des écoles, la bande cyclable qui longe l’école Madame René Coty, rue de Cambrai, se transforme ..... en dépose-minute.

Quai du Maréchal Foch

Ce quai est une partie constitutive du trajet entre l’Ecole des Mines de Douai et la résidence de cette école située rue du Grand Bail. L’institution d’un contresens vélo avait été discutée lors d’une commission extramunicipale de la circulation. Or, plus de deux ans après, celui-ci n’a toujours pas vu le jour. L’instauration de ce contresens vélo doit-il être obligatoirement lié au réaménagement global de ce quai ? Ne peut-on envisager un coup de peinture dont le coût est relativement réduit afin de créer d’ores et déjà ce contresens vélo ?

Rue des Wetz

Enfin, nous terminerons par la rue des Wetz. N’y a-t-il pas une contradiction entre la création des pistes cyclables rue Fortier et rue Marceline et la suppression parallèle des bandes cyclables rue des Wetz au profit d’un dépose-minutes ? D’une part, peut-on croire que les cyclistes n’enfourchent leur vélo qu’aux abords des établissements scolaires. D’autre part, le message ne devient-il pas confus en voulant à la fois développer les transports en commun et les modes doux tout en espérant contenter les automobilistes avec la création de ce dépose-minute ? On peut en effet remarquer que le centre ville de Douai est de plus en plus congestionné par la circulation automobile.

Sources

1 : article "Vieilles autos contre CO2" de Stéphane Lauer paru dans l'édition du quotidien Le Monde du 06/09/07.
Selon les informations données par ce journaliste spécialiste de l'industrie automobile, les émissions moyennes de CO2 des voitures neuves vendues en 1996 étaient de 175 g/km. Celles-ci s'élèvent encore à 148 g/ km en 2006.