La lettre de Droit d'Vélo Juillet 2003

 

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Editorial

C'est l'été et le temps des vacances plus ou moins proches. C'est l'occasion, avec un temps plus propice, de dépoussiérer et aérer son vélo pour certains, de pratiquer leur dada avec encore plus d'acharnement pour d'autres.
Quelle que soit votre pratique cycliste, nous vous souhaitons d'agréables vacances sportives en évitant l'indigestion de bitume pour arriver sur votre lieu de villégiature.
Sans outrecuidance, nous nous permettons de rappeler quelques conseils élémentaires pour les adeptes occasionnels des balades à vélo. Si vous avez des enfants, ceux-ci ont grandi. Pensez à régler la hauteur de selle et celle du guidon : une mauvaise position est beaucoup plus fatigante. Pensez à vérifier l'état des freins. Regraissez la chaîne : cela évite les bruits désagréables mais c'est aussi un gage de longue vie pour celle-ci. Incitez vos enfants à porter un casque : trés utile pour les casse-cous. Vous voilà presque prêts à partir : n'oubliez pas d'emporter de l'eau, deux chambres à air de rechange et une pompe à vélo histoire de ne pas transformer une balade sympathique en traversée de l'enfer.
Outre l'incontournable Tour de France, notre pays se met timidement aux voies vertes. Le numéro de Géo du mois de mai 2003 comporte un supplément sur celles-ci (voir article voies vertes). Pour les puristes, un guide plus complet mais moins élégant a été édité par l'AF3V. Vous pouvez le commander au prix de 5 € auprès de l'AF3V 47A, rue Lieutenant André 71100 Chalon sur Saône.

Vous pouvez commander aussi commander le guide des véloroutes et voies vertes en imprimant le bon de commande via le site internet de l'AF3V : http://www.af3v.org/

Vous avez peut-être envie de vous lancer vous-mêmes dans la réparation de votre vélo. Cyclurba a conçu un site http://velo.reparation.free.fr pour vous apprendre à le faire vous-même, des réparations les plus simples au plus compliquées. Ce site est malheureusement devenu payant (1,68 € par jour de consultation) pour la consultation des pages techniques.. Nous l'avions consulté à postériori pour nous rendre compte de la mauvaise manipulation que nous avions faite quand nous avions voulu démonter la chaîne de notre vélo (le site était alors gratuit). Nous avions du alors ramener le vélo, tout penauds, au vélociste qui fut alors condescendant !. Faute d'une consultation trop brève, nous ne pouvons émettre un jugement sur ce site. Si vous y faites appel, n'hésitez pas à nous faire part de vos remarques en nous écrivant à droitdvelo@wanadoo.fr
Une autre solution consiste aussi à demander les conseils d'un ami plus féru que vous de mécanique. Méfiez vous cependant de ceux qui pérorent et qui vous lâchent péremptoirement : "c'est facile".

COMMISSION DE LA CIRCULATION du mercredi 21 mai 2003 à DOUAI

ZAOUI, l'homme qui dit toujours NON !

Zaoui m'accueille en m'informant que les questions supplémentaires proposées par Droit D'Vélo ne seront pas abordées.

Possible n'est pas douaisien

J'en profite pour évoquer les nombreuses difficultés de conception d'un parcours cycliste en site propre dans la mesure du possible et, en particulier, l'interdiction absurde de l'emprunt des chemins de halage, y compris le long de la gare d'eau pourtant fréquentée par les voitures des mariniers, le motif en étant le fameux décret obsolète de 1932. Et pourtant l'employé de Voies Navigables de France que j'avais eu initialement au téléphone, m'avait laissé croire que, sur cette portion d'itinéraire sécurisée, l'autorisation semblait aller de soi! Je propose donc à Zaoui qu'une superposition de gestion entre la municipalité et VNF soit rapidement signée sur ce parcours entre le cimetière des chiens et le pont de Flers. La réponse a été négative : elle serait conditionnée par la création, au niveau départemental, d'une voie verte le long des chemins de halage entre Douai et Lille : d'ici l'aboutissement du projet, de l'eau aura coulé sous les ponts! Car les cyclistes sont l'objet d'une très grande sollicitude et devraient, pour circuler le long de l'eau, être protégés à tout prix par des rambardes. Imagine-t-on toutes nos routes de campagne soit bordées de barrières de sécurité parce que certains automobilistes s'envoient au fossé ou interdites à la circulation automobile ?

Une ville pour tous ou tout pour la voiture

Des sens uniques pour limiter le trafic de transit dans Douai

Un point nous semble positif : dès le mois de Juillet 2003, le sens unique rue de Bellain, rue Saint Jacques et rue de la Madeleine sera changé et un sens unique instauré Place d'Armes afin d'interdire aux automobilistes d'emprunter la Croix de Douai comme voie de transit.

Le stationnement en double file est une respiration pour la ville !

Nous proposons alors, qu'à cette occasion, un contresens cycliste soit instauré sur cet axe Place Carnot-Place d'Armes : la largeur de la voirie le permet, n'était ce stationnement sauvage en double file qui le rend actuellement difficile. Un échange verbal s'instaure alors entre le maire et DDV.
le Maire : "Ce que vous appelez stationnement sauvage constitue en fait un double stationnement"
DDV : "ce que vous nous dites est un encouragement à l'incivilité"
le Maire : "Non, ce stationnement est une respiration pour la ville".
On connaissait déjà cette métaphore filée par J.J. Delille qui présentait le parking de la Place Saint Amé comme un poumon pour la ville. Mais que constate-t-on ? Les jours où le soleil est généreux, se transforment en cauchemar : même un fumeur invétéré est agressé, ces jours là, par les odeurs de gaz d'échappement et les grandes villes connaissent aussitôt des alertes à la pollution (ozone, dioxyde d'azote,etc..).

Des sens uniques pour rationaliser le stationnement des voitures

Quatre rues sont mises en sens unique pour faciliter le stationnement de proximité des riverains et éviter dans celles-ci, le stationnement à cheval sur les trottoirs. L'objectif affiché de rendre aux piétons ce qui leur est dû, est à priori louable. On pourrait cependant inciter les gens à se garer sur des parkings proches ou des avenues plus larges où le stationnement est moins problématique. Cette proposition est cependant rejetée comme utopique. Quand on s'oppose aux parkings dépose-minute juste devant les établissements scolaires, on nous répond qu'il faut contenter tout le monde : le problème de l'obésité et de l'autonomie chez les enfants ne sera pas réglé par ce biais!

Des sens uniques pour les Transports en commun ?

Ils sont remis aux calendes grecques. Celui de la rue d'Esquerchin est reporté à la réfection de cette rue en 2004. Celui de la rue des Malvaux à la mise en place du tramway. Or on pourrait dores et déjà tester des sites propres plus étendus pour les T.C. et en améliorer ainsi la vitesse commerciale sans avoir besoin du prétexte technique du tram.

Les cyclistes chouchoutés

La seule proposition de Droit D'Vélo présentée par le Maire était le contresens cyclable de la rue de la Mairie, proposition déjà présente dans le Schéma Directeur Vélo de 1997! Nous avons eu droit à une levée de bouclier quasi-générale de l'assemblée pour notre bien évidemment : "impensable, trop dangereux". Bref, on nous aime trop, on tient à notre vie et on nous invite à rester chez nous ou à faire comme tout le monde, à utiliser la voiture que diable! Dans ce cas, à part le stationnements sur certains trottoirs, tout nous sera permis!

Conclusion

Cette commission, qui n'a qu'un rôle consultatif, a au moins le mérite d'exister et permet la confrontation plutôt que l'échange des points de vue. Elle devrait accueillir enfin l'Association des Paralysés de France. Des citoyens de Roost-Warendin demandent encore en vain l'instauration d'une telle commission! La prépondérance de l'automobile n'est malheureusement pas remise en cause, ce qui exigerait un réel courage politique. L'usage quasi-automatique de l'automobile est une aberration qui se justifie par des arguments plus ou moins probants (insécurité à vélo, dans les T.C., etc.). Or, pour reprendre un argument employé pour d'autres sujets de société, plus la réponse à l'asphyxie inéluctable des villes par l'auto sera tardive, plus elle sera coûteuse et injuste (voir le péage de 7 euros à Londres auquel vient s'ajouter un coût de stationnement de 30 euros!)

P.K

Nouvelles du Tram

Le 12 juin 2003, le SMTD (syndicat mixte des transports du Douaisis) organisait une réunion d'information sur le tram avec Technicity, le bureau d'études chargé du TCSP. Il s'agissait de justifier à nouveau un investissement coûteux (250 millions d'euros pour 35 km de tramway sur pneu). Par cette réalisation, on espère élargir la clientèle des transports en commun au delà de la clientèle dite captive (scolaires et personnes sans voiture) en augmentant la vitesse commerciale de 17 km/h à 30 km/h.
L'intérêt nouveau de l'argumentation résidait dans l'estimation des coûts externes liés à la prédominance de la voiture (60% de part modale dans le Douaisis à l'heure actuelle) tant au niveau de la pollution que de l'insécurité routière (coût de 30 millions d'euros en 5 ans pour cette dernière). On aurait pu également évaluer le coût de l'espace cannibalisé par la voiture.
Si ce n'est la commune de Lewarde, personne ne remet en cause directement le projet. La Chambre de commerce et d'industrie continue sa lutte contre l'augmentation du versement transport actuellement de 1%, augmentation ayant pour but le financement partiel du projet. Déjà, les 18 nouvelles communes adhérentes à la CAD mais ne faisant pas partie du PDU sont désormais soumises depuis le 1° juillet 2003, au versement transport, ce qui explique la soudaine sollicitude de Jean-Jacques Delille, président du SMTD pour le droit au déplacement des gens d'Arleux.
Aussi le débat a-t-il pu être élargi par deux intervenants aux modes de déplacement doux, rappelant, à juste titre, que l'alternance à la voiture ne pouvait reposer uniquement sur les T.C.
Monsieur Michel Volcrick, Inspecteur de l'Education Nationale et Chargé de Mission Départemental à la Sécurité Routière, a évoqué le problème des mamans taxi. Celui-ci a rappelé que le stationnement sauvage aux abords des établissements scolaires contribuait à accroître l'insécurité des élèves et de leurs parents qui se déplaçaient à pied ou à vélo. Il prône un rééquilibrage en faveur des modes de déplacement doux par une sécurisation des parcours des élèves.
Jérôme Dancoisne, représentant de L'ADEME (agence de développement et de maîtrise de l'Energie) a rappelé qu'un rééquilibrage en faveur des modes de déplacement doux était avant tout un choix politique qui impliquait, entre autres, une restriction du stationnement des voitures tant au niveau des tarifs de stationnement que du nombre de places offertes en centre ville.
Nous rappelons à ce sujet, que 50% des déplacements automobiles se font sur une distance inférieure à 3 km, soit la distance mairie de Douai-mairie de Sin. Sur ce type de parcours, compte-tenu de la fréquence des bus et de la distance à l'arrêt de bus, un report modal d'un automobiliste vers le bus ne pourra être obtenu qu'avec des mesures dissuasives envers l'automobile. Un vélo est de plus, beaucoup plus performant (12 minutes à une vitesse modérée de 15 km/h) sur ce type de distance. Si vous êtes un tant soit peu sportifs, vous vous êtes probablement amusés à pister le tramway Lille-Roubaix, la fréquence des arrêts compensant la vitesse de croisière supérieure.

P.K.

Services techniques de Douai : fin de l'ère glaciaire ?

Le départ en 1999 de Monsieur COURQUIN, Directeur de la Voirie, a été suivi d'un long silence de 4 ans.
Grégory LEPLAN, nouveau Directeur du Service Technique de la Voirie nous a proposé un rendez-vous suite au courrier que nous avions envoyé courant décembre 2002 au sujet des deux bandes cyclables de la rue de l'Abbaye des Prés que nous trouvions trop étroites. Deux membres du bureau de Droit D'Vélo ont donc discuté le 4 juin 2003 autour d'une table avec Messieurs LEPLAN, Zaoui, Directeur de la Voirie et quatre techniciens du Service de la Voirie. Ce fut l'occasion d'échanger nos sources d'information concernant les aménagements cyclables. Ce fut aussi une fructueuse discussion à bâtons rompus, un échange de points de vue avec des techniciens adeptes du vélo de loisir et donc en partie sensibilisés aux problèmes de sécurité à vélo. En ce qui concerne l'association, nous nous refusons à cautionner des bandes cyclables de moins de 1 mètre qui servent en fait de protection aux voitures en stationnement. A part cela, le débat est ouvert et, tant mieux, car une politique cyclable se fait en roulant, d'autant que les profils de cyclistes sont très divers.

Rue de l'Abbaye des Prés :

Au lieu de deux bandes cyclables de 80 cm de chaque côté, le choix a été fait d'une bande cyclable de 1,50 m en contresens et de logos vélos indiquant la présence de ceux-ci dans le sens de circulation des voitures. Nous avions demandé la pose de panneaux indiquant la présence de cyclistes à contresens dans les rues Saint Benoît et Saint Vaast qui coupent la rue de l'Abbaye des Prés. Monsieur Zaoui s'est contenté de rétorquer "trop cher" (la C.A.D. a claqué 10 000 euros pour l'accueil des trois jours de Dunkerque à Sin le Noble !)

Gare de Douai :

La gare de Douai possède un garage à vélo en sous-sol dont l'existence n'est connue que des Grands Initiés. L'histoire de ce parking est exemplaire d'une politique de sabotage d'un service public : aucune publicité n'a jamais été faite sur ce garage. L'absence de vidéosurveillance et de changement régulier de code ont abouti inévitablement à des dégradations et des vols de vélo et à la désaffection de ce local, au squatt du garage par des clochards et à la fermeture définitive de celui-ci en avril 2003. Or la présence d'un garage vélo digne de ce nom permet de multiplier par 9 la zone d'attraction d'une gare, le vélo étant trois fois plus rapide que la marche à pied. Il constituerait un complément indispensable au parking voiture.
Bien que la SNCF affiche des placards géants sur les conseils de ligne et la discussion avec les usagers, celle-ci n'a jamais répondu à notre demande de pose d'arceaux devant la gare.
Suite à notre remarque, la Mairie de Douai a décidé de s'emparer du problème et a écrit à Monsieur GREBAUX, Directeur d'Etablissement à la Gare de Douai. Affaire à suivre, donc !

Établissements scolaires et parkings vélo

Nous avons appris que, dans le cadre de la rénovation de la rue Saint Benoît qui longe le Lycée Corot, un garage à vélos devrait enfin être intégré dans l'enceinte de ce Lycée. Par contre le Collège Streinger qui vient d'être rénové n'est toujours pas équipé de garage vélos ! Or, la fonction crée l'organe: la pratique cycliste au quotidien est devenue si marginale que cette carence n'est pas relevée par les parents d'élèves. A quand des plans de déplacement dans les Établissements scolaires.

Le mythe des larges bandes centrales au milieu de la chaussée

Dans le projet initial de rénovation de l'Avenue de Twickenham, nous avions une fois de plus une large bande centrale de 1mètre avec des bandes cyclables de 1 mètre. Nous aurions préféré deux bandes cyclables de 1,50 mètre. La poire a été coupée en deux : cette rue devrait comprendre deux bandes cyclables de 1,20 mètre et une bande centrale de 60 cm.

P.K.

Balade en Baie de Somme du 18 mai 2003

Nous étions treize à (re)découvrir la piste cyclable qui entoure la baie de Somme. 13, un chiffre qui ne nous a porté qu'à moitié bonheur puisque le retour a été arrosé d'une pluie glaciale. Nous sommes partis du parking du CFBS (chemin de fer de la Baie de Somme) au Crotoy.

Le Crotoy, la populaire


© photo Pierre KOKOSZYNSKI
photo prise du bassin de chasse

Le t'iot train de la Baie de Somme

La Compagnie des Chemins de Fer du Nord exploitait la ligne Paris-Calais qui desservait Boulogne et Noyelles sur Mer au nord de la Baie de Somme. Face à la demande de la clientèle, cette compagnie réalise en 1858, une correspondance de Noyelles au port de Saint Valéry au sud-est, cette correspondance ayant exigé la construction, comme au Far-West, d'une estacade (pont en bois) enjambant la baie de Somme sur 1300m. Cette liaison rencontre un vif succès puisqu'on compte 10 circulations par jour dans les deux sens en 1880.
La loi Migneret de 1865 autorise les départements à construire des lignes dites d'intérêt local financées par les départements et les communes. Ces lignes contrairement au réseau national qui a un écartement de 1,435m, ont un écartement métrique tout comme les tramways, ce qui permet l'utilisation d'un matériel plus léger et donc moins coûteux d'où la dénomination de Chemins de Fer Économiques.
Le département de la Somme établit en 1882 un plan de réalisations de lignes de chemins de fer dont le groupe des bains de mer rayonnant autour de Noyelles et desservant, entre autres, Le Crotoy au nord-ouest et Cayeux sur Mer au sud-ouest, liaisons réalisées en 1887. Ceci explique la présence d'une double paire de rails entre Saint Valéry et le Crotoy. Ces lignes furent bénéficiaires jusqu'à la deuxième guerre mondiale grâce à l'activité balnéaire mais aussi à l'activité économique locale (industrie betteravière, récolte des coques, entreprise de galets à Cayeux).
Suite à l'arrêt de l'exploitation de la ligne Noyelles-Le Crotoy en 1969 et de celle de Noyelles-Cayeux en 1972, un groupe de passionnés du rail décide de sauvegarder la ligne en fondant en 1969 le CFBS sur laquelle ils font rouler leur première loco en 1971. Après des débuts difficiles, l'association est enfin reconnue et bénéficie à partir des années 1980, d'une aide du SMACOPI (syndicat Mixte d'Aménagement de la Côte Picarde), ce qui lui permet d'effectuer des investissements plus conséquents. Outre une activité quotidienne en été avec la circulation de trois trains par jour dans chaque sens qui rencontre un réel succès (1300 personnes le Dimanche de la Pentecôte), l'Association organise aussi, en association avec d'autres fondus du rail venus de l'Europe entière (dont l'AMITRAM à Marquette), une fête de la vapeur tous les deux ans (la dernière ayant eu lieu cette année).

L'essentiel des informations présentes dans ce chapitre a été glanée sur le site de l'association CFBS (Chemin de Fer de la Baie de Somme) : http://www.chemin-fer-baie-somme.asso.fr Si vous êtes passionné par les vieilles machines, vous pouvez aussi emprunter l'ancien tramway de l'AMITRAM (Association du Musée International des Transports Métropolitains) qui roule entre Marquettes et Wambrechies. Pour tous renseignements, vous pouvez consulter leur site : http ://www.amitram.asso.fr
Ce peut être aussi l'occasion de découvrir la Voie Verte de la Deûle en connexion avec la Voie Verte de la Lys. Celles-ci sont connectées plus ou moins bien avec le Réseau RAVeL (Réseau Autonome de Voies Lentes) et avec les chemins de halage autorisés au vélo en Flandre Occidentale, ce qui vous permettra une comparaison éloquente... en faveur de la Belgique, malheureusement.
Vous pourrez effectuer la totalité ou une partie d'une boucle au nord de Lille de presque 150 km, plus de 90% étant en site propre. L'essentiel du parcours étant de réalisation belge.

Une balade "iodée"

Le début du parcours est très plaisant car on pédale sur la digue du bassin de chasse, bassin de retenue de l'eau destiné à nettoyer la baie à marée basse. On emprunte ensuite une piste cyclable en contrebas d'une départementale assez fréquentée. On ne se lasse pas de voir les moutons des près salés quittant les mollières (prairies inondables de la baie) pour rejoindre des prairies plus élevées à marée montante, sous l'oeil vigilant du berger et de son fidèle border-colley.


photo prise sur la rive nord de la baie de Somme et Noyelles sur Mer

Même en groupe, on peut admirer de grands oiseaux appartenant à l'une des 340 espèces qui fréquentent la baie.


Le Crotoy vu de la Pointe du Hourdel au sud de la baie de Somme

Sur les hauteurs de Saint Valéry sur Somme, ville médiévale avec ses assemblages typiques de silex, certains en damiers, on a une vue panoramique de la baie où seules, surnagent, à marée haute, les huttes de chasse. Certaines de ces huttes sont même submersibles ! Faute d'avoir vu les phoques, nous nous sommes contentés de rêver sur la robe chaude des chevaux Henson.

Le cheval Henson

Le cheval Henson est une race créée en 1978 par des picards regroupés dans l'association des Cavaliers de la Baie de Somme. Il est issu du croisement de juments de selle avec des poneys Fjord d'origine norvégienne. Le résultat de ce croisement est un petit cheval (1,55 m au garrot environ), d'encolure puissante et de robe allant du jaune très clair au marron et ayant une raie de mulet obligatoire et des yeux au "khôl" irrésistibles. C'est aussi un cheval très rustique élevé toute l'année en extérieur dans des pâturages plus ou moins marécageux, protégé du froid et de la pluie hivernale par son épaisse toison. La plupart des deux cent chevaux Henson présents dans la baie pacagent en été sur les 10 000 ha du Parc du Marquenterre. Les chevaux sont sélectionnés sur leur aptitude à l'attelage, à l'endurance et au Horse-Ball. Le Horse Ball est une discipline créée en 1977, variante occidentale du Bouzkhatchi afghan, mélange de rugby et de basket à cheval. Sa rusticité et son endurance en font un cheval idéal pour la randonnée.

Si vous voulez en savoir plus sur le cheval Henson, vous pouvez consulter le site http://www.henson.fr

Un tourisme durable inclut un volet vélo

La baie de Somme compte pas moins de 70 km de pistes cyclables dont certaines peuvent être assimilées à des voies vertes : la piste cyclable autour de la baie de Somme mais aussi la voie verte le long du canal de la Somme qui relie Saint Valéry à Abbeville (15 km) et la Traverse du Ponthieu, voie verte de 17 km établie sur une ancienne voie ferrée reliant Abbeville à Conteville : on peut ainsi faire un parcours de 54 km entièrement en site propre. En plus de ces sites propres, treize petits parcours cyclables digestifs de 8 à 28 km (longueur moyenne de 19 km) sont balisés et sont constitués uniquement de petites voies secondaires (routes blanches sur les cartes Michelin) : tous ces parcours sont réunis dans un délicieux petit livret gratuit.

Le Plan Vélo Côte Picarde prévoit à terme la réalisation de 80 km de pistes cyclables reliant la Vallée de l'Authie se jetant à Berck (Nord) à la vallée de la Bresles se jetant au Tréport au sud.

Location de vélos

cliquez sur le logo pour accéder au site de l'association

Il existe plus d'une trentaine de points de location de vélos sur la côte picarde qui se sont fédérés en réseau : uniformité des tarifs (compter 13 €/jour pour un vélo d'adulte en 2007), information et publicité commune sur le site de l'association http://www.relais-velo.com/ et aussi la possibilité de louer un vélo sur un point du relais et de le rendre dans un autre point, un luxe qui se paie cher (une journée supplémentaire de location).
Si vous avez une idée précise sur votre séjour en baie de somme, vous trouverez les points de location vélo sur le site de relais vélo avec deux clés de recherche, l'une par localité, l'autre par catégorie (sport, hôtels, gîtes ruraux, campings, etc.).
Pour avoir une vue synthétique de l'ensemble des points de location de vélos (adresse, téléphone, site internet éventuel), nous vous conseillons de consulter au format .pdf les pages 45 et 46 du guide du voyageur dans la Somme, document réalisé en 2005 par le quotidien régional "Le Courrier Picard".

Réseau Côte picarde à vélo

cliquez sur le logo de l'organisme pour accéder à son site

Vélo de location de noshoes

Noshoes est un prestataire de services du Crotoy adhérent au Relais vélo qui, entre autres, loue des vélos.
Celui-ci a fait appel, comme beaucoup d'organismes de location de vélos, à Intercycles, une entreprise de La Roche sur Yon qui fabrique des vélos personnalisés.
Les vélos de Noshoes dérivent du modèle Beach Bike d'Intercycles, un vélo à 6 viteses amplement suffisant si l'on se contente de balades dans la baie qui est plate (le seul ennemi y est le vent) et si l'on a pour objectif une promenade à allure modérée. On apprécie la forme qui s'inspire des Cruisers anglosaxons, la grosse sonnette, les gros pneus qui assurent un bon amorti des irrégularités de la route et la possibilité d'adjoindre un panier au vélo. On regrette, par contre, l'absence de garde-boues dans un pays relativement pluvieux et, surtout, l'absence d'éclairage fixe.

Pour connaître les nombreuses potentialités de la Baie de Somme, y compris le Plan Vélo, vous pouvez consulter le site http://www.baiedesomme.org

BIBLIOGRAPHIE

La Somme et sa baie

de Noëlle LE GUILLOUZIC aux Editions Equinoxe ; parution mars 2004


©image extraite de "La Somme et sa baie" de Noëlle LE GUILLOUZIC
 

Livre broché au format 17cmx17cm de 150 pages, vendu 22 €
Recueil d'aquarelles sur les sites incontournables de la Somme et de la baie de Somme : la cathédrale d'Amiens, la basilique d'Albert, etc.
L'aquarelle est parfaitement adaptée à la description des doux paysages de la Baie de Somme. Elle contribue aussi à gommer la dureté de la brique. Cette technique traduit mieux qu'une photo ordinaire, l'ambiance des paysages de la Baie.
Ce livre aurait cependant gagné en charme si un écrivain s'était adjoint à l'aquarelliste. Les textes, essentiellement descriptifs, sont en effet trop souvent d'une naïveté désarmante. Les commentaires n'échappent pas à la redondance avec les illustrations comme si l'artiste n'avait pas confiance en la puissance évocatrice de ses illustrations. Un tableau idyllique est également brossé dans lequel "tout le monde, il est beau, tout le monde, il est gentil" : chasse, pêche, nature et traditions. Ceci provoque par moments un certain agacement.

Parc du Marquenterre

Pour les amoureux de nature, le parc du Marquenterre est un lieu incontournable qui s'étend sur 260 ha. Le parc du Marquenterre est une halte pour les oiseaux migrateurs mais aussi, en partie, une réserve naturelle où l'on peut observer la flore et la faune et, en particulier, de très nombreux oiseaux (on y aurait observé 360 espèces différentes d'oiseaux !). Le parc du Marquenterre est quasiment ouvert toute l'année dès 10 h : on peut consulter les horaires et les tarifs du parc sur le site
dans la rubrique "les lieux". Pour les mordus, le parc du Marquenterre possède un blog où l'on peut avoir une idée de la fréquentation du site par les oiseaux mois par mois.

Marquenterre, aigrette garzette;
© Parc ornithologique du Marquenterre / Nathanaël Herrmann

Sites internet

Tous les ans, depuis 1990, au mois d'avril, a lieu le festival de l'oiseau et de la nature. Ce festival est doté d'un site internet, http://www.festival-oiseau-nature.com/ sur lequel on peut admirer plus d'une cinquantaine de photos magnifiques d'oiseaux.
En 2012, Le festival de l'oiseau et de la nature exposait les photos de Steve Bloom, sud africain blanc né en 1953 et grand maître de la photographie de nature et de vie sauvage. On peut apprécier un partie de son talentueux travail sur le site http://www.stevebloomphoto.com/index.html

REVUE DE PRESSE

GEO, N°291 Mai 2003

Ce numéro comporte un article sur les Voies Vertes de 5 pages et un supplément détachable de 20 pages décrivant succinctement 35 voies vertes à travers la France, avec, pour chaque itinéraire, les contacts pour en savoir plus. Cet article était associé à un jeu en partenariat avec Décathlon, filiale d'Auchan et était suivi d'une publicité pour la Fondation Nicolas Hulot qui avait pour thème les voies vertes : belle synergie !
Cet article comporte de nombreuses approximations et confond, entre autres, allègrement véloroutes et voies vertes.
Selon L'AF3V (association Française des véloroutes et voies vertes), une véloroute est un itinéraire qui répond à 4 critères : elle comprend éventuellement des routes peu circulantes (moins de 1000 véhicules/jour et peu de camions) et des portions sur des voies vertes, elle est indiquée par un jalonnement directionnel et bénéficie d'un document d'information.
Toujours selon l'AF3V, une voie verte répond également à 3 critères : c'est un itinéraire en site propre en continuité, accessible uniquement aux chevaux, rollers, piétons et aux handicapés, il est doté d'un revêtement de qualité minimale qui le rend accessible aux VTC et a une longueur minimale de 5 km.
L'un des points capitaux de ces véloroutes est la quasi-absence de côtes, ce qui les rend accessibles à tous les types de cyclistes.
Le développement des voies vertes est très récent en France : la première Voie Verte (Givry-Cluny en Bourgogne) longue de 60 km, résulte de la reconversion d'une ancienne voie ferrée et a été inaugurée en 1997.
Depuis, l'Etat a adopté le 15 Décembre 1998, le Schéma National des Véloroutes et Voies Vertes qui vise à en réaliser 8000 km d'ici 2006. 5 ans après, 4 000 km dont 2500 km de voies vertes sont opérationnelles soit juste la moitié du projet . On ne peut que se réjouir de ce sursaut tardif de la France qui s'inscrit dans une dynamique Européenne : d'ici 2010, douze itinéraires européens devraient innerver l'Europe du nord au sud et d'ouest en est jusqu'à Moscou.
Ce projet a une génération de retard par rapport à d'autres pays européens qui planchent dessus depuis la première crise pétrolière de 1973. Ainsi, la piste du Danube qui rejoint maintenant Vienne, a été créée il y a 25 ans et a une longueur de 600 km.

Un projet français plus que timoré

Ce projet est cependant timide, au regard d'autres pays européens et en particulier de la Hollande qui consacre 10% de son budget d'infrastructures routières aux aménagements cyclables et qui a constitué un véritable maillage de son territoire en pistes et bandes cyclables.

Pays/Régionaire en km²véloroutes en km aire en km² par km de voie verte
Pays-Bas40 84410 0004
Wallonie16 846800 (2000 à terme)21 (8)
Angleterre244 04614 000 à terme17
France547 0264 000 (8 000)137 (68)
Nord-Pas de Calais12 41436346

Le Nord-Pas de Calais lanterne rouge

Toujours pratiquement rien dans notre région qui ne compte que 36 km de voies vertes : 12 km pour la voie verte de la Coulée Verte entre Marquette- lez-Lille et Deûlémont, 24 km entre Armentières et Halluin en Belgique mais celles-ci présentent l'atout d'être reliées au Réseau RAVeL. Cependant, la véloroute reliant Bruxelles à Paris et se connectant à la véloroute ouest-est reliant Le Crotoy à Strasbourg à la hauteur d'Amiens devrait traverser notre région : celle-ci devrait passer par Lille, Lens, Arras et Amiens (Douai a eu le TGV et ne bénéficiera pas de la véloroute !). Une fois de plus, notre région semble cultiver le complexe de l'ancienne zone industrielle et minière qui n'a pas compris les leçons du passé récent : il n'est toujours question que de nouvelles autoroutes (projet A24), d'implantations de nouvelles zones industrielles (Lauwin-Planque) ou de méga-projets touristiques dans l'Avesnois (projet du Val Joly). Le contrat de Plan 2002-2006 est consternant pour le vélo : il prévoit un budget de 7 millions de francs (environs 1 million d'euros) pour les véloroutes, soit 40% du budget vélo dans le cadre du PDU du Douaisis pour une période équivalente et encore cet "effort" financier est fourni pour moitié par l'Etat (aucune contribution des deux départements). Par contre, le budget destiné à conforter et améliorer le réseau routier principal est, pour la même période, de 524 millions d'euros. Ceci n'empêche pas de consacrer à ce 0,2% attribué au vélo, une logorrhée verbale : 6 pages sur un total de 43 pages.

"Small is beautiful"

Le correspondant régional de l'AF3V qui est notre consoeur l'ADAV a proposé une véloroute reliant Lille à Dunkerque. Nous espérons que ce projet sera retenu. Le Douaisis est entouré de nombreuses micro-régions bénéficiant d'un tourisme diffus et populaire, forêt de Marchiennes à l'est, étangs d'Arleux au sud-est, étangs de Biache Saint-Vaast à l'ouest, toutes ces zones étant accessibles par les chemins de halage. Mais un décret obsolète de 1932 interdit toujours les chemins de halage aux cyclistes. Cette interdiction ne peut être levée que par la signature d'une superposition de gestion entre les communes riveraines et Voies Navigables de France. Il serait temps que nos élus fassent un peu preuve d'imagination et sortent des schémas de développement surannés : l'attrait d'une région, tant pour les salariés que pour les entreprises, repose aussi sur son cadre de vie. Notre région est celle qui comporte le plus de friches industrielles. Si l'on veut que notre région ne soit pas qu'une région de transit, il faut arrêter cette politique de la terre brûlée et développer les structures d'un tourisme diffus de faible coût mais aussi générateur d'emploi.