Quel avenir pour un système vélo à Lille ?

Cette conférence du 10 janvier 2008 était proposée conjointement par
, , et

avec, pour intervenant Emmanuel ROCHE , consultant du bureau d'études ALTERMODAL INDDIGO de Chambéry (photo ci-contre).
Celle-ci a rencontré un succès imprévu. Plus d'une centaine de personnes étaient en effet venues assister à cette conférence dans une salle de l'IFRESI trop petite pour accueillir un tel public.


photo prise lors de la journée d'étude
de la FUBicy à Lille le 24/04/09

 

Introduction

Les vélos en libre service (VLS) ont été médiatisés par les vélos Decaux (les cyclocity®) se déclinant sous différentes dénominations : Vélo'V à Lyon, Véli'b à Paris, V'Hello à Aix, le vélo à Marseille, le velam à Amiens inauguré le 16/02/08 (un mois avant les élections municipales !), le velOstan lib' à Nancy qui sera inauguré en septembre 2008, le Velodi à Dijon inauguré le 29 février 2008-mais géré par le concurrent Clear Channel-lui aussi peu avant les élections municipales, le vélôtoulouse inauguré le 16/11/2007, le Cy'clic inauguré à Rouen le 22/12/2007, le bicloo à Nantes, etc.
En mai 2010, il existait plus de 150 systèmes de VLS de deuxième et troisième génération à travers le monde (1) répartis essentiellement en Europe et en Amérique du Nord que l'on peut visualiser dans une carte Google régulièrement actualisée par les américains Paul Demaio et Russel Meddin. La carte ci-dessous est extraite de leur blog http://bike-sharing.blogspot.com/
Cette page n'a donc pas l'ambition d'être exhaustive mais espère apporter quelques points de repère et quelques éléments de réflexion.

Pierre KOKOSZYNSKI

View The Bike-sharing World Map in a larger map

L'exemple Lyonnais

Vélo'V : un effet dopant à court terme

E. Roche a montré un graphique montrant la progression apparemment fulgurante du vélo selon les comptages effectués manuellement à Lyon pendant 4 heures à 16 carrefours. On est en effet passé de 4400 vélos (69 vélos/heure/carrefour) en juin 2005, date de lancement du Vélo'V, à 7710 vélos (120 vélos/heure/carrefour) en octobre 2007, soit une progression de 75% en 28 mois (+ 27% par an) dont un quart serait du au Vélo'V. Cependant, si on regarde un peu plus attentivement ce graphique ainsi que les commentaires de ces comptages, la progression n'a été que de 12% par rapport à octobre 2006. En considérant que l'effet météo ait pu jouer un rôle, même en se référant aux chiffres de septembre 2007 (8003 vélos ou 125 vélos/heure/carrefour), la progression n'est toujours que de 16%. On observe d'ailleurs un fléchissement certain de la courbe à partir de novembre 2006 avec, pour la première fois deux baisses, l'une au printemps et l'autre à l'automne alors que la courbe croissait, depuis le lancement du Vélo'V de façon continue. Ainsi, Alors que l'augmentation était continue au cours des 15 premiers mois (+ 43% en moyenne/an), cette augmentation connaît un net fléchissement au cours des 12 derniers mois (+16%) et la pratique cyclable semble à nouveau dépendre des effets météo.

Les VLS ne constituent qu'un outil de la politique vélo parmi d'autres

Si l'on se réfère donc à l'exemple lyonnais, le Vélo'V a en effet permis de sortir le vélo de son anonymat : selon l'enquête ménage-déplacement de 2006, sur Lyon et Villeurbanne, le nombre de déplacements à vélo a été multiplié par 4 en 10 ans passant de la quasi mort clinique (0,02 dépt/pers./jour ou 0,5% des déplacements) à 0,08 dépt/jour/ pers, soit une part modale de 2,4%. On est cependant loin de la part modale du vélo dans certains pays d'Europe du Nord ou certaines villes d'Allemagne où celle-ci dépasse les 20% !
De plus, comme le rappelait notre maître à penser Frédéric Héran, les VLS, loin d'induire l'augmentation de la pratique cycliste, se contentent de l'accompagner, voire de la conforter. On observe d'ailleurs en partie ce phénomène sur le graphique de la pratique cyclable à Lyon où l'on peut voir l'accroissement des déplacements à vélo dès le mois de mars 2005, soit 4 mois avant le lancement du Vélo'V.

Notes et sources

E. ROCHE a en effet rappelé en introduction que la politique de mobilité et en particulier la politique vélo avait plusieurs volets

Précurseurs

1974 : La Rochelle

La Communauté d'Agglomération de La Rochelle mettait à disposition de ses 140 000 habitants 350 vélos jaunes (chiffre 2007) répartis sur 3 points de location.
110 VLS en libre service répartis sur 11 stations, se sont adjoints aux 350 vélos de location. On a donc 460 vélos en location, soit 0,33 vélos de location/100 hab. dont 0,08 VLS/100 hab.

1995 : Copenhague

Le bycyKlen est lancé à Copenhague. Celui-ci est constitué de 2000 vélos entièrement gratuits répartis dans 110 stations mis à disposition des 504 000 habitants de Copenhague (0,4 vélo/100 hab.). Ce système est financé essentiellement par la publicité. La ville de Vienne qui avait souhaité adopter ce système, a finalement du y renoncer face au vol important de vélos et s'est finalement tourné vers les vélos DECAUX;
Pour en savoir plus, vous pouvez consulter le site de bycyklen http://www.bycyklen.dk/ qui possède une version anglaise.

1998 : Rennes

Clear Channel lance des vélos en libre-service dans la ville de Rennes. 200 VLS sont mis gratuitement à la disposition des 210 000 habitants de Rennes (0,1 vélo pour 100 habitants !) pour une durée maximale de 2 heures.
Faute d'un nombre suffisant de vélos, ce système est un demi-échec (en moyenne une location/jour).

Opérateurs

agences de publicité sociétés de transport en commun villes

Deux grands types d'opérateurs se partagent actuellement les VLS

Les Agences de publicité

On remarquera que le seul opérateur coopératif (issu du monde associatif), Movimento, qui propose le système LISA (libre service automatisé) à Toulouse s'est vu bananer par JC DECAUX sur son propre territoire.


Clear Channel est un trust US multiforme aux pieds d'argile : selon un article du quotidien "Le Monde" paru le 06/06/2009, ce groupe aurait un chiffre d'affaire de 4,6 Mds € mais une dette de 15,5 Mds €.

JC DECAUX

Chiffre d'affaires 2009 , 1,9 Mds €

Les sociétés de transports en commun

EFFIA est une filiale à 100% de Keolis depuis le 4 février 2010.
EFFIA a mis en place le système Vélossimo. Elle a, à son actif, le système Vélo+ qui a été inauguré à Orléans en Juin 2007. Trois villes Fleury les Aubrais, Orléans, Saint Jean le Blanc y mettent à disposition des 148 000 habitants 300 VLS (0,2 vélo/100 habitants !)

 

Keolis a, en 2010 (1), pour actionnaire principal la SNCF (56,7%) pour deuxième actionnaire la Holding Kebexa (40,8% du capital) qui regroupe Axa Private Equity, la Caisse de dépôts et placement du Québec et le fonds Pragma. Les cadres de Keolis possèdent, quand à eux, 2,5% du capital.
Elle est responsable, entre autres, de la gestion des transports en commun de la CUB (Communauté Urbaine de Bordeaux), de LMCU (Lille Métropole Communauté Urbaine) et du Grand Lyon. Keolis implantée dans 12 pays fin 2009 a un chiffre d'affaires de 3,6 Mds € en 2009.

Transdev implantée dans 9 pays fin 2009 (chiffre d'affaires de 2,35 Mds € en 2009) a développé un partenariat avec la société SMOOVE pour les vélos en libre service.

Veolia Transports implantée dans 28 pays en 2009 (chiffre d'affaires de 5,86 Mds€ en 2009) a une filiale dédiée au vélo en libre service nommée Veloway qui, fin 2010, a développé les systèmes de VLS à Nice, Vannes et Calais.

DEUTSCHE BAHN

La société de chemins de fer allemande a développé Call a Bike, un système de VLS présent dans 7 villes allemandes en 2008.
L'offre est limitée dans l'année de la mi-mars à la mi-décembre.

ville Année de lancement population en milliers nombre de VLS nbre VLS/1000 hab.
Münich 2001 1 300 (2007) 1 200 0,9
Berlin 2002 3416 (2007) 2 000 0,6
Francfort sur le Main mai 2003 668 (2007) 770 1,2
Cologne   996 (2007) 850 0,9
Stuttgart juin 2007 592 (2007) 633 1,1
Karlsruhe 19 août 2007 286 (2007) 350 1,2
Hambourg 2009 1 775 (2009) 1000 0.6

Sources

les villes

Angers Le Mans Montpellier Tours

Angers : un service de location de vélos totalement gratuit !

Repères

Angers-Loire Métropole

283 000 habitants sur 510 km², soit une densité de 510 habitants/km².
180 km d'itinéraires cyclables, soit 636 mètres pour 1000 habitants ou, plus significatif, 352 mètres/km², ce qui est loin de constituer un réseau structurant.
Part modale du vélo : 3,7% en 1998 sur le périmètre des Transports Urbains regroupant 31 communes d'Angers Loire Métropole, soit pratiquement 2 fois plus que dans l'agglomération lilloise (2% en 1998) et ce malgré une densité de population plus faible (1800 hab./km² sur la métropole lilloise).

Angers

152 700 habitants sur 42,7 km², soit une densité de 3580 habitants/km².
83 km de pistes et bandes cyclables, soit 543 m/1000 habitants, ou encore 1944m/km² et ceci, sans compter les couloirs bus/vélos, les cheminements mixtes piétons/vélos et les zones 30.
1210 arceaux vélo soit 7,9 arceaux vélo pour 1000 habitants.
Un service gratuit de location de vélos, VéloCité, y a créé le 10 septembre 2004 avec 500 vélos. Ce nombre est passé en 2005 à 750 vélos pour franchir les 1000 vélos en 2007, soit 0,65 vélos pour 1000 habitants.
Le contrat de location a une durée minimale de 3 mois et une durée maximale d'un an.
A l'automne 2007, soit 3 ans après la création de ce service, 8350 contrats de location avaient été signés. Le cap des 10 000 contrats de location a été franchi à la mi-janvier 2008.

Sources

Site internet d'Angers-Loire-Métropole
Article "Vélocité fête ses 3 ans" sur le site http://toutangers.canalblog.com/archives/c_d_actualite/index.html
p.11 du résumé du PDU d'Angers Loire métropole.

MONTPELLIER, un vilain petit canard socialiste

En novembre 2008, le gestionnaire des Transports en commun de Montpellier, TAM propose 1200 vélos (1) en location appelés dont

La location était en 2008 de 0,25 €/heure de location (1 € les 4 heures !) avec une durée maximale de 24 heures ramenée depuis à 12 h. Précisons que, contrairement aux vélos Decaux, TAM propose une location à l'année (tarifs 2008) à raison de 80 €/an, 50 €/an pour les possesseurs d'un pass'Agglo (abonnement annuel) et 25 €/an pour les jeunes de moins de 26 ans !
La société TAM est fière d'annoncer un vélo en libre service dont le coût annuel défie toute concurrence (750 €/an en 2007)

Un système en rôdage qui doit encore faire ses preuves

Selon l'article(1) de Montpellierjournal référencé ci-dessous, ce ne seraient pas 320 VLS mais 180 qui seraient disponibles. Sur les 6 premiers mois de fonctionnement des stations en libre service, ce service aurait enregistré 15300 locations soit 0,6 trajet/vélo/jour à "comparer" aux 4,5 trajets/vélo/jour du Vélib' parisien.
Le coût actuel pour la collectivité serait donc de 3,43 €/trajet en VLS pour Montpellier et de 1,83 € par trajet pour Paris (4), soit actuellement quasiment 2 fois plus cher pour Montpellier.
Cependant la comparaison serait plus pertinente si l'on comparait deux agglomérations de taille comparable, les cyclocity de Decaux ayant connu des échecs retentissants, à Aix, par exemple. Au regard d'autres agglomérations de taille moyenne(5), le choix de Montpellier d'un système autonome apparaît relativement pertinent.

Sources

1 : article "Vélomagg' verts : un service sous-utilisé" daté du 2 novembre 2008 sur le site internet de MontpellierJournal.

2 : Montpellier Communauté Urbaine a une population de 376 000 habitants (1999).
3 : Communiqué de presse du 08/08/2008 de Montpellier Communauté Urbaine.

Informations complémentaires

D'autres informations sur la politique de mobilité de Montpellier figurent dans l'article consacré à cette ville dans la revue Ville et Transport du 18 mai 2005.

Deux autres villes dissidentes

Le Mans

Repères

144 000 habitants en 2007 répartis sur 53 km² (densité de 2730 hab./km)
Le Mans Métropole

Tours

Repères

136 400 habitants sur 34 km² soit une densité relativement faible de 3970 hab./ km² (6100 hab./km² à Lille)
70 km de voies cyclables selon la page du site de la ville consacrée au vélo, soit 513 m/1000 hab. ou 2037m/km². Ceci la situerait, toutes choses étant égales par ailleurs, dans les 10 premières villes cyclables du classement paru dans l'Express en 2003 (à titre indicatif, Lille Métropole annonçait en 2005 350m de pistes et bandes cyclables/1000 hab.).
Communauté d'Agglomération de Tours : 266 000 habitants sur 250 km², soit, là aussi, une densité relativement faible de 1040 hab./km² (1740 hab./km² sur LMCU).

Inauguré en septembre 2006, l'agglomération de Tours mettait à disposition de ses 268 000 habitants, 400 vélos dénommés "velociti"en septembre 2006, 800 vélos en septembre 2007 et 1200 vélos en 2010 (soit 0,45 vélo/100 habitants) pour une location de longue durée (3 mois au minimum)


© photo issue du site de la Communauté d'agglomération de Tours, cliquez sur le logo pour accéder au site de la communauté d'agglomération

Un vélo 365j/365, 24h/24 pour le prix d'un abonnement au Véli'b !

Ci-dessous les tarifs en 2008 que l'on peut consulter sur le site de l'agglo Tour+
A titre indicatif, la carte d'abonnement annuel au Véli'b (Paris) coûte 29 € !

Etudiants
abonnés à fil bleu non abonnés à fil bleu
6 €/3 mois 9 €/3mois
+ 2 €/mois supplémentaire + 3 €/mois supplémentaire
24 €/an 30 €/an
Tout public
21 €/3 mois 27 €/3 mois
46 €/9 mois 54 €/9 mois
67 €/12 mois 90 €/12 mois

Sources

Chauvinisme

Quand une bergère (des Monts du Lyonnais) se permit de critiquer les aménagements cyclables de Lille, la réponse fusa immédiatement d'un berger lillois qui critiqua immédiatement les aménagements lyonnais. Fait révélateur, les chiffres 2005 ne permettent pas de départager les 2 protagonistes.

  2005 2006 Résultats 1995-1998 (2)
    agglomération ville centre (1)
agglomération
ville centre (1)
  itinéraires
cyclables

nbre

depts/jour à vélo

part modale
en %
nbre
depts/jour à vélo
part modale
en %
nbre
depts/jour à vélo
nbre
depts/jour à vélo
Grand Lyon 633 m/km² 0,06 1,8 0,08
2,4
0,02 0,02
LMCU 576 m/km² 0,06 1,6 0,09 2,3 0,08 0,06

1 : On prend, pour ville centre, l'ensemble formé par Lyon et Villeurbanne (600 000 habitants) sur le Grand Lyon et Lille uniquement sur LMCU (160 000 habitants).
2 : La dernière enquête ménage date de 1995 à Lyon et de 1998 à Lille.

Ainsi, quelles que soient les villes, on ne peut guère parler, dans le meilleur des cas que de succès d'estime. On est en effet loin du réseau cyclable de Freiburg (2800 m/km²) et une part modale du vélo qui frôle les 30% (28%) et ce, sans VLS !

Sources

Enquête Ménages-Déplacements 2006 de l'aire métropolitaine lyonnaise ; Premiers résultats ; document daté du 22/01/2007 téléchargeable au format .pdf sur le site du SYTRAL (Syndicat Mixte des Transports pour le Rhône et l'Agglomération Lyonnaise)

Velostations

Location de vélos
Passage du stade artisanal au stade industriel

Les pionniers

Avant Decaux, si l'on excepte la location de vélos par des commerçants sur des lieux touristiques, cette location était le fait de villes, d'associations ayant créé un service de location de vélos, d'opérateurs de transports publics, de gestionnaires de mobilier urbain ou de gestionnaires de parkings
En 2003, la FUBicy lançait une enquête partielle sur les vélostations (1). On dénombrait alors au moins 12 vélostations louant au total 1540 vélos, soit en moyenne 128 vélos par vélostation. 6 vélostations de la région parisienne se contentaient, quand à elles, de l'activité gardiennage de vélos.
La distinction entre villes et associations est relativement arbitraire dans la mesure où, comme toute entreprise de transport public, ce type de service n'est financé directement par les usagers que dans une faible part. Une enquête menée par l'ADEME en 2003 indiquait un taux d'autofinancement moyen de 16%, le complément étant apporté par les collectivités locales.

Villes

La Rochelle

Citons, honneur oblige, la pionnière à savoir la Communauté Urbaine de La Rochelle qui lançait dès 1976, son service de location de vélos. Celle-ci loue actuellement 300 vélos, soit 2,4 vélos pour 1000 habitants.

Associations

Au regard de la taille de l'agglomération, deux associations se distinguaient alors.

Opérateur de transports publics

La location de vélos par les opérateurs de transports publics français du moins (voir à ce propos les Call a Bike de la Deutshce Bahn) n'a jamais été qu'un supplément d'âme sans qu'il y ait une réelle volonté de développer ce service.

Roue Libre

Ainsi, la RATP, au travers des maisons Roue Libre, ne possède que 4 points de location de vélos dont trois dans Paris intra-muros et 1 à Neuilly Plaisance provisoirement fermé en juillet 2007 et moins de 600 vélos de location (3) alors que l'Ile de France possède 11,5 millions d'habitants (on a donc moins de 0,05 vélo loué/1000 hab. !).

Gestionnaires de parkings

La remarque concernant les opérateurs de transports publics peut être étendue aux gestionnaires de parking

Ainsi, en 2003, sur Nantes, la société NGE proposait 60 vélos à la location, soit moins de 0,1 vélo/1000 hab.

Gestionnaires de Mobilier Urbain

En 1997, ADSHELL rachetée depuis par CLEAR CHANNEL raflait la mise du mobilier de la Communauté Urbaine de Rennes au nez et à la barbe de son concurrent J.C. DECAUX en proposant 200 vélos en libre service (0,5 vélo/1000 hab.) sur 25 stations.

Velocampus

En 2005, la FUBicy complétait son enquête sur les vélostations en s’intéressant à la location de vélos au public spécifique des étudiants (les vélocampus) avec des tarifs adaptés (4). En plus de 5 vélostations présentes dans l’enquête de 2003 qui offraient ce service, on trouvait 8 nouveaux opérateurs louant en tout 669 vélos soit en moyenne 84 vélos pour chacun de ces opérateurs. L’opération la plus importante étant le vélocampus de Nantes qui louait 300 vélos.

Changement d'échelle

Strasbourg

La Communauté Urbaine de Strasbourg a été la première à passer le cap psychologique des 1000 vélos loués avec 1200 vélos en location (2,65 vélos/1000 hab.) en 2003 au travers du service Velocation géré par l'association Véloemploi qui a une mission de réinsertion de personnes en difficulté et gère l'équivalent de 21 personnes à temps plein. Au terme d'un contrat entre la Communauté Urbaine de Strasbourg et cette association, la CUS a mis à disposition de l'association les 1000 premiers vélos ainsi que les 3 points de location de vélo et lui accorde une subvention annuelle de 152 000 € (moins de 127 €/vélo/an ou encore moins de 35 centimes d'euro/an/hab.). On est donc loin du coût prohibitif du vls d'Aix en Provence : 4 000 €/an/vélo ! En 2007, 260 000 journées de location auraient été effectuées par an, soit 0,57 location/hab./an. 710 500 trajets auraient été effectués avec les velocation, soit 1,6 trajet/jour/vélo.
Même si le système du Vélib' est totalement différent, ce système de location supporte la comparaison : en un an, les 16 000 vélib' parisiens ont connu un peu plus de 26 millions de locations, soit 12,4 location/an/hab.. Si on suppose que les utilisateurs du Vélib' ont un comportement rationnel et n'utilisent de fait leur vélo que pour un seul trajet (seule la première 1/2 heure est gratuite), ce ne sont guère que 4,5 trajets/jour/vélo qui sont effectués par les Vélib' pour un coût déguisé nettement plus important pour la collectivité.
En 2008, les tarifs de location d'un vélo de ville muni de tous les éléments de sécurité mais sans vitesse étaient respectivement de 5 €/ demi-journée, 8 € /jour et 100 € pour 10 mois pour les étudiants.

Sources : Document ADEME de 2005 : "Vélostation à Strasbourg-Association Véloemploi-" dans la série Exemples à suivre

Bordeaux

Cette année là, Bordeaux lançait également, dans le cadre des opérations de réalisation du tramway, un service de prêt gratuit de vélos. Ce service met en 2007 4000 vélos à disposition du public (6,1 vélos/1000 hab.)

Toulouse

L'association Movimento transformée en coopérative était créée en 2002 et louait 1500 vélos (2,3 vélos/1000 hab.) en 2004 sur trois points de location à Toulouse. Cette coopérative employait 25 salariés en contrat d'insertion et avait un budget de fonctionnement de 750 000 €. Cette coopérative se caractérisait par son taux d'autofinancement remarquable (45%) : seuls 55% du budget de fonctionnement de la coopérative était donc pris en charge par les collectivités locales, soit 275 € par vélo (là aussi, on est loin des 3000 € annoncés par Decaux) ou 0,64€ par chaque habitant de la Métropole pour l'ensemble des 1500 vélos.

1 : le compte-rendu de cette enquête sur les vélostations figure dans le bimestriel n°71 de mars-avril 2003 et a été rédigé par Annie-Claude Sebban (doctorante en aménagement et urbanisme) et Bernard Renou, ancien Président de la FUBicy.
2 : Source : ADEME, fiche descriptive d'offres alternatives à la Voiture Particulière et site de l'agence écomobilité
3 : Source : site Roue Libre
4 : le compte rendu de cette enquête sur les vélostations figure dans le bimestriel Vélocité n̊83 de décembre 2005. Celui-ci a été rédigé par Christian de Valence.

 

DECAUX : le rouleau compresseur

Etranger

Europe

Europe

Allemagne

Call a Bike

L'opérateur allemand de VLS en situation de quasi-monopole est la Deutsche Bahn avec le système Call a Bike qui s'est fixé pour objectif d'installer des VLS dans toutes les gares desservies par des ICE (équivalent du TGV français).

Convergence des systèmes de VLS.

 

Au lancement du système, les VLS n'avaient pas de stationnemnent dédié ("Call a Bicke flex") contrairement au cyclocit de Decaux : ceux-ci pourvaient être abandonnés dans une partie définie du centre ville. L'utilisation était payante dès la première minute. C'est l'occasion de dénoncer une publicité mensongère de la part du VLS français de JC DECAUX. La première demi-heure est en effet loin d'être gratuite pour les usagers occasionnels puisqu'ils sont obligés de prendre un abonnement journalier (1 € à Paris) : La première demi-heure d'utilisation coûte donc 1 €.
Depuis, les Call a Bike bénéficient eux aussi d'un stationnement spécifique : ce sont les "Call a Bike fix" . Pour un abonnement annuel de 100 € en 2009, la première demi-heure est également gratuite pour les "Call a Bicke flex", c'est à dire mobiles. Mais les usagers de la Deutshe Bah bénéficient d'un tarif d'abonnement réduit allant de 25 € à 75 €. A En 2009, les abonnés du tramway berlinois bénéficiaient eux aussi d'un tarif d'abonnement annuel à taux réduit.


Call a Bike Hambourg

 


station "Call a Bike fix" à Hambourg

Les VLS de la société Nextbike s'apparentent en partie aux vélos de location de Copenhague. Cette société privée basée à Leipzig et fondée en 2004 compte une vingtaine de collaborateurs sur le site de Leipzig. Celle-ci dispose en Allemagne fédérale, d'un parc de 3000 vélos de location répartis sur une vingtaine de villes, soit une moyenne de 150 vélos par ville. Cette société se rémunère grâce à la publicité (Werbung en allemand) présente sur chacun des vélos et au tarif de location : 1 € de l'heure (toute heure écoulée étant due) avec un maximum allant de 5€ à 8€ par jour suivant les villes.

Autriche

Klimabündnis est une association écologique qui a lancé en 2003, sur 60 communes de Basse Autriche un système de location de vélos, les Freiradl ("vélos libres" qui a compté jusqu'à 800 vélos. Après 5 ans d'expérimentation, le relais a été confié à une entreprise privée (nextbike) en 2008.

Belgique

Région de Bruxelles Capitale

Repères

La région de Bruxelles Capitale est composée de 19 communes dont Bruxelles et comprend 1,05 million d'habitants en 2009 répartis sur 160 km², soit une densité de plus de 6700 habitants/km².
La ville de Bruxelles même compte 143 000 habitants en 2005 sur 33 km² soit une densité de 4400 hab./km² inférieure, contrairement aux autres métropoles, à celle de l'ensemble de la région.

Cyclocity : un cheval de Troie

Bruxelles signe en 2006 un contrat de 15 ans avec la société JCDecaux pour la mise à disposition de 250 cyclocity (0,17 VLS/100 habitants) à partir du 17/09/2006. Les VLS sont limités au Pentagone (4,6 km²), centre historique de Bruxelles dont la superficie représente à peine 14% de celle de la Ville. Le contrat semblait apparemment avantageux puisque le coût annuel est de 240 000 €/an pour l'ensemble du parc, soit 960 €/an/VLS. Ce coût apparemment avantageux peut avoir plusieurs causes. Bruxelles était pionnière. A l'époque, du moins en France, seule Lyon avait développé les VLS à grande échelle dès 2005. Bruxelles est aussi le siège de la Commission Européenne et, à ce titre, peut être considérée comme une vitrine. Enfin, ce marché des VLS n'est pas à dissocier du marché publicitaire.

Un flop retentissant

Ce cyclocity présentait plusieurs invonvénients, il était lourd (24 kg) et ne possédait que 3 vitesses alors que la déclivité à Bruxelles peut être importante. Enfin, même la première demi-heure était payante (0,5 €). Bilan des courses au bout de 3 ans : 53 locations (1) par jour en moyenne pour l'ensemble de la flotte, soit à peine 0,2 location /VLS/jour et un coût pour la collectivité de 12,4 €/location !

Ciclocity est mort, vive Villo !

Sous l'impulsion de Pascal Smet qui était alors Ministre de la Mobilité et, probablement avec la bienveillance de JCDecaux, une profonde refonte du système a été instaurée avec un nouveau nom, le Villo !. Le Villo ! a été inauguré le 16/05/2009 avec un objectif à terme de 2500 VLS répartis sur 11 des 19 communes de la RBC et, après un premier bilan au bout de 4ans, un doublement de la flotte de VLS (5000).. Initialement, le projet incluait une convention tripartite commune-RBC-JCDecaux avec un coût annuel de 1200 €/VLS/an (2). Apparemment, les communes auraient préféré négocier des conventions bipartites, ce qui est pour le moins étonnant, l'union faisant la force en général (serait-ce l'une des conséquences du conflit linguistique qui déchire la RBC ?).
Le Villo ! est plus léger que son ancêtre de 2 kg (22 kg), comporte 7 vitesses et la première demi-heure est gratuite.

Villo ! demi-succès ou demi-échec ?

Si ce n'est l'accroissement du parc, on peut être dubitatif sur le succès réel du Villo avec, de surcroît, des données souvent fragmentaires et hétérogènes.

  • Ainsi, en septembre 2009, soit 4 mois après son lancement , la flotte de VLS a parcouru 428 000 km en 111 jours, soit au maximum 5,3 km/VLS/jour.
  • Selon un communiqué de presse de JCDecaux du 18/03/2010 repris par un article de "La Libre Belgique" , les VLS ont connu en moyenne 780 sorties/jour "pendant les beaux jours", soit au maximum 1,2 locations/VLS/jour au cours de l'été 2009 contre 569 sorties/jour entre le 01/11/2009 et le 07/03/2010, soit au maximum 0,55 locations/VLS/jour au cours de l'hiver 2009-2010 . Le communiqué nous indique que la distance parcourue par l'ensemble des VLS est de 923 444 km, soit à peine 2,25 km/VLS/jour pendant la période hivernale 2009/2010.
L'installation des VLS a été progressive : le système comprenait 700 VLS le 27/05/2009, 1035 VLS le 18/09/2009, 2220 VLS le 22/09/2010 et enfin 2500 VLS au 15/11/2010.


photo prise à la station Villo ! de la Gare du Midi
© photo Pierre Kokoszynski

Extension du système
à l'ensemble des communes

La RBC a décidé de doubler le parc de VLS qui passera à 5000 VLS (4,8 VLS/1000 hab.).

Pour aller plus loin

Quelques associations critiques vis à vis du Villo ! non pas dans le principe d'un vélo en libre service auquel il serait difficile de s'opposer mais sur l'association marché publicitaire/VLS.

Sources

Barcelone

© photo extraite du site de La Clau "Actualité et Société en Catalogne Nord et Sud"

Repères

Barcelon compte 1,6 millions d'habitants répartis sur 91,4 km², soit une densité particulièrement élevée de 17 600 habitants/km².

Barcelone a inauguré en mars 2007 un système de vélos en libre service qui compte, fin juin 2008, 6000 Smartbikes (Clear Channel), soit 3,8 VLS/1000 hab. si l'on prend en compte la seule ville de Barcelone ou 1,2 VLS/1000 hab. si l'on considère l'ensemble de la région métropolitaine de Barcelone. Le nombre de locations/jour serait de 30 000 à 40 000 en jour ouvrable, soit un taux particulièrement élevé supérieur à 5 locations/vélo/jour ! Le coût annuel de l'abonnement était de 24 €, la première demi-heure était gratuite tandis que les 3 autres demi-heures étaient facturées 30 centimes avec une durée de location limitée à 2 heures.

Le VLS concurrence surtout les autres modes durables

Selon un sondage effectué auprès des usagers du bicing en mars 2007, seuls 10% utilisaient auparavant une voiture, 55% utilisaient les transports en commun tandis que 26% se déplaçaient à pied.

Politique cyclable : la charrue avant les boeufs ?

Fin 2007, Barcelone comptait 129 km de voies cyclables, soit un peu plus de 1400 mètres/km². 28 nouveaux km de voies cyclables devaient être créés en 2008. Par contre, Barcelone ne disposait que de 15 000 places de stationnement vélo, soit moins d'une place pour 1000 habitants ! Là aussi, 10 000 nouvelles places de stationnement vélo devaient être créées en 2008.
Avant le lancement du Bicing, entre 30 000 et 40 000 déplacements à bicyclette étaient effectués chaque jour, soit 0,025 déplacement à vélo/jour/personne ce qui correspondrait à une part modale de 0,7% comparable à celle de Marseille !

Source

Article "Un an de Bicing à Barcelone" d'Esther Anaya in le n°95 de Vélocité, journal de la FUBicy, d'Avril 2008, article que l'on peut télécharger au format .pdf.

Londres

Luxembourg

Repères

Le Grand Duché de Luxembourg est un microétat d'une taille inférieure à celle des métropoles françaises : 502 500 habitants en 2010 répartis sur 2600 km², soit une densité de 183 habitants/km² équivalente à celle du Pas de Calais (213 hab./km²). En fait, on peut estimer que cet état doit son existence grâce à son statut de "paradis fiscal" : Luxembourg-ville serait la 5° place financière européenne. Cet état est aussi le siège de nombreuses institutions européennes.
La grande partie de la population est en fait concentrée dans le district de Luxembourg qui compte 364 500 habitants (72,5% de la population du pays) répartis sur 904 km² (densité de 403 habitants/km²).
La Ville de Luxembourg compte, quand à elle à peine 99 000 habitants-soit une population équivalente à celle de Roubaix(Nord de la France)-répartis sur 30 km² (densité d'à peine 1500 habitants/km²).

Bravo à Decaux

Bravo à JCDecaux pour ses ratages à répétition dont il se vante. En effet, un système de 250 VLS JCDecaux appelés ici Vel'oh y a été installé le 27 mars 2010 à Luxembourg, soit 2,5 VLS/1000 habitants pour la ville ou à peine 0,7 VLS/1000 habitants pour le district. Deux ans après, un communiqué de presse de JCDecaux nous apprend, à l'occasion du 2° anniversaire que le système a connu 260 000 locations, soit moins d'1,5 location/VLS/jour. Un article nous apprend aussi qu'un million de km a été parcouru à VLS au cours de ces deux ans et que la flotte est constituée désormais de 496 VLS. Au cours de ces deux ans, au maximum 5,5 km/VLS/jour ont donc été effectués.
Un communiqué du 05/10/2010 sur le site de Vel'oh nous apprend que 360 000 locations ont été effectuées à ce jour, soit à peine plus d'1 location/VLS/jour (1,03) entre les mois de mars 2010 et octobre 2010.

Sources

Article du quotidien luxembourgeois L'essentiel "Un million de km à vel'ho" paru le 18 mars 2010.

Italie

Selon l'article de Wikipédia consacré au VLS et consulté le 05 janvier 2012, 67 villes italiennes auraient adopté le VLS.

Stockholm

Repères

803 000 habitants sur 187 km², soit une densité de 4250 habitants/km²

La petite reine n'est pas prête à détrôner l'impératrice Volvo

Après avoir testé en juillet 2006, 1000 vélos en libre service sur 80 stations, de la société Clear Channel, la ville a doublé son offre au printemps 2008 avec 2000 vélos en libre service sur 160 stations. L'offre demeure cependant modeste : 0,25 vls/1000 habitants ou encore à peine 1 vls pour plus de 400 habitants !
Cependant, Stockholm a été, avec Londres, l'une des villes pionnières pour le péage urbain. De plus, les VLS ne constituent qu'une cerise sur le gâteau d'une politique cyclable mature et conséquente. Un peu plus d'information sur l'article Suède dans la page consacrée au vélo dans le Monde.

Reste du monde

Canada

Montréal

La version nord-américaine du VLS est le

 


BIXI : le VLS de Montreal

Le bixi a été lancé à grands coups de publicité le 12 mai 2009 et possède les mêmes défauts du Ciclocity de Decaux : La société Stationnement de Montreal qui gère par ailleurs 20 000 places de stationnement voiture payantes, gère 5 000 VLS depuis fin 2009, soit 2,7 VLS/1000 habitants. Le budget est de 23 millions de $ canadiens, soit plus de 3 100 €/vélo.

Bixi de Montréal : taux d'utilisation inférieur à celui des métropoles françaises

Au cours des 7 premières semaines, 220 000 locations ont été effectuées, soit environ 1,5 location/vélo/jour ! Le 26 octobre 2009, Bixi annonçait fièrement 1 million de location depuis son lancement, mais cela correspond à moins de 2,3 locations/vélo/jour entre le mois de juillet et celui d'octobre.

City, Bixi and sun

Les statistiques fournies par les prestataires de VLS sont toujours partielles et partiales. Apparemment, l'été 2009 fut un été cycliste à Montréal puisqu'entre le 22/07/2009 et le 13/08/2009, plus de 1,3 millions de km ont été parcourus par les 5000 bixi, soit 13 km/VLS/jour. On peut estimer cependant que la distance moyenne parcourue par une location ne dépasse pas 6,2 km et donc la demi-heure gratuite. On aurait apprécié de connaître la distance totale parcourue par les Bixi au cours de la première année d'utilisation entre début mai et fin novembre. Dans l'hypothèse favorable d'une saison clémente qui commencerait le 20/04 et se terminerait le 30/10 et d'un engouement cycliste qui ne serait pas qu'estival, cela équivaudrait à 2912 km/vls au cours d'une saison de location, soit un coût pour la collectivité de plus de 1€/km.

Le 18 octobre 2010, Bixi annonçait fièrement 3 millions de location pour la deuxième année d'utilisation qui commençait le 20 avril 2010, soit 3.3 locations/VLS/jour en pleine saison. La saison 2010 du Bixi s'est terminée le 30/11/2010 avec 3,3 millions de locations soit un coût pour la collectivité de 4,70 €/location. On notera qu'étant données les rigueurs climatiques, seules 300 000 locations ont été effectuées entre le 18 octobre 2010 et le 30/11/2010. On attend de connaître le résultat de la troisième année car Bixi s'est fixé pour objectif d'atteindre les 5 millions de locations au cours de la saison 2011 (coût de 3€ pour la collectivité par location) et un taux de 5 locations/VLS/jour en pleine saison, c'est à dire de mai à la mi-octobre.

Pour aller plus loin

Le VLS, un gadget ?

Le VLS incontournable ?

En effet, collectivités territoriales n'ont pas toutes une politique cyclable, mais toutes, ou presque, ont leur VLS. Ce sera le cas pour les villes de plus de 200 000 habitants avec l'arrivée du VLS en Septembre 2011 sur LMCU (Lille Métropole Communauté Urbaine). En Octobre 2010, 32 VLS existaient et 80% des agglomérations de plus de 500 000 habitants en étaient pourvues. Ce sont également 80% des unités urbaines (INSEE) de plus de 500 000 habitants qui sont dotées d'un VLS. Seules manquent à l'appel l'Unité Urbaine de Toulon et celle de Douai-Lens à cheval sur deux départements : le Nord et le Pas de Calais.

Même s'il n'est souvent qu'un + dans le cadre d'un package !

Il faut lire à ce sujet le communiqué de presse du 02/04/07 de JCDecaux annonçant le contrat de VLS signé avec la ville de Besançon :
"Ce contrat porte sur 180 abribus, 110 MUPI® (Mobilier Urbain pour l'information) 2m², 53 mobiliers 8m² [....]. Il représente 700 faces publicitaires
Par ailleurs, 200 vélos et 30 stations cyclocity® seront installés.
"
On remarquera la présence révélatrice du "par ailleurs" dans la rédaction de ce communiqué.

mais le VLS est loin d'être universel

Le VLS s'avère un marché de dupes.

cependant, le VLS est universellement fragile

et le VLS est cher, très cher !

Etant donnés les contrats signés, le coût du VLS est loin d'être gratuit contrairement à ce qu'affirment certains. Celui-ci résulte de nombreux critères dont la taille de l'agglomération. On peut avoir une idée du coût réel du VLS de Decaux grâce aux villes qui ont dissocié le marché publicitaire de celui des VLS : entre 2726 €/VLS/an pour Marseille et 3200 €/VLS/an pour Nancy : les 250 vls de Nancy coûteraient 800 0000 € par an à la collectivité dans le cadre d'un contrat de 10 ans (sic !) entre le Grand Nancy et JC Decaux, soit 3200 €/an/VLS. Ceci correspond approximativement au coût habituellement admis pour ceux-ci (autour de 3000 €/an/VLS). Précisons que le Grand Nancy a voulu dissocier le marché des VLS de celui du marché publicitaire. Les VLS de Marseille coûteraient 2726 €/VLS/an(10).
Les 350 VLS de Caen (Clear Channel) coûteraient (7) 405 000 € à la ville soit 1157 €/VLS/an.
En considérant le cas plus que favorable de Lyon où les VLS parcourent en moyenne 2900 km/an (2), on arrive à un coût pour la collectivité compris entre 0,93 €/km (3,5 fois plus cher qu'un vélo perso et égoïste) et 1,10 €/km (4 fois plus cher qu'un vélo perso !).

  • vendredi 04 février 2011

    Le mythe du vélo partagé

    La notion d'autopartage me semble pertinente. la bagnole est en effet un objet coûteux à l'achat et à l'entretien. Son stationnement vorace en espace revient de plus en plus cher (heureusement !). Dans de nombreuses villes, la nécessité d'un parking privé s'impose (45 €/mois à Douai, ville moyenne et presque provinciale). Ce moyen de locomotion est d'autant plus coûteux quand on l'utilise peu. Rares en effet sont les cas où ce mode de locomotion en ville s'avère indispensable surtout si l'on travaille à proximité de son domicile (distance domicile-travail de 1,5 km !). De surcroît, les trajets à la métropole lilloise peuvent être effectués en train, la gare étant distante d'à peine un km du domicile. , autant celle de vélo partagé me laisse dubitatif ! L'existence d'un système d'autopartage sur Douai pourrait s'avérer un jeu gagnant-gagnant.

    La notion de vélo partagé me laisse beaucoup plus dubitatif.

    Comparaison avec un vélo personnel

    A titre d'information, bien que n'étant qu'une "petite pédale", j'ai indiqué les distances parcourues avec mon vélo de ville utilisé uniquement comme "vélo de courses" et pour les trajets domicile-travail. Au cours de la "première" année de comptage, j'ai donc parcouru au total 1966 km en un an , soit en moyenne presque 5,4 km/jour à vélo avec un minimum quotidien de 3,6km au cours du mois neigeux de décembre 2011. 5,4km/jour avec un vélo d'entrée de gamme (Gitane VTC) acheté 350 € en 2006 sur lequel j'ai remplacé les pneus d'origine par des pneus Schwalbe Marathon + pour éviter les crevaisons à répétition (2 x 35 €) et que j'ai bien sûr équipé d'un antivol en U (50 € environ). L'investissement initial est donc de 470 €. L'entretien le plus fréquent réside dans le changement des patins de frein (7€ les 4 patins !). Les poignées de guidon ont été remplacées par des poignées de luxe (16 €) en octobre 2011.Le phare avant ayant été cassé lors d'une glissade par jour de pluie sur les pistes cyclables peintes en vert du SMTD (Syndicat Mixte des Transports du Douaisis) a aussi été remplacé en décembre 2011 par un phare Bush&Müller Lumotec Lyt plus de 25 lux acheté 37 € dont 9 € de frais de port sur le site http://www.cyclo-randonnee.fr/. La roue libre a du être changée en décembre 2011 pour un coût de 57,94 €. Un éclairage mobile a été acheté le 23/01/2012 pour 19.90 (kit Topeak) car le feu rouge arrière ne fonctionne plus. Le cable de vitesse du moyeu arrière a été changé en avril 2012 pour 11,30 €. Une chambre à air a été rachetée 5 € le vendredi 25 mai 2012 suite à une crevaison. Une selle Brooks a été achetée 95 € dans le magasin Lilleàvélo le 08/10/2012. Le montant total (investissement et entretien) s'élève donc à 712,14 € en mai 2012.
    Depuis que ce vélo dort dans le couloir de la maison et non plus dans la cour, plus de problème de vol nocturne. Depuis que l'établissement où je travaille est équipé d'un garage à vélo réservé aux enseignants, plus de problèmes de dégradation diurne non plus. J'avoue avoir utilisé un autre vélo pendant un certain temps à cause des crevaisons à répétition. Je ne peux donc pas affirmer, par honnêteté, que j'ai parcouru plus de 7000 km avec ce vélo.
    Ce vélo personnel est revenu à 0,21 €/km. Remarquons que ce coût correspond aux 0,21€/km d'indemnité kilométrique accordée en Belgique pour les trajets domicile-travail à vélo (1) par certains employeurs, indemnité kilométrique exonérée d'impôts par l'Etat (sic !) Belge depuis 1997. On est cependant très loin du coût kilométrique d'un VLS.
    Pierre KOKOSZYNSKI
    année 2010 2010 2011 2011 2011 2011 2011 2011 2011 2011 2011 2011 total année
    mois 11 12 01 02 03 04 05 06 07 08 09 10  
    distance à vélo en km 114 111 124 147 180 209 256 211 149 (3) 185 180 (4) 100 (5) 1966
    année 2011 2011 2012 2012 2012 2012 2012 2012 2012 2012 2012 2012 total deuxième année
    distance à vélo en km 116 63 104 72 99 150 91 (6) 134 137 137 141 59 1303
    année 2012 2012 2013 2013 2013 2013 2013 2013 2013 2013 2013 2013  
    mois 11 12 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10  
    distance 123 (7)                       123

    Suite au vol du vélo précédent, un nouveau vélo (VTC Giant randonnée Ligero CS 2) a été acheté à Altermove, Lille le 6 décembre 2012 pour 585,95 €, antivol fixe et antivol en U de marque Abus compris. Après un mois d'utilisation, ce vélo a parcouru 120 km et a donc un coût de revient de 4,88 €/km. J'ai pour l'instant l'impression d'être un bobo qui a acheté une voiture de luxe : l'Infinity FX37S Premium BVA reviendrait à 4,56 €/km selon un calcul effectué par l'hebdomadaire "L'argus" pour une période de 5 ans (8) !
    En janvier 2013, des sacoches d'un coût de 57.24 € ont été achetées chez Altermove. Le montant total de l'investissement (vélo + accessoires) s'élève donc à 643,19 €. Fin avril 2015, le coût moyen était de 0,191 €/km.

    année 2012 2013 2013 2013 2013 2013 2013 2013 2013 2013 2013 2013 total en km
    mois 12 01 02 03 04 05 06 07 08 09 10 11  
    distance à vélo en km 120 163 112 168 255 242 253 117 147 166 71 152 1966
    année 2013 2014 2014 2014 2014 2014 2014 2014 2014 2014 2014 2014  
    mois 12 01 02 03 04 05 06 07 08 09 10 11
    distance à vélo en km 112 79 95 133 97 103 127 64 124 59 110 45 3044
    année 2014 2015 2015 2015 2015 2015 2015 2015 2015 2015 2015 2015  
    mois 12 01 02 03 04 05 06 07 08 09 10 11  
    distance à vélo en km 46 45 45 0 (9) 110 88             3378

    Sources et remarques

    • 1 : information sur l'indemnité kilométrique de 0,21€ pour les trajets domicile travail à vélo sur le site du GRACQ-les cyclistes quotidiens
    • 2 : distance moyenne parcourue par les Vélo'V Lyonnais : blog de Gérard Collomb entre autres. On peut y lire qu'en 5 ans les 4000 Vélo'V Lyonnais ont parcouru 58 millions de km, soit 2900 km/Vélo'V/an.
    • 3 : comme tout français qui se respecte, j'ai en fait beaucoup plus pédalé au cours du mois de juillet, en effectuant, en plus des 149 km parcourus avec le VTC, 1030 km avec une randonneuse plus adaptée aux longues distances dans le cadre de balades à vélo diverses (jungle tour et altertour entre autres).
    • 4 : En septembre 2010, 79 km de trajets quotidiens ont été réalisés avec une randonneuse à cause d'une panne rarissime sur le VTC : l'axe de la roue libre s'est cassé.
    • 5 : en septembre 2010, 50 km de trajets quotidiens ont été effectués avec une randonneuse (axe de la roue libre du VTC cassé).
    • 6 : crevaison le vendredi 18 mai 2005 suivie d'un changement de la chambre à air le 25/ mai 2012. Pendant ce temps, l'un des deux autres vélos a été utilisé.
    • 7 : ce vélo a été volé le 17 novembre 2012 à lille.
    • 8 : coût de revient kilométrique de l'Infinity FX37S Premium BVA : ce coût est évoqué dans l'article "A combien vous revient votre voiture ?" écrit le 11 janvier 2013 sur le blog du quotidien "Le Monde" "SOS conso" de Raphaele Rivais.
    • 9 : crevaison fin février 2015 qui n'a été réparée que le 5 avril 2015
  • mardi 18 janvier 2011

    Ville à Vélo n°152 : dossier spécial VLS

    Le Ville à Vélo est le journal de l'ASBL (Association Sans But Lucratif) belge "Le Gracq-Les Cyclistes Quotidiens". Le n°152 est arrivé dans ma boîte aux lettres ce midi. On notera la présence d'un dossier alléchant de 7 pages en page 13 sur les vélos en libre service. Le dossier est malheureusement constitué de courts articles d'une page qui laissent un peu sur leur faim les "accros du vélo au quotidien". L'article à mon avis le plus intéressant est celui consacré à l'alternative "pub contre vls" en page 18. On y découvre que deux petites villes luxembourgeoises ont développé leur propre système de VLS : Dudelange (18000 habitants) avec 40 VLS et Esch sur Alzette (30 000 habitants) avec 150 VLS sur 15 stations et une extension probable à 250 VLS sur 50 stations. Sont citées également comme expériences le Vélospot à Bienne, ville suisse d'un peu moins de 50 000 habitants qui devrait avoir 300 VLS, le système suisse Velopass.L'orignalité de Velopass réside dans la possibilité de louer fin 2010 l'un des 500 vélos répartis sur 7 réseaux présents actuellement dans le sud de la Suisse avec une carte d'abonnement dont la validité est nationale. Enfin le Bicing de Barcelone (société Clear Channel) est évoqué pour son financement original à partir d'une taxe sur le stationnement automobile. ET, cocorico, la ville de Strasbourg et son mode de fonctionnement original sont cités pour son changement dans la continuité avec le système Velhop.

Aix en Provence

Cette ville a mis en place un service de 200 VLS DECAUX répartis sur 16 stations en juin 2007 pour ses 140 000 habitants (0,14 vélo/100 hab. !) au prix faramineux de 817 000 € par an (4) pendant 13 ans pour la gestion du mobilier urbain et celle des VLS (600 000 €), soit 3000 €/an/vélo. Et l'échec est aussi retentissant que le prix payé : 6 mois après son lancement (5), chaque VLS sort à peine 1 fois par jour (29 812 locations en 6 mois soit 0,8 location/vélo/jour et un coût de plus de 10 €/location pour la collectivité). Et la déconfiture ne s'arrête pas là : quelques mois plus tard, la Cour des Comptes (6) nous apprend qu'en avril et mai 2008, il y avait 0,65 location/vélo/jour (soit un coût de plus de 12,50 €/location pour la collectivité !)Il faut dire qu'Aix se distinguait, avec Marseille, pour son appartenance au club très restreint des villes où le vélo avait une part modale de 0% (en fait 0,52% selon l'enquête ménage déplacement de 1997).

  • dimanche 3 juillet 2011

    Aix : enterrement du VLS

    L'article "V’Hello mis en échec : le coûteux rétro-pédalage de la mairie d’Aix" du Progrès de Lyon de ce jour nous apprend que la ville d'Aix met fin au bide monumental du VLS d'Aix (le V'hello) qui avait été dénoncé par la Cour des Comptes. Les 200 VLS V'Hello dont le coût annuel était de 650 000 € (3250 €/VLS/an !) qui avaient été mis sur la voie publique en juin 2007, ont finalement été retirés de l'espace public en mai 2011 faute d'adhérents : le nombre d'abonnés a diminué de moitié entre 2008 (300 abonnés) et 2011 (plus que 143 abonnés) au moment de la résiliation du contrat. Mais l'histoire ne s'arrête bien sûr pas là puisque la ville devra payer une indemité à JC Decaux pour un contrat rompu au bout de 4 ans alors qu'il avait une durée de 13 ans. Cet échec prouve que l'adoption d'un VLS n'est qu'un élément d'un système vélo mais certainement pas la solution miracle pour relancer la pratique cycliste.

    Aix échangerait-il ses v'hello
    contre de la vidéosurveillance ?

    C'est du moins le raccourci qu'ose faire le site aixeninfo.fr dans l'article du 20 avril 2011 intitulé : "Aix échange ses V'Hello contre de la Vidéosurveillance à 1,5 millions d'euros". On y apprend que, lors du conseil municipal du 11 avril 2011, tandis que celui-ci renoncait au VLS qui n'avait jamais dépassé l'hypercentre-ville, ce même conseil adoptait l'extension de la vidéosurveillance : "la ville met la main à la poche à hauteur de 1,5 millions d'euros pour lancer la vidéo surveillance (24 caméras) dans les quartiers, soit 10,5 €/habitant pour la vidéosurveillance.

Quid de Marseille ?

Le 12/10/2007, Marseille a aussi sacrifié à la mode mais sans véritable conviction : 800 VLS pour 821 000 habitants soit l'offre la plus faible (0,97 vélo/1000 hab.) ce qui prouve que le ridicule n'a jamais tué. Mais Marseille adore cumuler les mauvais chiffres en termes de politique cyclable. Outre le fait de faire partie du club des O% de part modale du vélo (en fait 0,31% selon l'enquête ménage déplacements de 1997), elle se caractérise aussi par la faiblesse de ses aménagements cyclables : 70 km soit 85 mètres/1000 hab. ou, plus parlant 292 m/km² (sic !). C'est également l'une des rares villes et l'une des rares communautés d'agglomération qui n'évoque pas sa politique cyclable malgré une prestation de J.C. DECAUX qui lui coûtera 2,6 millions d'euros HT(coût de 2600 € /an/vls), soit 3 €/marseillais/an rien que pour les VLS pendant 15 ans !
La première ligne de tramway a été mise en service en juillet 2007.

VLS de Marseille : un bilan en demi-teinte

Les 1000 VLS marseillais ont connu 950 000 locations en 2008 (2,6 location/VLS/jour soit un coût de 2,87 €/location pour la collectivité). Dès l'année suivante, en 2009, comme dans de nombreuses agglomérations, après un premier engouement, les locations ont chuté de presque 21% (- 20,7%/2008) pour atteindre un peu plus de 753 000 locations en 2009, soit à peine 2,1 location/VLS/jour et un coût pour la collectivité de presque 4 €/location pour la collectivité (coût TTC). Même si l'utilisation des VLS est loin d'être négligeable se situant entre le taux d'utilisation des autres grandes métropoles (4 locations/vls/jour) et celui des agglomérations moyennes (moins de 2 locations/VLS/jour), il faut le resituer cependant avec l'installation malthusienne des VLS à Marseille. Ainsi, la mise en place des VLS correspond en 2009 à à peine plus d'un déplacement en VLS/marseillais/an (sic !), et donc, dans le meilleur des cas, à l'augmentation de 0,1% de la part modale du vélo à Marseille (resic !). Pas de quoi fouetter une sardine !
La chute s'est poursuivie en 2010 avec une baisse du nombre de locations de 15,7% par rapport à 2009, soit une baisse du nombre de locations de presque un tiers en deux ans (-33,2%). Avec à peine 668 500 locations par an en 2010, on a environ 1,83 location/VLS/jour, soit un coût TTC pour la collectivité de presque 4,5 €/location de VLS !


© graphique extrait de l'article "A Marseille, le vélo tente de remonter la pente" écrit par Juline Vinzent le 17 mai 2011 sur le site marsactu.fr

Sources

L'article de Robert Viennet en collaboration avec l'AFP, écrit le 02 juillet 2011 sur le site de Mobili Cités, indique les mêmes chiffres d'évolution du VLS marseillais, sans indiquer, lui non plus, la source des chiffres.

Bordeaux

Repères

  • Ville : 235 000 habitants en 2007 sur 49,5 km² soit une densité de 4765 hab./km² inférieure à celle de Lille ;
  • CUB (Communauté Urbaine de Bordeaux) : 715 000 habitants sur 552 km² soit une densité de 1295 hab./km² équivalente à celle de LMCU (Lille Métropole Communauté Urbaine) ;
  • Part modale du vélo : 9% à Bordeaux et 5% au sein de la CUB ;

Objectif atteint 9 mois après le lancement ?

Selon un article du quotidien "La Dépêche du Midi" du 10 février 2010, la CUB a signé un contrat de 5 ans (période 2009-2013) avec Keolis concernant la mise en circulation, à partir de février 2010, de 1545 VLS appelé VCub pour un montant total de 12 millions d'euros (investissement de 7 M€ (1) + fonctionnement), soit un coût de 1553 €/VLS/an.
L'objectif est particulièrement ambitieux : 2,2 millions de déplacements/an, soit un coût, pour la collectivité, inférieur à 1,10 €/location de VLS mais aussi 3,9 déplacements/VLS/jour avec en moyenne 5 locations/VLS/jour en zone dense et 2,2 locations/VLS/jour en périphérie. 3 mois après le lancement, un bilan du Vcub a été réalisé le 07/06/2010 par Sud ouest : 430 000 emprunts ont été effectués, soit 2,6 locations/vls/jour avec, quoiqu'en dise l'article, peu de différence entre la ville de Bordeaux (87 stations) et la périphérie (47 stations). Un article (9) de Sud-Ouest nous apprend qu'au 14/10/2010, le VCub est millionnaire, ce qui correspond en moyenne à 2,37 locations/VLS/jour (coût de 1,8 €/location) depuis le lancement du système. Mais fait apparemment positif, le nombre quotidien de locations est passé de 4800 en mai 2010 (3,1 locations/VLS/jour) à 6550 en septembre 2010 (4,24 locations/VLS/jour). Il est cependant trop tôt pour crier victoire. Il est souhaitable d'attendre un bilan au bout d'un an et même de deux ans.

Sources

1 : coût de l'investissement : article du 22/02/2010 dans le quotidien "La Dépêche du Midi". Celui-ci parle de l'investissement dans les vélos mais celui-ci inclut probablement la mise en place du dispositif (bornes comprises).

ville pop. ville
en milliers
pop. agglo
en milliers
prestataire nbre VLS VLS/1000 hab.
ville
VLS/1000 hab.
com.
mise
en circulation
Durée du contrat
Amiens 136 177 D 313 2.3 1.77 16/02/2008
Aix en Provence 141.2 333 D 200 1.42 0.6 29/06/2007 13 ans ;
contrat rompu en avril 2011 !
Avignon 90,1 176.1 200 2.22 1.14
Besançon 116.1 176 D 200 1.72 1.14 25/09/2007 15 ans
Bordeaux 235 715 Keolis 1545 6.6 2.2 20 février 2010
Caen 114 220 CC 350 3.07 1.59 22/03/2008
Calais 75 98.5 Veloway 160 2.1 0.76 juillet 2010
CERGY Pontoise   189 JCDecaux 360   1,90 21/03/2009
Créteil 89.4   JCDecaux 130 1.45   10/04/2010
Dijon 153 263 CC 350 2.29 1.33 29/02/2008
Laval 50,6 92.9 Keolis 100 2,0 1,1 21 sept. 2010
Lille 226 1108 Keolis 2000 4.37 1,81 septembre 2011
Lyon + Villeurbanne 602.1 1218 D 4000 6.64 3.28
Marseille 826.7 992 D 1000 1.21 1.01 12/10/2007 15 ans
Montélimar 36 50.3 15 0.42 0.30
Montpellier 248 376 TaM 320 (*) 1.3 0.85
Mulhouse 112 234 D 225 2,0 0,96
Nancy 110 270 D 250 2.37 0.97 27/09/2008 10 ans
Nantes 282 581 D 700 2.48 1.2 05/05/2008 10 ans
Nice 349 536 Veloway 1750 5,0 3.26 juillet 2009
Orléans 117 274 EFFIA 300 2.56 1.09
Paris 2166 11577 D 20600 9.51 1.78 15 juillet 2007
Pau 85 150,5 Keolis 220 2.6 1.46 13 sept. 2010
Perpignan 116.7 250 CC 150 1.28 0.6 16/02/2008 10 ans
Plaine Commune 211,7 346,2 450 Decaux 2,1 1,30 24/06/2009
Rennes (1) 210.5 404 CC 200 0.95 0.5
Rennes (1) 210.5 404 EFFIA 900 4.3 2.2 juin 2009
La Rochelle 77 147 régie 110 1.43 0.75
Rouen 114 405 D 175 1.53 0.43 22/12/2007
Saint Etienne 175.3 376.3 Smoove 280 1,60 0,74 05/06/2010
Strasbourg 273 467 Strasbourg 4400 16 9.4 septembre 2010
Toulouse 437.1 937 D 2400 5.49 2.56 16/11/2007 15 ans
Valence 94,0 (3) 121,5 Transdev 200 2.13 1,65 28 mars 2010
Vannes 53 128 Veloway 180 3.4 1.4 juin 2009
moyenne (2)       1897 2.96 1.38
médiane (2)       313 2.29 1.14
total 5969.4 18564 32248    

Légendes

Prestataires

  • CC : Clear Channel
  • D : Jean-Claude Decaux
  • 1 : Rennes a été pionnière pour la mise en place en 1998 des vélos en libre service (VLS). Le contrat signé avec Clear Channel arrive à échéance. A l’occasion du renouvellement de ce service, la ville de Rennes compte dissocier le marché du vélo en libre service de celui du mobilier urbain dans un souci de transparence financière. La ville a donc lancé un appel d’offre pour 500 vélos en libre service qui devraient être opérationnels mi-2009 contre 200 auparavant avec Clear Channel. L’objectif est d’arriver à terme au chiffre symbolique des 1000 vélos en libre service avec une extension à 4 communes périphériques qui participeraient à hauteur de 50% des dépenses. Avec 1000 VLS pour 253 000 habitants (4 vls/1000 hab.), Rennes serait donc la quatrième ville la mieux équipée en VLS après Paris, Lyon et Toulouse. Avec l’augmentation de l’offre, Rennes espère atteindre le taux d’utilisation des VLS parisiens (environ 5 locations/jour/vélo).
  • 2 : la moyenne et la médiane ont été calculées sans les villes de Bordeaux et Strasbourg.
  • 3 : Les VLS de Valence Major sont en fait répartis sur 3 communes : Bourg lez Valence, Guilherand et Valence.
Source : article du 11 mars 2008 de Séverine Alibeu présent sur le site http://ecologie(sic !).caradisiac.com

Quelques commentaires

On notera, qu'à part les 3 premières communes (Rennes : 1998 ; Lyon : 2005 ; La Rochelle : 2007), de nombreux services ont été mis en place après 2007, soit peu avant les élections municipales de 2008.

Much Ado About Nothing

En consultant le 08/01/2010 l'article de Wikipédia consacré au vélo en libre service, on constate que 8 nouvelles villes ont rejoint le club restreint des 25 villes ou communautés d'agglomération dotées d'un VLS. La majeure partie de ces villes (19 sur 25 soit 76%) sont des villes de plus de 100 000 habitants auxquelles on peut ajouter les Communautés d'Agglomération de Cergy-Pontoise (187 000 habitants) et de Plaine Commune (341 000 habitants). Même Avignon flirte, avec ses 92 000 habitants avec la limite des 100 000 habitants. Si l'on excepte l'extension du Vélib parisien aux communes périphériques, ne subsistent donc que 3 communes (12% des communes dotées d'un VLS) de 50 000 habitants dotées d'un VLS : La Rochelle pionnière en la matière qui a étendu ce service à la Communauté d'Agglomération, Châlon sur Saône (47 000 habitants) et Vannes (53 000 habitants).
Quand aux villes de plus de 100 000 habitants, la moitié seulement est dotée d'un système de VLS.

Un taux d'utilisation en rapport avec la taille et la densité de la ville
mais aussi la densité de VLS

Le club étroit des grandes métropoles

Si l'on excepte Marseille qui ne communique pas sur le sujet, seules les villes de plus de 400 000 habitants ont un taux d'utilisation du vls supérieur ou égal à 4 trajets/VLS/jour.

  • Lyon : 653 237 locations de Vélo'V en septembre 2008 avec un trajet moyen de 1,8 km, soit 5,3 locations/vélo/jour.
    (chiffre extrait de Vélo'V, la Newsletter d'Octobre 2008) . D'autres informations sur le vélo'v lyonnais en haut de cette page.
  • Paris : 26 millions de locations en 1 an entre son lancement le 15 juillet 2007 et le 15 juillet 2008, soit en moyenne 4,5 location/vélo/jour.
    (chiffre extrait de la lettre Vélib' de juillet-Août 2008)
  • Toulouse : 3,85 locations/jour/vélo entre le lancement du VLS le 16/11/2007 et le 16/06/2008. Au cours du deuxième semestre 2008, le taux d'utilisation a légèrement augmenté puisqu'on aurait eu 1 million de locations (2) entre le 16/06/2008 et le 16/11/2008, soit un taux de location compris entre 4 locations/jour/vélo si on suppose que les 2400 VLS sont désormais opérationnels et 4,5 location/jour/vélo si on on ne prend en compte que les 2121 vélos installés à la mi-juin 2008. 2 ans après son lancement, on peut estimer que le système a atteint sa vitesse de croisière avec, en moyenne 10 000 locations par jour (3) soit 4,2 locations/vélo/jour. Ainsi, le VLS contribuerait à hauteur de 0,6 points à la part modale du vélo à Toulouse si on suppose que ceux-ci ne sont utilisés que par les seuls habitants de Toulouse. A titre indicatif, en 2004, soit avant le lancement du VLS, la part modale du vélo était de 2,8% sur l'aire d'étude de l'EMD (Enquête Ménage-Déplacement) de Toulouse. En considérant quil y a 100 000 déplacements à vélo dans l'agglomération toulousaine, le VLS contribuerait à hauteur de 10% dans ces déplacements (4).
    chiffres extraits sur le site de Vélôtoulouse
    • communiqué de presse du 16/06/2008
    • communiqué de presse du 16/11/2008
    • communiqué de presse du 16/11/2009
    • 4 : la communication vélo n'est pas sans contradiction. Ainsi on peut lire dans l'article du 17/03/2010 "Une politique vélo Tous azimuths" sur le site "ToulousePlanète" :
      "Les déplacements à vélo en centre ville sont estimés à hauteur de 10% et représentent 100 000 déplacements journaliers dans l’agglomération."
      Les 100 000 déplacements à vélo sont conformes en fait aux résultats de l'Enquête ménage-déplacement de 2003/2004 qui indiquaient une part modale du vélo de 2,8%. La part modale de 10% du vélo en centre-ville nous semble cependant grossièrement surévaluée. En effet avec une part modale de 10% pour les 437 000 toulousains, on arrive à 170 000 déplacements à vélo pour la seule ville de Toulouse ! L'EMD de 2004 indquait en effet un nombre moyen de 3,91 déplacements/jour sur l'agglomération. Dans ce cas, cela suppose de restreindre le centre ville à sa portion congrue. Quoiqu'il en soit, ce type d'information s'apparente à de la publicité mensongère même si dans le même article, on apprend que l'agglomération de Toulouse a signé en mai 2009 la charte de Bruxelles qui vise un objectif de part modale du vélo de 15% pour 2020 dans l’agglomération.

Villes moyennes : à peine 2 trajets/jour/vls !

  • Amiens : 105 000 locations entre le lancement le 14/02/08 et le 14/11/08, soit en moyenne 1,23 location/jour/vélo et un trajet à 6,68 € (2) ! Alors que le bilan pour les 9 premiers mois était décevant, la situation s'est aggravée par la suite puisqu'au 07/01/2010, on ne comptait que 240 000 locations soit, au cours de la seconde période de 14 mois, 1,03 location/VLS/jour et donc un coût de presque 8 €/location (2) !
    chiffres extraits du communiqué de presse du 14/11/2008 et du communiqué de presse du 07/01/2010 sur le site du Vélam)
  • Mulhouse : 155 000 locations au cours des deux premières années soit à peine 1,1 location/jour/vls en considérant qu'il y avait 200 Vélocité au cours des deux premières années et un trajet à 7,74 € (2) !. 125 000 locations la troisième année soit 1,5 location/VLS/jour et un coût pour la collectivité de 5,4 €/location.
    Sources :
    communiqués de presse du 10/09/2010 "Vélocité fête ses deux ans, c'est l'heure du réabonnement" et du 22/09/2010 "trois ans pour Velocité" sur le site de Velocité Mulhouse.
  • Nancy : 387 685 locations en 2 ans soit, en moyenne, 2,1 location/vls/jour et un coût de 4,13 €/location pour la collectivité !
    On peut cependant noter que, comme ailleurs, après l'engouement de la première année (plus de 200 000 locations), le système s'essoufle déjà : moins de 188 000 locations la deuxième année (baisse de 6%).
    Sources :
    • article du 14/10/2009 "VelOstan'lib fête son premier anniversaire" sur le stie de VelOstan'lib.
    • article "deux ans de tour de roue pour VelOstan'lib" publié le 23/09/2010 sur le site de Velostanlib.
  • Rouen : 100 000 locations entre le lancement du cyclic' le 22/12/2007 et le 13/10/2008, soit en moyenne 1,8 location/jour/vélo et un trajet à 4,53 € (2). Ici aussi, on observe une baisse de la fréquentation avec 116 000 locations entre le 13/10/2008 et le 06/01/2010, soit à peine 1,5 location/VLS/jour et donc un coût de 5,57 €/ocation (2).
    chiffres extrait du communiqué de presse du 13/10/2008 et du communiqué de presse du 06/01/2010 sur le site du cyclic'
  • Besançon, bien qu'étant une petite agglomération (moins de 200 000 habitants), peut être considéré comme une agglomération ou le système de VLS a été adopté. En 3 ans (3), 625 000 déplacements et 430 000 km ont été effectués avec les 200 VLS, soit 2,85 location/vélo/jour. On peut cependant être dubitatif sur l'usage du VLS : les déplacements ont une longueur moyenne de 690 mètres, soit une distance inférieure à la distance moyenne parcourue à pied à Lyon en 1995 (800 mètres). De plus, chaque vélo parcourt à peine 2 km/jour ! Là aussi, on observe un essouflement du VLS. En effet, début 2009, soit un an et trois mois après le lancement, on observait 3,2 déplacements/vélo/jour et une distance moyenne parcourue de 833 mètres/location.
  • Caen fait aussi partie de ces petites agglomérations (à peine plus de 200 000 habitants) où le VLS confié à Clear Channel peut être considéré comme un succès relatif : 400 000 locations la première année (8) soit 3,13 locations/VLS/jour et un coût de 1 €/location.
  • Nantes, avec ses 282 000 habitants, avait, 5 mois après le lancement du bicloo, une position intermédiaire entre les villes moyennes et les grandes métropoles : le nombre de locations était de 2000/jour soit 2,86 locations/jour/vélo et un trajet à 2,87 €. Au bout d'un an, le nombre quotidien de locations n'était plus que de 1700/jour soit 2,43 location/vls/jour et un trajet à à 3,38 € alors que Nantes s'était fixé pour objectif 2500 locations/jour. 2ans plus tard, la chute continue puisqu'au cours de la deuxième année, alors que les objectifs de la ville sont de plus en plus ambitieux (3000 locations/jour), celui-ci n'a été que de 1500 locations/jour en moyenne(chute de presque 12%), soit environ 2,14 location/vls/jour et un coût de 3,84 €/location.
  • 1 : chiffre extrait du communiqué de presse du 24/10/08 sur le site du bicloo
  • 2 : article de Frédéric Brenon "Le mauvais coup de pédale de Bicloo" paru le 09 avril 2010 dans le quotidien "20 minutes"
  • 2 : Le coût du trajet est celui supporté par la collectivité locale. On a estimé le coût du cyclocity de Decaux à 3000 €/VLS/an, coût généralement admis malgré l'opacité de ce type d'information et basé sur les villes ayant choisi de dissocier le marché publicitaire du marché des VLS (Aix, Marseille, Nancy). On a supposé le cycliste intelligent ne louant que le vélo pendant la demi-heure "gratuite" et on n'a pas pris en compte la diversité du coût des abonnements.
  • 3 : Bilan du VlS de Besançon au bout de 3 ans : article consacré au VLS de Besançon sur le site macommune.info
  • 2 : distance moyenne parcourue à pied à Lyon : document "La place du piéton dans la ville" édité par le Centre Ressources Prospectives du Grand Lyon "millénaire3".
  • Bilan du Vélocité de Besançon : Communiqué de presse "Vélocité, Ville de Besançon", Edition de janvier 2009, n°2 que l'on peut télécharger sur le site de Velocité Besançon.

Au vu des exemples précédents, le système de Montpellier, même s'il se traduit par une sous-utilisation des vélos, semble par-contre pertinent économiquement.

Et parfois des bides monumentaux pour les villes moyennes

A Créteil, le VLS semble boudé. En effet 2 mois après son lancement en mai 2010, on n'observe que 933 locations, soit à peine 0,12 locations/VLS et par jour, soit un coût de 68,5 €/trajet !

CERGY-PONTOISE

Repères

La Communauté d'Agglomération de Cergy-Pontoise compte 189 000 habitants en 2007 répartis dans 12 communes sur 78 km² (densité de 2 360 hab./km²).

VélO2 : une remarquable stabilité dans la nullité

Si l'on se réfère aux articles parus dans le quotidien "Le Parisien" parus l'un le 14/08/2009 "Ca roule pour le VélO2" et l'autre paru le 02/06/2010 "le VélO2 a séduit les jeunes", on y apprend que le VélO2 connaît une sous-utilisation chronique avec 56 000 locations depuis son lancement 14 mois plus tôt, soit 0,36 location/VLS/jour et un coût pour la collectivité de 22,76 €/location !

Velcom de Plaine Commune: la palme de l'échec !

Repères

La Communauté d'Agglomération Plaine-Commune comporte 8 communes comptant 346,2 000 habitants répartis sur 42,7 km², soit une densité de 7220 hab./km² équivalente à celle de la ville de Lille.
Plaine-Commune a signé un contrat avec JCDecaux pour l'installation de 450 VLS appelés ici Velcom. L'installation progressive de ceux-ci a commencé en Juin 2009 pour ne se terminer qu'en Juin 2010 avec L'Ile Saint Denis, dernière commune à être pourvue. Cette installation de VLS n'a concerné que 4 communes. Ces 4 communes qui bénéficient du VLS sont Aubervilliers, La Courneuve, l'Ile Saint Denis et Saint Denis. Ces 4 communes rassemblent presque les deux tiers de la population avec presque 219 000 habitants (densité de plus de 7 700 hab./km²).

Velcom, c'est la chute finale !

En un an, les Velcom n'ont connu que 26715 locations, soit 0,16 location/VLS/jour et un coût pour la collectivité de 50,5 €/location (2).
Pire, le taux de dégradation a atteint des records. Depuis son lancement fin juin 2009, 708 Velcom ont été dérobés ou vandalisés (?) en 15 mois : ainsi les Velcom avaient une durée de vie moyenne d'à peine 9 mois !

Un été 2010 chaud : Velcom, go home ?

Au cours de l'été 2010, c'est la quasi-totalité de la flotte qui a disparu avec 224 Velcom volés et 204 détruits ! D'un "commun accord" entre JCDecaux et le Président de Plaine Commune (Patrick Braouezec), les 50 stations Velcom ont été fermées en septembre 2010 et ne devraient rouvrir, dans le meilleur des cas qu'en janvier 2011, soit une fermeture d'au moins 4 mois. Les 350 abonnés longue durée (à peine 0,8 abonné/VLS) auront pour seul lot de consolation un report de 6 mois de leur abonnement. Nul ne sait si Plaine Commune continue à payer pour un service devenu inexistant.

Velcom, un cad(av)re en sursis ?

Depuis le 29 mars 2011, le service Velcom a repris mais ne compte plus que 250 vélos au lieu des 450 du projet initial (12). Bien qu'ils soient dorénavant munis d'un "bracelet électronique", cela n'a pas empêché la "disparition" de 200 d'entre eux en cinq semaines A ce rythem, la totalité de la flotte Velcom disparaîtrait au moins 8 fois par an. Heureusement, ceux-ci ont été retrouvés grâce à la puce électronique mais dégradés bien évidemment. Le taux d'utilisation du VLS est inférieur à 0,32 locations par VLS/jour mais la flotte mise à disposition ayant été divisée par 2, le coût pour la collectivité caché par l'échange VLS/pub reste inchangé : 50,5 €/location !
Chaque nouvel échec du Velcom remet à jour les défauts de ce service : incompatibilité avec le Vélib parisien pourtant riverain ; absence de politique cyclable hormis le VLS (voies cyclables, stationnement vélo, etc.).
Chaque nouvel échec du Velcom incite les élus de Plaine Commune à rechercher un autre système de location (comme à LMCU ?) du type location longue durée (au jour, à la semaine, au mois, à l'année). Une étude dans ce sens vient d'être lancée.

Complémentarité VLS-location traditionnelle

Certaines villes ont affirmé vouloir garder le système de location traditionnelle. C'est le cas, entre autres, d'Amiens avec l'association Véloservice qui loue plus de 1000 vélos, soit trois fois plus que les Vélam.

LMCU

C'est le cas également de LMCU (Lille Métropole Communauté Urbaine) qui lancera,à partir de 2011, un système de location de 10 000 vélos géré par Keolis dont 2000 seulement sous forme de VLS. Ces 2000 VLS devraient être présents sur 12 des 85 communes que compte LMCU (14% des communes). Cette installation sera progressive avec d'abord 1100 VLS en 2011 et la totalité de ceux-ci en 2012. Tourcoing devrait bénéficier de 200 VLS (2,17 VLS/1000 habitants sur la commune) en 2012.

La Rochelle était, en 2008, la seule ville de moins de 100 000 habitants, à avoir mis en place un service de VLS, le Yelo . Elle a fait confiance, pour cela, à la société Flexbike.
La ville de Vannes (54 000 habitants) devrait rejoindre en 2009, le club des villes de moins de 100 000 habitants à avoir un système de VLS. La ville a en effet lancé un appel d'offre de délégation de service public pour 150 à 180 VLS (0,33 VLS/100 habitants). 3 sociétés ont répondu à cet appel d'offres : Flexbike, Transdev et Veolia, les deux dernières sociétés étant également des opérateurs de transport public.

Notes et sources

  • 1 : on a pris pour référence la population des communautés d'agglomération ou des communautés urbaines figurant dans les articles de Wikipédia (2) même si ce type de marché public dépend en général de l'AOT (Autorité Organisatrice des Transports) dont le périmètre ne correspond pas toujours à celui de la Communauté d'Agglomération ou de la Communauté urbaine. Mais les dates de référence pour les populations sont variables suivant les collectivités allant de 1999, date du dernier recensement à 2008. Ces populations ne constituent donc qu'un ordre de grandeur.
  • 2 : coût du VLS à Nancy : article du 11 octobre 2009 "Nancy : Velostan'Lib, un an déjà" sur le site C4N, "media social citoyen" (on regrette que l'auteur de l'article n'ait qu'un pseudonyme "Thomas46954"). On retrouve également cette information dans l'article du jeudi 30 avril 2009 "A l'automne, on pourra louer des vélos à la gare" sur le site http://www.lemans.maville.com/.
  • 3 : VLS en fonctionnement en France: en octobre 2010 : page "Le vélo en chiffres sur le site du Club des Villes et Territoires cyclables".
  • 4 : coût du VLS à Aix : rapport de la Cour des Comptes évoqué dans l'article "le vélo ne fait pas recette à Aix-en-Provence" paru dans "La lettre du Cadre Territorial" n°398 du 1°avril 2010.
  • 5 : bilan du VLS à Aix : article : 'une vélorution en douceur paru dans le quotidien "La Provence" du 30/12/2007.
  • 6 VLS et cour des comptes : pp 37 à 39 du rapport de la Cour Régionale des Comptes du 01/02/2010 sur Aix en Provence
  • 7 : coût du VLS à Caen de 1157 €/VLS : article du 20/06/2008 "V'EOL : Bilan à 100 jours, analyse et propositions" sur le site des Verts de Caen. Il nous paraît cependant que ce coût soit sous-évalué.
  • 8 : Utilisation du VLS à Caen : p.4 du mensuel "Qu'en savons nous ?" n°13 de Juillet 2009 édité par l'AUCAME (Agence d'Urbanisme de Caen Métroopole).
  • 9 : VLS Bordeaux : article de Denis Lherm du 14/10/2010 dans Sud-Ouest. Article particulièrement intéressant puisqu'il fait le point sur les systèmes de VLS dans 6 autres villes (Toulouse, Paris, Marseille, Nantes, Nice et Lyon) et quelques remarques en guise de conclusion de Christophe Raverdy, Président de la FUbicy.
  • 10 : coût du VLS à Marseille : Article "Aix : la chambre des comptes confirme le fiasco des V'Hello" publié dans le quotidien "La Provence" du 03/02/2010. L'information figure égale dans l'article "Marseille adopte un système de vélos en libre-service" publié le 10/10/2006 sur le site France Matin Info.
  • 11 : article de Caroline Richard "Marseille : le vélo en location ne passe pas à la vitesse supérieure" paru dans le quotidien "La Provence" du 15/09/2010.
  • 12 : actualités du Velcom : article "Les Velcom, quel fiasco" paru dans le quotidien "Le Parisien" du 09/05/2011.

Autres pistes de réflexion et d'approfondissement

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