La lettre de Droit d'Vélo mai-juin 2005

 

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EDITORIAL

Un nouveau contresens vélo rue Morel

Et un contresens vélo (CSV) de plus rue Morel sur 350 m pour fêter le printemps 2005. Il aura donc fallu attendre 8 ans et toute la ténacité de notre association pour que cet aménagement inscrit dans le Shéma Directeur Vélo de Douai datant de 1997, voie enfin le jour. Ceci vous donne un aperçu de l'énergie qu'il nous faudra déployer pour faire avancer le Schéma Directeur Vélo sur le périmètre du PDU. Certes, ce contresens vélo n'est pas parfait. Il manque un jalonnement rue de Lille pour indiquer aux non-initiés l'entrée de ce CSV permettant de quitter les boulevards pour se rendre tranquillement Place Carnot. La sortie de la place en face de la Sécurité Sociale des Mines est rendue malaisée par les boules destinées à lutter contre le stationnement sauvage. Au carrefour à feux avec la rue Dubois, nous devrions nous réjouir de la présence d'un panneau "cédez le passage" remplaçant les traditionnels panneaux "stop" sauf qu'il s'agit d'un carrefour à feux invisible de surcroît quand on emprunte le CSV. Or, jusqu'à nouvel ordre, les cyclistes ne sont pas autorisés à griller un feu rouge. En cas d'incident ou d'accident, ce sont tous les anti-vélos primaires qui se réjouiraient et remettraient en cause la lente augmentation des CSV à Douai.

Fête Européenne du vélo

La journée de l'écocitoyenneté nous a pris énormément de temps
Nous vous invitons donc un peu tardivement à participer nombreux à cet événement festif, histoire de récompenser l'Office du Tourisme de Douai qui s'est investi dans la réussite de cette fête et mobilise deux guides conférenciers pour celle-ci. Peut-être même aurons nous le plaisir de discuter avec l'un des jardiniers responsables des Parcs Publics du Douaisis. Il s'agit également, au travers de cette manifestation, de montrer que notre association n'est pas un groupuscule d'écologistes extrémistes dont le seul but serait d'enquiquiner les élus de tous bords. Faire du vélo est aussi un vrai plaisir qui peut se partager en famille.

Je me gare, tu te gares, il, elle....

Lors de l'une des dernières commissions extramunicipales de la circulation, le Directeur des Services Techniques de Douai nous a annoncé qu'une nouvelle campagne de pose d'arceaux allait débuter plus d'un an après la réunion sur ce thème que nous avions eue. Les arguments annoncés pour ce retard sont la pénurie en maçons dans les services de la Ville et un budget réduit. Au fait, avez-vous remarqué que les arceaux vélo qui étaient devant l'hippodrome ont été les premières victimes d'agrandissement de ce centre culturel ? Tentons de rester positifs. Nous avons également appris qu'une demande de pose d'arceaux émanait d'une personne extérieure à l'association. Le vélo fait donc son petit bonhomme de chemin dans les esprits mais pas dans celui de trop nombreux politiques.

Tramway : Ce n'est qu'un début, continuons le combat

Enfin, dans le tracé du tram, nous avons gagné une bataille (une piste cyclable sera créée au Pont d'Esquerchin) mais pas la guerre. La situation brossée à grands traits, est la suivante. Un "paradis" cycliste sur Douai mais inaccessible faute d'aménagement des entrées de Douai. Rappelons que les mairies de Cuincy, Flers, Sin et Waziers sont distantes de 3 km du beffroi de Douai et que ces déplacements pourraient se faire aisément à vélo si une réelle politique d'aménagements cyclables existait.

Les tribulations du militant cycliste

Au risque de décevoir certains de nos lecteurs, ce numéro est consacré en grande partie aux réunions auxquelles a participé Droit d'Vélo.

Cotisations

Vous êtes une petite moitié à nous avoir renouvelé votre confiance en 2005. Si vous ne l'avez pas encore fait par oubli, pensez-y et invitez aussi vos amis à adhérer à notre association.

Pierre KOKOSZYNSKI

Journée sur l'écocitoyenneté

Enquête domicile-école

Cette journée sur l'écocitoyenneté du samedi 30 avril 2005 a été l'occasion de lancer une première enquête domicile-école dans trois écoles primaires du Douaisis (écoles Victor Bufquin, et Jean-Jaurès, Denis Papin), le Directeur de l'école Paul Painlevé ayant refusé de participer à celle-ci. Ce sont presque 200 questionnaires enfant et plus de 100 questionnaires parents qui sont sont parvenus à l'association et qui ont été dépouillés par 4 membres de DDV.
Nous espérons pouvoir vous fournir prochainement quelques résultats de cette enquête.

Rencontre avec les enfants

4 membres de DDV ainsi que Xavier LELEU de l'ADaV ont participé à l'animation du samedi. DDV a assuré 4 animations auprès de presque 70 élèves. Cette animation avait pour supports les expositions de la FUBicy et de l'ADaV que nous avaient aimablement prêtées l'ADaV. Nous avons également utilisé un texte de Paul FOURNEL (voir ci-contre) ainsi qu'un Questionnaire à Choix Multiples ayant pour thème les déplacements durables. L'animation a été axée essentiellement sur la sécurité à vélo : "à vélo, la lumière, c'est la vie", importance de la visibilité, de l'état des freins, les réflexes indispensables pour rouler à vélo sur la route. Nous aurions également aimé pouvoir proposer des travaux pratiques sous forme d'un circuit de maniabilité.
DDV était la seule association qui n'était pas spécialisée dans l'animation auprès des enfants mais elle s'en est tirée brillamment.

Et si on recommençait ?

Les étudiants de l'Ecole des Mines initiateurs de cette journée ont proposé à DDV de participer à une réédition de cette matinée le mercredi 8 février 2006 dans le cadre d'une semaine de la solidarité. Ce sujet devrait être débattu lors de la prochaine réunion de bureau et la participation de DDV sera aussi liée à la volonté des membres de DDV de s'investir dans cette action. Si vous êtes intéressés, dépêchez vous de nous contacter.

P.K.

Miracle

Le vélo commence toujours par un miracle. Pendant des jours on tremble, on hésite, on se dit que jamais on ne se libérera de cette main qui nous guide sous la selle.
Mon père et ma mère se relayaient pour me tenir et, sans doute, tel ou tel de mes cousins, celui ou celle dont j'avais hérité le petit vélo. Celui ou celle qui était en charge de mon miracle.
On avait ôté les stabilisateurs de la roue arrière et j'emprun-tais le pré, devant notre baraque, dans le sens de sa pente douce, pour profiter de l'élan. Je cherchais le point magique qui fait tenir debout un attelage qui devrait normalement être couché et je prenais des gamelles (déjà) et je remontais.
Et puis, un matin, je n'ai plus entendu le bruit de la course derrière moi, plus le souffle rythmé dans mon dos. Le miracle avait eu lieu. Je faisais du vélo. J'aurais voulu ne plus jamais mettre pied à terre de peur que le miracle ne se reproduise plus. J'exultais.
Je fis le tour de la maison, me prouvant ainsi que j'étais capa-ble de prendre quatre virages à droite (pendant quelques semaines j'ai préféré tourner à droite). Je n'avais plus peur de rien. Je passais en bolide le long du bouquet d'orties qui me faisait d'or-dinaire si peur et je parcourais sans panique le chemin de longue solitude derrière la maison, pour revenir devant, triomphant mais encore incapable de lever le bras en signe de victoire.
De ce miracle, je ne me suis jamais remis.
Savoir nager ne m'a pas autrement ému et il n'y a guère que savoir lire qui ait égalé en intensité mon savoir-pédaler. A quelques mois d'intervalle j'appris donc, dans cet ordre, à faire du vélo et à lire. Au Noël de mes cinq ans j'étais un homme fait : je savais mon travail et mon loisir.

Extrait de :
"BESOIN DE VELO" de PAUL FOURNEL
(Saint Etienne 1947- )
Editions du Seuil 2001
réédition dans la collection POINTS en 2002

Dring-Dring du 1° mai 2005 à BRUXELLES

Petit aperçu sur la sortie de Droit d'Vélo

Dès 8h, Rendez-vous au quai Devignes
9h30 : petit café pris à la terrasse de la Brasserie de la Renaissance, brasserie du 19° merveilleusement restaurée, face à l'Hôtel de Ville du quartier Saint Gilles dont le coq wallon patiné à l'or fin nous domine de sa superbe. Sur la même place, quelques rares militants s'apprêtent à fêter dignement le 1° mai avec force drapeaux rouges.
Enfin direction parc du cinquantenaire

Visite des stands

La Dynamobile a un stand où elle présente le parcours de cet été : une boucle de 10 jours au départ de Bruxelles, via Gand et Bruges et arrivée à Comines. Cette association avoue avoir choisi cette année la facilité. La négociation des hébergements dans les villes traversées est souvent longue. Il suffit de se rappeler l'incertitude qui a longtemps pesé sur l'accueil de la Dynamobile par la ville de Douai en 2001.

Chez les vendeurs de cycles, nous faisons quelques découvertes :

  • le vélo pliant italien Di Blasi pratique pour la combinaison camping car + vélo, voiture + vélo ou, plus écologiquement train + vélo ;
  • le "bomb vélo" plus détonnant, à chevaucher habillé de noir du casque jusqu'aux santiags ;
  • des vélos à faire retourner sur votre monture et, par ricochet, sur vous, toute une rue ;
  • la rolls du vélo : le Brompton
  • des vélos électriques pour les partisans du moindre effort, il existe des moteurs adaptables sur votre vélo. Le moindre coup de pédale vous est restitué au centuple, enfin presque !
    Batterie de 8kg et sans effet mémoire à l'avant du vélo, moteur sur la roue arrière (attention, il vous faudra retendre les rayons). Le système proposé était canadien et coûtait la bagatelle de mille quatre-cent nonante neuf euros (pose non comprise). Ce système semble donc réservé à votre vélo de luxe fétiche.

Quelques amateurs viennent vendre leur premier vélo de course : un Eddy Merckx bleu, blanc et rouge, le bon vieux Peugeot et même quelques modèles qui datent sans doute de l'après-guerre.

Les déplacements à vélo participent aussi d'une politique citoyenne de réduction des dépense d'énergie. Ainsi de nombreuses associations concernées par cette politique ont répondu présent au rendez-vous : Greenpeace, Oxfam, Attac%, etc.
Le stand d'Oxfam nous propose de dresser notre bilan énergétique personnel incluant

  • la destination de vacances de cet été : Ardennes, Espagne, Thaïlande ?
  • votre rapport à l'eau et à l'électricité,
  • votre chauffage
  • vos moyens de déplacement

Les choix effectués plus ou moins gourmands en énergie déterminent votre empreinte sur la planète et impliquent éventuellement la colonisation d'autres planètes habitables de l'Univers si notre mode de vie est étendu à tous les terriens : de 0,6 planète à 5 planètes de la taille de la terre !

Un véritable jardin d'enfants

De nombreux bambins sont venus avec leurs parents, installés devant le guidon ou, plus classiquement, sur le porte-bagages dans des sièges vélo pour les plus petits, d'autres dans des remorques attelées, les plus grands sur un vélo additionnel en-core appelé troisième roue.
Le bassin du Parc a été vidé pour la circonstance afin d'y installer un parcours de maniabilité pour les plus petits. Les plus grands essaient des vélos couchés, l'invention révolutionnaire de Charles MOCHET. La plupart de ces vélos d'initiation sont bricolés à partir de vélos classiques.

Après-midi : découverte vélocipédique de Bruxelles

Nous "choisissons" le parcours découverte d'Ixelles.
Nous sommes emmenés par un guide de Provélo, muguet au guidon que nous retrouverons le soir même au cours de la véloparade, déguisé en curé paillard et bénissant la foule vélocipédique à l'aide d'une brosse de WC qui fait office de goupillon.
Nous traversons le poumon vert de la capitale dont le parc Tenbosch, un petit parc de 2 ha contenant plus de 50 essences d'ar-bres et constituant un véritable nid d'amour propice à l'intimité, au calme et à la volupté. Ce parc situé chaussée de Vleurgat, était autrefois privé mais est devenu public grâce à la ténacité d'une association de riverains et à la générosité de la Région de Bruxelles Capitale.
Au sortir du parc Tenbosch, square Henri Michaux, on peut se recueillir devant le monument à la mémoire des victimes (un million et demi) du génocide arménien de 1915, monument qui fut érigé en 1995.

Nous rendrons successivement hommage à deux grands belges sur l'Avenue Louise qui mène au Bois de la Cambre :

  • Ernest SOLVAY (1838-1922), industriel autodidacte, fut l'inventeur du procédé de fabrication de la soude. Ces inventions lui permirent de créer un véritable empire industriel international ayant un quasi-monopole mondial sur la production de soude. En 1893, ce magnat de l'industrie offrit à sa femme le château de la Hulpe en pleine forêt de Soignes dont il fit réaménager l'intérieur. Il se fit construire en 1894 l'hôtel Solvay au 224 de l'Avenue Louise, l'une des avenues les plus prestigieuses de Bruxelles. Ces travaux furent confiés à l'un des architectes les plus célèbres de l'époque, Victor Horta.
    Mécène généreux, il fonde l'Institut de Physiologie (1894) et de Sociologie (1895) de l'Université Libre de Bruxelles (ULB) devenu en 1921 la Bibliothèque Solvay ainsi que l'Ecole de Commerce Solvay (1903). En 1911, il crée le Conseil de Physique qui réunit tous les trois ans les plus grands théorici-ens européens de la physique moderne, tous nobellisés : Einstein, De Broglie, Marie Curie, Rutherford, Langevin, etc. . Einstein qualifia ces rencontres de "sabbat de sorcières" ajoutant "Personne n'y voit clair. Il y aurait dans toute cette affaire de quoi ravir une compagnie de jésuites démoniaques".
    Non content d'être un mécène généreux, il est considéré comme l'un des patrons éclairés du XIX° siècle : il institua dans ses entreprises un système de sécurité sociale, une pension pour les travailleurs âgés, la journée de travail de 8h et des congès payés. Selon certains, E. Solvay serait un patron paternaliste ayant un contrôle totalisant et totalitaire sur la vie de ses ouvriers : "Le bien est tout ce qui favorise la production intégrale et le mal tout ce qui la contrarie".
    Il créa des phalanstères, gros villages centrés autour de l'usine dans lesquels l'entreprise assure la gratuité d'accès aux biens et services : logement, soins médicaux, enseignement, etc.
    La France possède l'un de ces villages créés ex nihilo par Solvay à Salin-de-Giraud en Camargue. Selon d'autres, ce fut un patron éclairé soucieux du bien être de ses ouvriers. Quoiqu'on en pense, on ne retrouve plus dans les multinationales actuelles ce lien organique qui unissait les chefs d'industrie et leurs salariés.
  • Jean De Selys Longchamp, un aviateur tombé au combat après avoir attaqué, au canon de 20, l'immeuble de la Gestapo situé au n°453 de l'Avenue Louise à Bruxelles. Une tête dorée commémore cet exploit, perdue au centre de l'Avenue Louise. On peut y voir l'aviateur, la tête tournée vers le ciel, méprisant les automobilistes doryphores qui se pressent dans cette avenue mais visiblement gêné par le bruit assourdissant de l'avenue devenue, selon certains, un égout à voiture.

Hôtel Tassel :

Nous en venons enfin à notre sujet devant nos yeux ébahis, l'Hôtel Tassel construit au 6, rue Paul Emile Janson par Victor Horta en 1895 et considéré comme le manifeste de l'Art Nouveau. Un chef d'oeuvre où s'allient la pierre, le verre, les poutrelles mé-talliques qui supportent un bow window habillé de vitraux d'époque.

Maison Cauchie

Et nous serions revenus à la case départ si notre Président, en amateur d'art, n'avait donné un coup de pédale en direction de la Maison Cauchie qui fête en 2005 son centenaire, toute ornée de sgraffites, technique italienne parfaitement maîtrisée par les maîtres des lieux, Paul Cauchie (1875-1952) et sa femme Caroline. Et miracle, la maison Cauchie était ouverte au public le 1° mai comme tous les premiers week-end de chaque mois (de 11h à 13h et de 14h à 18h). Nous avons donc pu admirer l'intérieur qui, malgré l'exiguïté de la façade (6m de large), constitue une merveille d'équilibre et d'harmonie et aussi une oeuvre d'art total : tout, du mobilier à l'agencement intérieur en passant par la décoration intérieure, a été conçu et réalisé par les époux Cauchie. L'influence conjuguée de l'architecte anglais Charles Rennie Mackintosh préconisant la pureté et la sobriété des formes (verticales, horizontales et cercles), de l'art préraphaëlite qui inspire les sgraffites, et de l'art japonais confèrent à l'ensem-ble une atmosphère propice à la méditation.


Détail du balcon de la Maison Cauchie
© photo in "La MAISON CAUCHIE Entre rêve et réalité",
publié en 2004 aux Editions MAISON CAUCHIE

Epilogue

Cette journée se termine par une parade qui fut plus sobre que les années précédentes selon les dires des habitués.


Face à face,
Jean-Louis LEGRAND, responsable communication de l'association PROVELO
et
Pascal SMET, Premier Ministre de la Région BRUXELLES CAPITALE
s'apprêtent à donner le départ pour la véloparade.

Donc l'année prochaine, nous retournerons avec un petit groupe d'inconditionnels de Bruxelles.

S.R.

REPERES

BRUXELLES, paradis des SDF

Ce terme de SDF ( "sans difficultés financières") est en fait le surnom donné par les Bruxellois aux Français qui ont fui la France et ses impôts en particulier sur la Fortune. C'est ce que l'on apprend dans un article de Jean-Pierre STROOBANTS publié dans le quotidien "Le Monde" daté du Samedi 21 janvier 2006.

Combien sont-ils, ces réfugiés économiques ?

Entre 400 et ...60 000 ! Le chiffre de 60 000 est en fait celui avancé par des banques luxembourgeoises désirant attirer les grandes fortunes françaises. Selon un rapport d'enquête du Sénat Français, ils seraient 360 à fuir chaque année la France et son ISF (impôt de Solidarité sur la Fortune) depuis 1997 sur un total de 330 000 foyers français soumis à cet impôt.

Un exode qui se démocratise

Le mouvement a commencé dans les années 1990 et s'est accéléré à partir de 1996 quand Alain Juppé a décidé de réformer l'ISF.
Selon un cabinet d'affaires parisien Fidal, alors que les premiers avaient une fortune de plus de 15 millions d'euros, on trouve maintenant des candidats au départ qui n'ont que 5 millions d'euros.

Qui sont-ils ?

Les têtes d'affiche

On y trouve, entre autres,

  • des membres de familles de grandes sociétés Taittinger, Darty, Halley (Carrefour), Souriez (ex-Cora) ou Jean-Paul Guerlain, Jacques Tajan, l'ancien premier commissaire-priseur de France, des héritiers de l'empire français Prouvost (textile et médias) et ceux d'un grand laboratoire pharmaceutique ;
  • des patrons ou ex patrons : Philippe Jaffré, l'ancien PDG d'Elf, Jacques Badin (Carrefour), Lofti Belhassine (ancien patron d'Air Liberté),
  • Grimaldi ainsi que notre Super Dupont national Bernard Tapie ;
  • des artistes : Daniel Auteuil, Emmanuelle Béart, José Garcia, Johnny Hallyday, Eric-Emmanuel Schmitt et l'écrivaine Anne-Marie Mitterrand qui est la nièce de l'ancien président (elle a écrit "La Propriétaire" et "Un nom difficile à porter") ;
  • des sportifs : Henri Léconte, Guy Forget ;
  • des wonder boys de la nouvelle économie: Denis Payre, fondateur de Business Objects, Jacques-François Poncet (Catalina) ou Pierre-François Grimaldi, qui a revendu sa société iBazar à eBay

Victimes de persécutions

Si on les interroge sur les motivations de leur départ, beaucoup se disent avoir été victimes en France de harcèlement. Ainsi M. L. Belhassine : "Quarante contrôles fiscaux qui ont duré des mois et ont rapporté quelques milliers d'euros à l'Etat, [..], une fiscalité excessive devenant une véritable atteinte aux droits de l'homme". Madame A.M. Mitterrand partie en 1998, « refusait de donner son argent au désordre». Elle était épuisée de devoir se battre contre « les taxes et les textes » et a quitté un pays « devenu méchant ».

Où habitent-ils ?

Les plus fortunés habitent le "Square du bois" 535,587 Avenue Louise surnommé "l'Impasse des Milliardaires", une résidence privée constituée d'hôtels de maître. L'un d'entre eux habite au jardin du Roi.

Un seuil de tolérance dépassé

Les plus pauvres doivent, pour la plupart, se contenter des demeures d'Ixelles et d'Uccle . Ces deux communes comptent 10% de français sans compter les fonctionnaires européens et le personnel diplomatique.

Un immobilier bon marché

Quelques uns cherchaient un logement à 4000 € le m² comme à Paris. Mais heureusement, les prix de l'immobilier bruxellois sont bien inférieurs. Ainsi, on peut trouver de spacieuses maisons bourgeoises avec jardin pour 1 à 3 millions d'euros.

Regroupement familial

L'un d'entre eux décrit son parcours de personne devenue apatride. Après avoir hésité entre Londres, Genève et Bruxelles, celui-ci a finalement choisi Bruxelles qui présente, entre autres atouts, d'être à 80 minutes de Paris : "Je ne voulais pas [..] laisser l'ISF me séparer de ma famille et m'imposer où je vivrais."

Cellule de soutien psychologique

Dans le rôle du Bon Samaritain, on trouve, entre autres, Yves de Jonghe d'Ardoye, membre de la noblesse bruxelloise, ancien maire d'Ixelles devenu député régional qui a l'atout d'avoir la double nationalité française et belge ainsi qu'un château familial dans le Périgord. On l'imagine écoutant les confidences de ces désespérés autour d'un foie gras et d'une bouteille de Cahors et évoquant la nostalgie de la Doulce France. Les témoignages recueillis par M. De Jonghe sont accablants : "Tous racontaient leur désir de fuir des impôts prohibitifs".

Sérénité retrouvée

A.M. Mitterrand ne tarit pas d'éloges sur ce " pays merveilleux, sans lutte de classes permanente".

Un bienfait pour l'économie locale

Les économies faites sur la demeure principale ont été en partie investies dans l'immobilier car les revenus provenant de la location sont très faiblement taxés en Belgique.
Reconnaissants envers la Belgique, certains vont jusqu'à pratiquer le mécénat grâce à l'argent soustrait au fisc. Yves de Jonghe déclare ainsi : « Ils consomment massivement et parrainent de nombreuses institutions belges »

Revers de la médaille

D'autres ont l'esprit d'entreprise chevillé au corps et créent des entreprises en Belgique bien que la Belgique surtaxe le travail et les revenus.
Cette surtaxation serait-elle la contrepartie du «paradis des rentiers », comme le décrit un expert fiscal à la Fédération des entreprises de Belgique ?

Mythe du retour au pays évanoui

Le gouvernement Français désireux de rapatrier les Grandes Fortunes, a récemment amendé l'ISF en instaurant, entre autres, le bouclier fiscal à 60% et en exonérant les plus-values. Mais les cicatrices sont trop profondes et la peur toujours à fleur de peau. Selon Yves de Jonghe, "Ces gens ont trop peur que les choses changent à nouveau dans un an ou deux".

A la lecture de l'article, on peut se demander si les wallons ne se réjouissent pas secrètement de cette colonisation française face à des flamands conquérants et triomphants.

P.K. pour la réécriture de l'article

Commission extra-municipale de la circulation
(CEMC) du 27 avril 2005

Rue Jean Rodhain :

Mise en sens unique sans contresens vélo

Pour préserver du stationnement sauvage les trottoirs de cette rue aux abords d'une école, la municipalité propose de mettre cette rue située dans le quartier du Lycée Technique en sens unique. DDV a demandé que cette rue soit pourvue d'un contresens vélo (CSV) mais cette demande a été refusée par le maire. Les contresens vélo sans marquage au sol, même dans les quartiers résidentiels et dans les rues très courtes (100m) ne sont pas prêts de passer dans les moeurs de la ville de Douai. Et pourtant, c'est ce type de CSV qui nous est proposé dans la rue Voltaire à Sin sur 400 m comme alternative à la RN45 !

Double sens de circulation ou sens unique avec contre-sens vélo ?

L'avenue des acacias et celle des marronniers sont deux rues résidentielles à l'écart des grands axes de circulation autour du complexe sportif Theuriet. Ici, pas de stationnement sauvage sur les trottoirs si ce n'est au point de rencontre des deux rues où le trottoir s'élargit et est alors squatté par des voitures. Mais, en l'absence de marquage des places de parking, on assiste à un stationnement anarchique sur la voirie qui crée des chicanes et des rétrécissements de chaussée contribuant, selon le Président de DDV, à obliger les voitures à ralentir. Cette analyse était partagée par le Directeur de la Voirie de Douai, M. Benjamin Choisel. Aussi, me suis-je opposé à la mise en sens unique de ces deux rues proposée par un habitant du quartier même si cette mesure s'accompagnait de la création de contresens vélo. Précisons qu'en Suisse, on rétablit le double sens de circulation dans certaines rues étroites à sens unique afin de modérer la vitesse des automobiles. Rappelons également que la lettre d'invitation à la CEMC nous est arrivée 15 jours avant la date de cette réunion et que cette prise de position de DDV ne résulte pas d'une discussion au sein du bureau de l'association. Le débat reste donc à mener au sein de l'association et vous êtes invités à y participer. Alors, à vos plumes !

Sécurité dans les quartiers populaires

Enfin, la municipalité souhaitait créer un sens unique dans la rue Jean Moulin, rue populaire bordée d'immeubles. Avec la motorisation croissante qui sévit dans toutes les classes sociales, la voiture étant devenue une norme sociale, les trottoirs sont ici, par contre, envahis par les voitures.
La référence est, pour cette rue, la rue du général Hermant qui est adjacente mais qui est, elle, bordée de pavillons individuels. On peut admettre la ghettoïsation des trottoirs dans un quartier résidentiel : largeur réduite au minimum réglementaire de 1,50m et circonscrite de surcroît par des boudins sur les trottoirs. Ce type de cheminement piétonnier est cependant difficilement acceptable dans un quartier populaire. Je me suis là aussi opposé à la mise en sens unique de cette voie, arguant à nouveau du risque d'augmentation de la vitesse des automobiles. J'ai proposé un aménagement du quartier en concertation avec la société propriétaire des immeubles et les habitants du quartier. Le Maire de Douai a argué de l'urgence de la situation pour défendre son projet (une concertation avec cette société serait trop longue). Exceptionnellement, DDV a eu le soutien du représentant de la Police Nationale qui craint également le risque d'excès de vitesse de la part de certains habitants du quartier avec la mise en sens unique de cette rue.

Une piste cyclable sur les boulevards entre la porte de Valenciennes et le pont de Tournai ?

Dans le cadre des questions diverses, nous avions proposé la création d'une piste cyclable entre la Porte de Valenciennes et le Pont de Lille afin de rendre plus attractif l'accès à la gare de Douai à vélo. De nombreux cyclistes potentiels préfèrent en effet les pistes cyclables. Apparemment, le point noir résiderait dans l'accessibilité des camions à l'usine Oxford Automotive (selon M. Delille, un rond-point serait indispensable). M. Vernier a cependant été intéressé par la continuité avec les aménagements cyclables liés au réaménagement du quartier de la gare et cet aménagement devrait être étudié.

P.K.

Réunion tram+vélo

DDV a été invité par téléphone le 2 mai 2005 à participer à une réunion d'information sur la prise en compte du vélo dans le projet de tram, réunion qui a eu lieu le mercredi 11 mai 2005.
Comme d'habitude, le débat était faussé par la dissymétrie de l'information. DDV a du intervenir sur un document qu'il ne connaissait pas contrairement aux techniciens d'Ingerop et à ceux de la ville de Douai. Le prétexte évoqué en était l'appel d'offres interdisant toute fuite éventuelle sur le projet. Ce projet n'a donc pas pu faire l'objet d'une discussion préalable au sein du bureau de l'association. D'emblée de jeu, la couleur était donnée : on nous proposait cette réunion trop courte (1h30) afin que DDV ne trouble pas le déroulement consensuel de la Commission ExtraMunicipale de la Circulation de Douai (qui avait lieu dans la foulée juste après) par ses remarques sur la place du vélo dans le projet.
J'ai proposé en début de réunion que les points noirs que nous avions remarqué dans l'Enquête d'Utilité Publique, soient abordés en premier. Mais dans la discussion qui a suivi le tracé, ces points ont finalement été éludés.

Une Piste Cyclable bidirectionnelle sur le Pont d'Esquerchin

Rappelons que l'Enquête d'Utilité Publique ne prévoyait qu'une bande cyclable pour sortir de Douai.
La création de cette Piste Cyclable Bidirectionnelle (PC2D) de 3m de large constitue une avancée appréciable. Le tourne à gauche (TAG) pour un cycliste ou un automobiliste venant de Douai sera géré par un rond-point remplaçant les feux actuels au croisement avec la rue du Faubourg de Béthune.

Mais les autres points noirs restent inchangés

Des aménagements incomplets aux autres entrées de Douai (Pont de Lille et Pont de Valenciennes) et toujours aucun aménagement cyclable dans la traversée de Sin.
L'argument évoqué pour les entrées de Douai est celui du courrier du SMTD daté du 9 mai 2005. Le coût de réaménagement de ces ponts est "hors de proportion" avec celui du projet. Mais aucune estimation financière pour la création de passerelles cyclables ne nous est fournie.
Rappelons que le tram du Douaisis qui est un tram sur pneus est dénommé par les spécialistes comme le "tram du pauvre", que le coût au km du projet du Douaisis est trois fois moins cher qu'ailleurs et que, contrairement à ce qu'affirme le SMTD, les autres projets ne sont, dans le meilleur des cas, financés qu'au tiers par des subventions. On aurait donc aimé une argumentation un peu plus solide.

Des artifices qui ne tiennent pas la route

Lors de la rencontre avec le SMTD en septembre 2004, DDV avait demandé la création d'une zone 30 sur la RN 45, dans l'avenue Roger Salengro et l'avenue du Maréchal Leclerc en prenant pour référence certains quartiers de la métropole lilloise. On nous avait accordé la création de quelques plateaux ralentisseurs supplémentaires sur cet axe mais on nous avait rétorqué qu'il était hors de question de créer une zone 30 sur une voirie de ce type (plus de 12 000 véhicules/jour) et sur une telle longueur (1500 m). Six mois plus tard, nous apprenons que ce tronçon est devenu zone 30. Le quartier de Fives que nous étions incapables de nommer, était soudain devenu la référence du SMTD même si ce quartier est pourvu d'aménagements cyclables ! Il y a fort à parier que cette création de zone 30 qui avait été également utilisé dans la rue d'Esquerchin soit un subterfuge pour échapper à un éventuel recours au tribunal administratif pour non respect de la Loi sur l'Air. Cette loi exige en effet la création de bandes cyclables ou pistes cyclables en cas de réaménagement de voirie. Cependant cette supercherie a du mal à passer auprès du CETE (Centre d'Etudes Techniques de l'Equipement) chargé d'évaluer la sécurité du projet.
On en arrive en effet à une situation pour le moins ubuesque dans laquelle les grands axes deviennent zones 30 tandis que les axes secondaires qui desservent les quartiers, restent soumis à une limitation à 50 km/h. On risque également d'assister aux effets pervers d'une telle mesure avec le développement d'un trafic de transit dans les rues adjacentes. Enfin le respect d'une zone 30 dépend aussi de la conviction des forces de police à la faire respecter. Lors du débat particulièrement vif sur la rue du Bloc mise en zone 30, le représentant de la Police Nationale précisa que les voitures ne dépassaient pas de plus de 12 km/h la vitesse autorisée mais sans préciser si sa vitesse de référence était 30 km/h, 50 km/h ou 60 km/h. Selon les gens du quartier, la vitesse de certains véhicules semble en tout cas nettement supérieure à 42 km/h.

Les cyclistes novices gâtés sur Douai

Le tracé du tram sur Douai s'accompagne de la création de quelques Pistes Cyclables Bidirectionnelles (PC2D).
Une première PC2D de 900m de long est contiguë à la voie du tram située à droite de la Chaussée dans la rue Charles Bourseul, la rue du Faubourg de Béthune, le Pont d'Esquerchin et le Boulevard de la République jusqu'à l'intersection avec la rue de la Herse.
Une deuxième PC2D en forme de fourche de 1150 m de long part de la gare de Douai pour enserrer le "quartier latin" (Lycée et Collège Châtelet). Une PC2D de 300m sera également créée rue du Canteleu sur 150 m. Dans le cadre des aménagements connexes, deux sens uniques seront créés rue Delcambre et rue Deforest de Lewarde mais avec création d'un contre sens vélo (550 m). Enfin deux bandes cyclables de 650 m de long, longeront l'Avenue du Maréchal Leclerc à Douai, l'une se prolongeant dans la rue Henri Dunant, l'autre dans la rue de la Cuve d'Or toutes les deux aboutissant à la Place du Barlet.
J'ai réaffirmé mes réserves concernant les PC2D en particulier pour les tourne à gauche (TG). Les PC sont considérées comme plus accidentogènes que les bandes cyclables en intersection et on admet qu'elles sont peu adaptées au milieu urbain. A fortiori, les PC2D risquent de poser quelques problèmes avec les automobilistes en intersection ne s'attendant pas à voir déboucher un cycliste tout contre leur gauche. La stratégie pour un cycliste prudent consiste à emprunter la PC et à utiliser les feux asservis aux piétons, aux cyclistes et au tram (ceux-ci peuvent le faire passer au rouge) pour traverser en empruntant le passage piéton. Les cyclistes véloces continueront à emprunter la chaussée, les PC n'étant pas obligatoires, probablement accompagnés de coups de klaxon d'automobilistes agacés par un cycliste empiétant sur ce qu'il croit être son territoire réservé. Il y a fort à craindre également de voir quelques cyclistes têtes brûlées emprunter la PC et décrocher sur la gauche sans prendre les précautions élémentaires (coup d'oeil en arrière, ralentissement).

Casse-tête des rond-points

Nous avons appris que le maire de Douai, M. Vernier tenait à tout prix que la place des cyclistes soit indiquée dans les rond-points. Un consensus existe au niveau des associations de cyclistes pour que les vélos prennent leur place dans le flux de la circulation automobile, ce qui constitue une garantie de leur visibilité et donc de leur sécurité, celle-ci étant aussi inversement proportionnelle à la taille du rond-point. J'ai donc insisté pour que cette bande cyclable soit éloignée d'au moins un mètre de la limite extérieure du rond-point afin que l'automobiliste puisse anticiper la trajectoire du cycliste et évite de cisailler celle-ci en quittant le rond-point. Jackie Avenel a demandé que les bandes cyclables soient prolongées jusqu'au rond-point, ce qui n'est actuellement pas le cas sur le Boulevard de la République.

Rond-point de Valenciennes :le troisième cercle des vélos peu véloces

Ce rond-point de Valenciennes fait l'objet d'une innovation : une piste cyclable bidirectionnelle. Physiquement, en partant du centre du rond-point, on a un premier anneau pour le tram suivi d'un anneau pour les voitures. Un troisième anneau paysager de 5 m de large sépare les flux de véhicules motorisés de celui des cyclistes et des piétons. Monsieur Vernier nous a présenté une vision idyllique du fonctionnement de ce rond-point. Les voitures s'avanceraient une par une dans le sas leur permettant de s'introduire dans le rond-point tandis que la voiture suivante laisserait gentiment les éventuels piétons et les cyclistes traverser. Il suffit d'observer les voitures pare-choc contre pare-choc aux heures de pointe dans les voies d'accès aux rond-points pour prédire que les cyclistes auront toutes les chances de devoir mettre pied à terre et redevenir piétons. J'ai également émis quelques réserves sur l'innovation constituée par le double sens de circulation des cyclistes dans ce rond-point. Le seul point positif, à mes yeux, dans cet aménagement, réside dans la réduction de la taille de ce rond-point.

Schéma Directeur des Circulations Douces

Nos élus s'en foot !

C'est le triste constat que l'on peut faire au vu de la réunion sur ce thème qui avait lieu le 6 avril 2005 dans la prestigieuse salle Robert de Douai (salles d'Anchin) au public clairsemé. Une trentaine de personnes assistaient à cette réunion pour les 36 communes du PDU dont les associatifs et les techniciens de divers organismes (CAD, Mission Bassin Minier, DVI, SCOT, SIRA), ce qui signifie que peu d'élus s'étaient déplacés.
On peut déplorer d'une part la dérive technocratique de certains bureaux d'étude. En 15 mois, nous n'avons rencontré qu'une seule fois le groupe Altermodal chargé de cette étude, et ceci de façon totalement informelle, chez le Président de DDV et en coup de vent. Quand on sait de surcroît que le chargé de mission qui a commencé l'Etude, Pierre Olivier Chasset a finalement été remplacé par Marc BRUDER, ceci signifie que nous n'avons jamais rencontré le rédacteur final de l'étude !
Une fois de plus, ce type de réunion pompeusement appelée réunion du comité de pilotage donne une piètre opinion de la démocratie telle que la conçoivent certains de nos élus. Aucun document préparatoire permettant de servir de base de discussion. Ce type de réunion se limite à des échanges verbaux à bâtons rompus autour de diapositives. Est-il nécessaire de préciser que ces réunions ne sont suivies d'aucun compte-rendu. Quand nous avons demandé une copie de ce Schéma Directeur, Monsieur SEGOND, Vice-Président du SMTD chargé de la Communication, nous a précisés que nous en aurions une quand le Schéma Directeur serait approuvé par les élus. Ceci pose d'ailleurs quelques problèmes étant donné l'absence de ceux-ci. De fait, nous avons appris appris ultérieurement que le SMTD s'apprêtait à leur envoyer un document concernant ce projet afin d'obtenir leur opinion. Nous avons demandé à obtenir un exemplaire de ce document.
Ainsi la contribution éventuelle de DDV se limite-t-elle à deux réunions de concertation, l'une en juillet 2004 et la seconde en avril 2005.
Mais, me direz-vous, nous avons des élus à l'écoute des associations et conscients de la problématique des circulations douces (énergie, équité, convivialité, ville apaisée, santé, etc.)

Le vélo, c'est rigolo et pipo

C'est, de façon à peine caricaturale, l'opinion de nos élus pour le vélo considéré comme un objet de loisir. Les rares élus présents étaient en fait venus défendre leur parcours de randonnée cycliste (plus précisément VTT) ou pédestre. Mais le vélo n'a pas un statut de mode de déplacement à part entière.
Quand la situation des cyclistes sur Roost a été évoquée, M. COURDAVAULT, Président du SCOT et Premier adjoint au maire de Roost, s'est contenté de préciser de façon laconique que les cyclistes de sa commune roulaient sur les trottoirs puis s'est enfui immédiatement après.
Nous n'avons donc pas su quel était le fond de sa pensée :

  • Ceux-ci roulent-ils sur les trottoirs, se sentant en insécurité sur la départementale traversant Roost (Louis Maurois est mort sur celle-ci en août 2002) et cet élu a-t-il l'intention de leur offrir des pistes cyclables
  • Ou considère-t-il les cyclistes comme des délinquants indécrottables ?

Un vélo fleuri, et l'avenir lui sourit ?

Le Vice-Président du SMTD a osé nous dire en fin de réunion : "les amoureux des papillons ont aussi droit à des subventions"

SEGOND, partisan de l'inaction

DDV proposa trois actions toutes refusées

  • cahier des charges pour les parkings vélo

    DDV évoqua la création d'un cahier des charges pour les parkings vélo, en particulier pour le choix du mobilier. Sur les différentes communes du PDU, seules deux communes (Auby et Douai) ont installé des arceaux. Ailleurs, on ne trouve rien dans la majorité des cas, des pince-roues dans le meilleur des cas. Nous aurions pu aussi évoquer une liste d'endroits où un parking vélo serait souhaitable. Nous avons entre autres, déploré l'absence de parking vélo à la Base de loisirs de Rieulay ainsi qu'au Musée de la Mine de Lewarde. M. SEGOND nous a rétorqué que, d'une part, les commune citées ne relevaient pas de la compétence de la CAD, d'autre part, que le SMTD ne pouvait imposer quoi que ce soit aux communes. On continue donc à aménager, trois ans après la signature du PDU, en ignorant les cyclistes.
    Fait à cet égard révélateur. Une réunion d'information sur le nouvel aménagement de la Place Jean-Jaurès à Sin avait lieu le 11 février 2005. En gros, il s'agit d'en faire un parking paysager avec des trottoirs un peu plus larges (5m de large). Quand quelqu'un s'étonna naïvement de l'absence de parking vélo, l'urbaniste responsable affirma aussitôt que ceux-ci avaient été prévus mais pas dessinés (sic !).
  • Carte des aménagements cyclables

    Deuxième proposition de DDV : une carte des aménagements cyclables sur le territoire du PDU.
    Ce type de mesure fait partie du B.A. BA de toute agglomération qui lance une politique cyclable. Elle constitue un moyen de popularisation du vélo comme mode de déplacement, contient en général quelques informations pratiques (lutte contre le vol, sécurité) et peut être conçu de façon dynamique avec, par exemple, un jeu de couleurs indiquant ce qui est réalisé et ce qui est projeté.
    Selon M. S., trop cher car devant être réactualisé chaque année. Ne reçoit-on pas deux fois par an les horaires du TUB ?
  • communes pilotes

    Nous avons été particulièrement surpris lors de nos rencontres à Lallaing de constater que, dans une école primaire de 120 élèves, 30 étaient venus à vélo soit autant qu'au Lycée Technique qui compte dix fois plus d'élèves. Nous avons été également proprement ébahis d'apprendre que les deux tiers des élèves du Collège de Lallaing s'y rendaient à vélo. Le Principal du collège, Alain Pruvost, a d'ailleurs du demander, lors de la rénovation de ce collège, que le parking vélo initialement prévu, soit agrandi.
    Aussi, face au succès du vélo dans cette commune, nous estimions que Lallaing pouvait faire l'objet d'une monographie étudiant les raisons de ce succès, solutions qui, à notre avis, pourraient être en partie reproductibles sur les autres communes.
    A nouveau, un argument bidon : "Si les gens font du vélo à Lallaing, c'est parce qu'ils sont pauvres !" Une fois de plus, M.S. avait pris la parole sans laisser parler le bureau d'études Altermodal. Ceux-ci ont été choqués par une argumentation aussi sommaire et sont intervenus pour préciser quelques facteurs d'explication. Le vélo aurait plus de succès dans les communes périurbaines à condition que les accès aux établissements scolaires soient sécurisés à l'aide de pistes cyclables. Précisons que, selon un représentant de l'ADaV, le Conseil Général commencerait à s'interroger sur le coût excessif de la politique de déplacement scolaire basée exclusivement sur le transport scolaire gratuit et réfléchirait à la promotion du vélo comme mode d'accès aux collèges.

Le Vélo, oui, mais faut pas qu'ça coûte un rond

On peut s'interroger sérieusement sur la conception des itinéraires cyclables conçues par les bureaux d'étude. Le problème de l'accès à l'usine Renault Douai est, à cet égard, exemplaire. On nous a indiqué doctement que trois alternatives existaient en partant de Douai. La première passe par la rue Guynemer mais elle aboutit aux ponts actuels particulièrement étroits et insécurisants pour les cyclistes. Le deuxième itinéraire consisterait à aménager, sauf erreur de ma part, le chemin de la Brayelle, mais il serait confronté au franchissement de la rocade minière : trop cher. Reste donc la troisième proposition consistant à emprunter les chemins de halage. On ne peut que s'étonner d'une réflexion qui semble apparemment uniquement conditionnée par les coûts de l'aménagement sans partir des attentes des 6000 salariés de Renault. S'agit-il de réaliser l'itinéraire le moins cher ou celui qui aura le plus de chance d'être emprunté et qui, économiquement, sera finalement le plus efficient ?

Pistes cyclables ou Bandes cyclables ?

Le débat avait cette fois-ci trois partenaires : Altermodal, Alain Pruvost, élu de Raimbeaucourt et la DVI.
L'atout de cette confrontation résultait dans la diversité des critères où, finalement, la sécurité du cycliste n'est pas forcément prioritaire. Selon la DVI, bandes cyclables et pistes cyclables auraient des coûts de réalisation très proches. Le soubassement des bandes cyclables réalisées par la DVI est identique à celui du reste de la chaussée. La seule différence résulterait dans la rapidité d'exécution de ces deux types d'aménagement, liée en grande partie à la durée d'acquisition nécessaire à la réalisation des PC. On peut aussi se demander, étant donné le retard accumulé de 30 ans par rapport aux pays d'Europe du Nord, si un délai supplémentaire de quelques années ne serait pas préférable à la réalisation d'aménagements inadaptés.

DDV expert à des prix d'enfer

Nous avons été particulièrement flattés de retrouver une argumentation similaire à la nôtre chez Altermodal. Nous avions proposé à la place de deux bandes cyclables exiguës dans la rue de l'Abbaye des Prés à Douai, la création d'une bande cyclable de largeur décente en contresens et l'insertion des cyclistes dans l'autre sens. De même Altermodal suggérait qu'un contresens cyclable aurait été préférable dans la rue Pasteur à Cuincy plutôt qu'une bande cyclable dans le sens de la circulation

Tout pour la bagnole !

Altermodal fit remarquer également que de nombreux feux du Douaisis étaient inadaptés aux piétons, conçus uniquement pour gérer les flux automobiles mais trop courts pour les piétons.

P.K.

BREVES

Benzene : ADEME Blanc-Sec enquête

Souvenez-vous. En 2003, Droit d'Vélo invitait Jérôme DANCOISNES, chargé de mission à l'ADEME. A l'époque, on décelait des concentrations anormalement élevées de benzène dans certains quartiers de Douai (5microgrammes par m3). Immédiatement (1), la DRIRE fut mise sur le pied de guerre. Il s'agissait de savoir si le grand méchant industriel RENAULT n'en était pas la cause. Mais presque immédiatement, un contre-ordre suivit. Renault fut blanchi. La concentration respective en benzène, xylène et toluène dans l'air dénonçait le coupable : il s'agit de nos très chères voitures !
Vous a-t-on alerté par voie de presse, par les journaux municipaux ?
A-t-on invité les douaisiens à ne pas abuser de la voiture ?
50% des trajets automobiles font moins de 3 km. Or les pots catalytiques sont inefficaces en dessous de 5 km et les voitures sont alors plus polluantes. Une étude de l'ADEME constate qu'en 5 ans, le seuil à partir duquel les français délaissent la marche à pied au profit de la voiture est passé de 500m à 300m, soit moins que la distance séparant Suc and Sel, rue des Wetz à Maxi-livres, rue Saint Jacques !

(1) Cet article a été écrit grâce aux informations fournies par un ingénieur de la DRIRE présent à la journée de l'écocitoyenneté.

P.K.

montage réalisé à partir de ©dessins de Tardi
in "Adèle et la bête" aux éditions Casterman, 1976

Repères

Le benzène est un composé organique volatile résultant de la combustion incomplète des hydrocarbures. Bien qu'étant un polluant secondaire, il est particulièrement nocif car cancérigène. En particulier, il accroît le risque de leucémie. En France, l'objectif de qualité de l'air est de 2 g/m3 (microgrammes). Les directives européennes ont établi un seuil maximal de concentration de 5 g/m3 à l'horizon 2010. Vous êtes soucieux de votre santé, vous ne fumez pas (le benzène est l'un des polluants émis par les cigarettes) et vous vivez avec les fenêtres fermées. Vous vous croyez donc protégés. Que nenni, une étude européenne a montré que les taux de benzène étaient deux fois plus importants dans les lieux fermés (Anvers, Rouen). Quand aux professionnels de la route, ils peuvent se shooter au benzène : les concentrations auxquels ils sont soumis peuvent atteindre trois fois la concentration de l'air extérieur comme à Rouen.

La Blonde et le Rhinovéloce

Alors que je roulais à vélo dans la rue des Wetz, un 4×4 me doubla moins de cent mètres avant le feu pour s'arrêter au feu rouge sur le sas vélo, histoire de me faire profiter de ses gaz d'échappements et d'une absence de visibilité. Qu'à cela ne tienne, je me mets aussi sur le sas vélo. Je constate que la conductrice est une jeune femme BC-BG et que le 4×4 est muni d'un pare-buffle en inox agrémenté d'un manchon en polyéthylène noir. Ce manchon n'est certainement pas destiné à protéger un piéton en cas de choc frontal mais a probablement pour but de protéger le joli pare-buffle dans les manoeuvres de stationnement (a-t-il été installé par Monsieur ?). Je frappe à la vitre qui ne s'ouvre pas et, avec force gestes, essaie d'expliquer qu'elle s'est arrêtée sur un sas vélo. La conductrice qui, visiblement n'a pas compris, me répond non avec le doigt. Vive la femme de Cro-Magnon au cinéma muet à l'heure de la climatisation et de la cybercommunication !

P.K.