Voie verte Orchies-Fenain

L'Observateur du Douaisis du jeudi 8 mars 2007

Beuvry-Ia-Forêt : La commune bientôt traversée par une voie verte

Dans deux mois, il sera possible de rejoindre Orchies à Fenain à pied ou à cheval. Trois haltes sont prévues sur le parcours, dont une dans le quartier de la Gare.
[..] Il s'agit d'un chantier géré par le Conseil Général en vue de réaliser une voie verte entre Orchies et la gare de Fenain, soit une douzaine de kilomètres réservés à la randonnée non motorisée (pédestre cycliste, équestre...). Cette voie verte emprunte une partie de l'ancienne voie ferrée qui reliait Fenain à Tourcoing. Trois haltes, qui feront office de points de départ, sont prévues sur le parcours. Une à Fenain, une autre au niveau de la gare de Marchiennes et la troisième à Beuvry-la-Forêt.
« Cet aménagement a fait l'objet d'une concertation auprès de l'association Les Amis de la gare, très active dans le quartier », explique Patrick Delattre, chargé de mission au conseil général dans le service des espaces naturels sensibles. [..]

jalonnement à l'ancienne gare de Beuvry

Nature épanouie

Les associations de naturalistes avaient émis quelques bémols quant à la réalisation d'une telle voie. Mais là encore, Patrick Delattre [..] a tenu à rassurer tout le monde : « [..]Il y aura de nombreuses plantations tout au long de la voie. L'entretien du site sera confié à un chantier d'insertion qui adoptera une gestion différenciée. On laissera la végétation s'épanouir en adoptant une taille douce, une à deux fois par an tout au plus. »
Et quand la voie passera à proximité d'une richesse environnementale, pas question de la détruire. A proximité de la gare de Marchiennes par exemple, des mousses et des lichens typiques des milieux pauvres et chauds ont été trouvés. La voie les contournera de quelques mètres. [..] Une portion de la voie ferrée sera conservée sur 200 m entre Orchies et Beuvry. Les travaux, estimés à 1,4 million d'euros et débutés au mois d'octobre, s'achèveront dans deux mois après la pose de panneaux d'information sur la faune et la flore locales. Les marcheurs de la Pévèle n'auront alors plus besoin d'emprunter leur voiture pour rejoindre la forêt de Marchiennes.

Les circuits de randonnée en chiffres

Le conseil général du Nord gère quelque 2 730 km de sentiers pédestres (dont 830 km de circuits de grande randonnée), 1700 km de randonnées cyclotouristiques, 475 km de randonnées VTT et 310 km de randonnées équestres. Par le biais de son service des espaces naturels sensibles, le conseil général veille également au bon entretien d'une centaine de kilomètres classés en voie verte, répartis sur cinq circuits. Deux autres voies sont en cours d'aménagement, la voie verte entre Orchies et Fenain et celle qui reliera Bruay-sur-Escaut à Péruwelz. Une dernière voie verte est en cours d'achèvement dans l'Avesnois entre Ferrière-Ia-Grande et Glageon.

Extraits d'un article de THIERRY SAINT-MAXIN

Accessibilité

Dans le cadre d'un tourisme durable, on aurait aimé que cette voie verte ait pour point de départ et pour point d'arrivée une gare, les gares respectives d'Orchies et de Somain. A titre indicatif, le trajet TER Orchies-Lille dure approximativement 30 minutes (17 à 39 minute), le trajet TER Douai-Somain dure approximativement 15 minutes (13 à 18 minutes). Nous avions d'ailleurs pris nos désirs pour des réalités avec l'un des noms attribués à cette voie verte : vv Orchies-Fenain. Or, en relisant attentivement l'article de l'Observateur du Douaisis, il nous a fallu déchanter. En effet, trois haltes sont prévues dont aucune à la gare d'Orchies pourtant à peine distante d'1,5 km alors que l'emprise de l'ancienne voie ferrée existe encore jusqu'à Orchies. Fait révélateur, le jalonnement de la voie verte n'indique que des parkings voitures. On regrette que les contraintes économiques aient probablement expliqué en grande partie l'arrêt de la voie verte à la hauteur de la D953 qui relie Orchies à Saint Amand. La traversée de cet axe circulant aurait en effet probablement exigé la construction d'un rond-point. On regrette également la fin de la voie verte à Fenain sur un espace qui s'apparente à un terrain vague. Cependant, faute de vision globale, on aurait aimé cependant, à l'image d'un complexe véloroutes-voies vertes, un jalonnement qui parte de chacune de ces deux gares, Orchies d'une part et Somain distante de Fenain d'à peine 3 km.
Fait significatif, lors de notre balade du dimanche 17 février 2008, nous n'avons rencontré que des marcheurs venus en grande partie en voiture (on pouvait compter 7 voitures sur le parking de la gare de Beuvry vers 18h).

D 953 : un accès digne d'"Into the Wild" de Sean Penn

La D953 est bordée de bandes cyclables de chaque côté. Comme vous pouvez le constater, on a d'abord un fossé certes franchissable suivi de 200 m de voies ferrées envahies par l'Aubépine (la photo de gauche décrit mal la traversée de ces 200 mètres.
La volonté semble ici clairement affirmée d'interdire, du moins pour les cyclistes et même pour les marcheurs, un accès à cette voie verte par la D953 même si celui-ci n'est pas impossible.
La distance indiquée sur le fléchage présent à Beuvry (2,25 km pour accéder à un parking sur Orchies) est en fait, du moins pour l'instant, trompeuse car, apparemment, la distance indiquée correspond à l'accès à la D957.

Aménagements

Nous avons au moins rencontré deux type de stationnement du type ci-dessous s'apparentant à un stationnement polyvalent chevaux/vélos. Or si effectivement ce type d'"arceau" assure un maintien du vélo à la verticale, il ne permet pas une bonne sécurisation contre le vol de vélos dans la mesure où il est strictement impossible d'attacher le cadre et une roue au montant vertical.

le Conseil Général du Nord postule au Guiness du nombre de barrières !

Nous avons compté pas moins de 23 barrières pour 12 km de voie verte (pire que sur la voie verte de la Sambre !), soit, en moyenne une barrière tous les 500 mètres ! La distance médiane entre deux barrières consécutives étant de 415 mètres. Il faut savoir également que la plupart de ces barrières sont des barrières doubles tant qu'à faire : une avant la voie traversée et l'autre après la voie traversée.
Selon nous mais aussi selon les recommandations d'aménagement des voies vertes proposées par le CERTU, ces barrières sont inutiles. En effet, si une voie verte est bien conçue, l'emprunt de celle-ci par les modes doux (cheval, marche à pied, vélos) suffit pour dissuader la fréquentation par des modes motorisés (voitures, quad, mobylettes, mini-motos, etc.). Or, malgré la présence de cette pléthore de barrières, cela ne nous a pas empêché de voir des voitures (de chasseurs ?) sur cette voie verte, une mini-moto un dimanche (le 17/02/08) conduite par un inconscient qui promenait sa fille sur la voie, les deux étant bien entendu dépourvus de casques (la connerie est la chose du monde la mieux partagée) et, au moins deux fois, des mobylettes de jeunes autochtones. Bref, tout semble indiquer que cette myriade de barrières a pour objectif principal de dissuader les cyclistes d'emprunter cet axe.

 


intersection avec un chemin agricole

entrée de la forêt de Marchiennes

La loi de l'emmerdement universel

Ces barrières sont pénalisantes pour les cyclistes : à chacun son mode de franchissement soit sur le côté, soit dans la brèche centrale entre les deux barrières. Signalons que, pour un cycliste peu assuré (c'était le cas d'un ami qui venait de se faire opérer de la hanche et ne souhaitait pas effectuer une chute malencontreuse), ce dispositif oblige à poser le pied par terre à chacune de ces barrières. Mais celles-ci sont également inconfortables pour les coureurs à pied car elles sont à hauteur des bras et pour les cavaliers (les flancs du cheval ayant tendance à frotter contre l'espace trop étroit)

Au moins un tiers des barrières totalement inutiles

La fiche VVV n°6 du CERTU précise en page 6 : "Pour le croisement de chemins ruraux non revêtus et trés peu fréquentés, ils (dispositifs anti-intrusion) ne seront généralement pas nécessaires."
Or on a compté au moins 6 barrières de ce type que l'on dénommera agricoles (voir photo ci-dessus) et une barrière "ONF" dont le seul but est d'apposer le logo de cet organisme sur la barrière.

 

Revêtement

Cette voie verte est recouverte en majeure partie d'un revêtement équivalent à de la dolomie. Certes, ce type de revêtement est relativement roulant et la voie verte peut être parcourue en VTC ou vélo de ville. Mais, contrairement à un revêtement en enrobé ou en béton, il exclut d'office les rollers et les personnes à mobilité réduite. De surcroît, cette voie verte n'existant que depuis à peine un an, nous ne connaissons pas l'évolution de la qualité de ce type de revêtement sur la durée. De plus, nous avons emprunté cet axe par temps clément (au moins 5 fois). Nous ne pouvons donc pas vous parler du comportement à la pluie de ce type de revêtement et, en particulier, des éventuelles projection rendant impraticable cette voie verte dans le cadre de liaisons interurbaines au quotidien.
On trouve également une portion de 600 mètres environ d'enrobé fortement dégradé à travers la forêt de Marchiennes et qui, de fait, est encore plus désagréable que la dolomie. Enfin, toujours en forêt de Marchiennes, on a environ 2 km de terre battue sur sous-sol caillouteux dont on craint le pire en cas de pluie.
C'est donc sans surprise que les deux cyclosportifs entr'aperçus empruntaient la route (voir photo ci-dessous).

Sur la photo ci-contre, on remarquera d'abord la piste cavalière recouverte de sable tout contre les peupliers suivie de la piste modes doux.

 

Diversité des paysages

 

 

 

 

 

 

 

Sécurisation

Si l'on excepte les intersections avec les chemins agricoles, l'usager le plus fort, à savoir l'automobiliste, a été systématiquement privilégié puisque chaque intersection est systématiquement sanctionnée d'un panneau STOP sans tenir compte de l'intensité du trafic et de la vitesse pratiquée sur l'axe routier. Par contre, il ne nous semble pas avoir vu de panneaux mettant en garde sur la traversée de vélos. Par moments, on ne rencontre qu'un marquage au sol sous forme de damier vert. Par contre, nous avons regretté le maintien de 4 rebords de trottoir (15 cm de haut), 2 à Beuvry (parking de la gare), les deux autres étant à Fenain. Or, ces rebords de trottoir accroissent l'insécurité des cyclistes : un cycliste soucieux ne pas voiler ses roues, se voit contraint de traverser à pied, accroissant la durée d'exposition au risque routier.

Or, le CERTU préconise le traitement des intersections de façon plus subtile dans sa fiche Véloroutes et Voies Vertes n°6. On peut y lire :

  • Choix du régime de priorité

    en p. 3 : Trop souvent, aménageurs et gestionnaires ont tendance à imposer une perte de priorité à la véloroute, quelle que soit l'importance de la route croisée. Or, pour le bon fonctionnement du carrefour, il est essentiel que cette perte de priorité soit crédible et justifiée. Si la route traversée est un chemin rural très peu fréquenté par exemple (voir photo) ou une voie desservant quelques riverains avec un passage en nombre limité de tracteurs ou d'habitués, la véloroute peut garder la priorité au détriment de la voie traversée. Par défaut, c'est le régime général de la priorité à droite qui s'applique.

Photo ci-dessus à l'intersection avec la route à hauteur de l'ancienne gare de Beuvry

P.K.

Documentation

Véloroutes et voies verte, fiche 6 qui peut être commandée sur le site du CERTU.