CANICULE 2003

Comme le rappelle le rapport de l'INVS, la chaleur n'est pas la seule responsables des 15000 morts du mois d'août 2003. La pollution de l'air a été un facteur aggravant de la mortalité.
Si vous voulez avoir d'autres éléments d'information sur la pollution de l'air, vous pouvez aussi consulter la page pollution du site de Droit D'Vélo.

Rapport INVS Confirmation de l'INSEE Articles de LA VOIX DU NORD Changement climatique Energie Repères

Rapport de l'INVS (Institut National de Veille Sanitaire)

Retour sur une catastrophe prévisible

La théorie

Les experts du GIEC (groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat) ont estimé le réchauffement de la terre au cours du XX° siècle à 0,6°C. Ils estiment que ce réchauffement devrait s'accentuer dans les années à venir avec une augmentation moyenne de la température comprise dans une fourchette de 1,4°C à 5,8°C.
Météo France prévoit quand à elle une augmentation de 3°C à 4°C pour la France. Météo France a de plus constaté une bonne cohérence entre le modèle prédictif qu'elle utilise Arpège-Climat avec les observations sur le terrain pour les températures minimales estivales.
Mais attention, ce réchauffement moyen de 3°C pourrait se traduire par des réchauffements locaux moyens pouvant atteindre 10°C. De plus, Pierre Bessemoulin, directeur de la climatologie à Météo France, craint une "augmentation des événements extrêmes comme le prédisent les scénarios du GIEC".

Martin Beniston, expert suisse de l'université de Fribourg et négociateur au GIEC, prédit, dans un article publié dans la revue Geophysical Research Letters, que les étés caniculaires risquent de devenir courants dans les 50 à 100 années à venir. Les températures estivales pourraient progresser de plus de 4°C en moyenne, selon les modèles de prévisions, voire de 6°C en Espagne ou le sud-ouest de la France. Soixante jours supplémentaires de températures de plus de 30°C pourraient intervenir dans le sud et l'est de l'Europe.

Source : Le MONDE du 21 février 2004

Les faits

L'InVS (Institut National de Veille Sanitaire) a publié un rapport (1) le 25 novembre 2003 intitulé :
"Impact sanitaire de la vague de chaleur d'août 2003 en France".
Ce rapport comprend un chapitre sur les caractéristiques de la vague de chaleur d'août 2003 qui corrobore la théorie même si certains experts, appliquant le "principe de précaution", se refusent à émettre des conclusions "hâtives".
Les lignes qui suivent sont un compte-rendu du chapitre cité, chapitre de 11 pages disponible, comme le reste du rapport, au format .pdf.
(1) : Pour accéder au rapport, cliquez sur le lien avec l'InVs créé ci-dessus qui vous amène aux publications de l'organisme puis choisissez la rubrique Santé et Environnement

Petites différences et grandes conséquences

Un été chaud mais pas torride

Certes l'été 2003 a été le plus chaud depuis 53 ans tant pour les températures maximales (2° au dessus des trois derniers étés les plus chauds, 1976, 1983 et 1994) que pour les températures minimales (3,5° au dessus de la moyenne pour la période 1950-1980). Mais on a assisté à une montée brutale des températures entre le 1° et le 5 août 2003 (sur 6 jours, + 12°C pour la température maximale et + 7°C pour la température minimale). Cette température s'est ensuite maintenue à un niveau élevé sur la majeure partie des 14 grandes villes étudiées par l'enquête.
Cependant, à aucun moment, les indices biométriques (indice humidex, indice AT de température apparente, indice Hi de chaleur et indice DI d'inconfort) n'ont dépassé les seuils de danger définis dans la littérature. Les experts sont aini amenés à introduire la notion de température critique définie à 7°C au dessus des normales saisonnières et pointent également la brutalité des montées en température qui aurait empêché une acclimatation progressive.

La pollution de l'air : facteur aggravant

Les experts se contentent d'intituler pudiquement leur deuxième chapitre : "Une canicule associée à une pollution par l'ozone"

Brève description du cycle de l'ozone

60% du monoxyde d'azote NO présent dans l'atmophère provient des transports. Le monoxyde d'azote réagit avec les Composés Organiques Volatiles (COV) pour former du dioxyde d'azote NO2. Par photodissociation (action du rayonnement solaire), le NO2 forme de l'ozone qui, à son tour réagit avec le NO pour reformer du NO2. On est donc en présence d'un équilibre chimique qui est ici rompu par un taux élevé de COV : le NO réagit préférentiellement avec les COV, ce qui se traduit par une augmentation du taux d'ozone qui n'est plus détruit. De plus, l'ozone et ses précurseurs peuvent être transportés à des distances supérieures à 50 km. En centre ville où le monoxyde d'azote est très abondant, l'ozone est rapidement détruit. Par contre, dans les zones périurbaines et rurales, l'ozone n'est pas détruit et voit sa concentration augmenter. En période estivale, l'ozone est un bon indicateur de la pollution de l'air.

Impact sanitaire de l'ozone

Deux études épidémiologiques ont été menées, l'une en France par L'InVs, le programme PSAS 9 dit des neuf villes, l'autre au niveau européen, l'APHEA (Air Pollution and Health a European Approach). Ces deux études sont concordantes. L'étude française a estimé à 0,7% la surmortalité liée à une augmentation de 10 microgrammes/m3 de la concentration moyenne horaire d'ozone pendant 8 heures consécutives tandis que l'étude européenne attribuait une surmortalité de 3% pour un dépassement horaire de 50 microgrammes/m3.
Ainsi les experts rappellent qu'au delà des seuils d'information et d'alerte, l'ozone présente une effet délétère sur la santé aux niveaux observés quotidiennement pour les populations urbaines.

Niveaux d'ozone observés au cours de l'été 2003

Le seuil d'information est actuellement de 180 microg/m3 en moyenne horaire, seuil au delà duquel les personnes sensibles ressentent des effets limités et transitoires pour une exposition de courte durée. Une procédure d'information auprès de la population est déclenchée dès que ce seuil est atteint dans deux stations à moins de trois heures d'intervalle.

Sur la métropole lilloise, entre le 25 mai 2003 et le 31 août 2003, le seuil d'information a été déclenché pendant 12 jours, soit plus qu'au cours des quatre années précédentes. Lille se situe ainsi à la septième place des quatorze villes étudiées, loin derrière Marseille (29j), Strasbourg (27j) et Grenoble (24j). Toujours sur la même période, les valeurs maximales horaires mesurées chaque jour ont dépassé 140 microg/m3 dans 25% des cas, 110 microg/m3 dans 50% des cas et 90 microg/m3 dans 25% des cas. Soulignons que ces chiffres (140, 110 et 90) sont supérieurs d'environ 20 microg/m3 par rapport aux quatre années précédentes, y compris par rapport à 2001, l'une des années les plus polluées.
Il y a fort à parier que la situation à Douai était comparable à celle de Lille : si l'on se réfère aux comparaisons des indices ATMO entre ces deux villes effectuées sur 112 jours entre fin août et fin décembre, Douai a un indice ATMO inférieur pendant 13 jours mais aussi un indice ATMO supérieur pendant 9 jours.
Le rapport s'est également intéressé à la moyenne horaire correspondant à la plage des huit heures les plus polluées. Dans la quasi-totalité des villes, la concentration en ozone, au plus fort de la canicule entre le 3 et le 13 août, était comprise entre 130 et 200 microg/m3 pour les quatorze villes étudiées alors qu'au cours des quatre années précédentes, celle-ci était comprise entre 70 et 120 microg/m3.
Le rapport souligne également qu'outre l'ozone, les conditions météorologiques exceptionnelles, dont l'absence de vent, ont contribué aussi à une augmentation des autres polluants dans l'atmosphère (oxydes d'azote, COV et particules).
TIC de l'époque, le rapport se termine en vantant les mérites de l'information en continu sur la pollution grâce à internet alors qu'un tiers seulement des foyers français est connecté à internet au troisième trimestre 2002.

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Les 15 ooo morts du mois d'août 2003 n'étaient pas des personnes
dont le décès était imminent

Suite à la publication le 20 février 2003 par l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) du bilan démographique de l'année 2003, LE MONDE du samedi 21 février 2004, sous la plume de Delphine Saubaber, fidèle à sa tradition de journal d'investigation, revient sur la canicule du mois d'août 2003.

Quelques éléments figurant dans cet article sont rapportés ci-dessous

L'année 2003, avec 549600 décès, est LA PLUS MEURTRIÈRE depuis 1985 (cette année avait été marquée par une vague de froid exceptionnelle).
Le nombre de morts en août 2003 est le plus important depuis 1945.
Même la dernière grande canicule de l'été 1983 avait tué deux fois moins de personnes.
L'année 2003 écoulée a enregistré, selon l'INSEE, 15 400 morts de plus qu'en 2002. Et « c'est bien sûr la canicule qui a le plus fortement contribué à la hausse des décès », affirme l'Insee. Ces chiffres confirment l'étude faite par les épidémiologistes de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Ceux-ci avaient indiqué le 25 septembre 2003 que les fortes températures de la première quinzaine d'août avaient tué 15 000 personnes supplémentaires.

La baisse de la mortalité à partir du milieu des années 70 est due essentiellement à l'apparition du vaccin contre la grippe. La baisse de la mortalité s'était accélérée depuis 1985. Mais la baisse de la mortalité s'est interrompue en 2000, avec une forte accélération en 2003.

Les 15 ooo morts du mois d'août 2003 n'étaient pas des personnes
dont le décès était imminent

Si cette catastrophe sanitaire exceptionnelle s'était contentée d'abréger les jours de personnes mourantes, on aurait du observer, au cours des mois suivants, un nombre de morts nettement inférieur aux moyennes des années précédentes. Or, les estimations de l'Insee, de septembre à décembre 2003, ne montrent pas d'infléchissement de la courbe de mortalité par rapport à la même période de l'année précédente. Selon Aline Desesquelles, chef de la division des enquêtes et études démographiques de l'Insee, cela « signifie que les personnes décédées durant la canicule n'étaient pas nécessairement destinées à mourir au cours du trimestre suivant. Sans canicule, ces morts ne seraient pas survenues »
Si cette absence de sous-mortalité persiste au début de l'année 2004, ceci confirmerait l'hypothèse selon laquelle la canicule a tué de nombreuses personnes qui n'étaient pas en fin de vie. Ceci infirmerait aussi la thèse de l'"effet de moisson" sur des personnes fragilisées, explication avancée pour atténuer l'ampleur de la tragédie.
« Ce qui est catastrophique, conclut Denis Hémon, c'est que ces personnes, qu'elles aient été en fin de vie ou non, soient mortes en grand nombre alors qu'on aurait pu s'organiser pour les éviter. »
La chaleur du mois d'août a provoqué un nombre journalier de décès deux fois et demie supérieur à un jour d'été « normal » (estimé d'après les années 2000 à 2002). Selon l'Inserm, la surmortalité a crû avec l'âge : + 20 % chez les sujets de 45 à 54 ans, + 40 % entre 55 et 74 ans, + 70 % entre 75 et 94 ans. Elle a aussi frappé plus durement l'Ile-de-France et la région Centre : Paris a connu une surmortalité de 127 %. Ce taux a atteint 161 % dans les Hauts-de-Seine.

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LA VOIX DU MERCREDI 16 JUILLET 2003

Page 1 :

La chaleur a entraîné des pics d'ozone

Avec les hautes températures, la pollution à l'ozone, largement due aux gaz d'échappement, a fait un retour en force en métropole lilloise et dans le Douaisis, tandis que la qualité de l'air se dégradait aussi dans le Pas de Calais. Aujourd'hui, la baisse du mercure devrait toutefois entraîner une diminution de cette pollution gênante pour les personnes fragiles

Page 2 :

Ecrasée par la canicule depuis plusieurs jours, la région vit au ralenti

La chaleur déclenche des pics d'ozone

Extraits

Les cafetiers calculent. Peu importe si la clientèle lilloise (étudiants, habitués...) a quitté le Nord pour les vacances. « On travaille suffisamment avec les touristes. » Pour les commerces, le constat est évident, Lille attire de plus en plus (de touristes. L'effet 2004 ? Sans doute.

Le polluant du beau temps fait son apparition avec les très fortes températures. En règle générale, la pollution à l'ozone se forme dans la journée (en partie aussi à cause des gaz émanant des pots d'échappement des voitures), atteint son maximum en fin d'après-midi, pour se dissiper avec la nuit.
Hier, le seuil d'alerte niveau 2 (trois seuils sont prévus par l'administration : 130, 180 et 360 microgrammes d'ozone par mètre cube d'air. Le niveau 3 n'a encore jamais été atteint en France) était dépassé sur la métropole lilloise (les stations de Baisieux et Lesquin indiquaient, hier, 189 et 196 microgrammes), dans le Douaisis (sur les points de Douai, Lambres-lez-Douai et Guesnain, on enregistrait 183, 187 et 186 microgrammes). Dans le Pas-de-Calais, le réseau de mesures Aremartois enregistrait aussi une forte dégradation de la qualité de l'air (Lens, Arras et Béthune avaient une qualité de l'air classée « mauvaise »), sans toutefois dépasser le niveau 2. En cas de dépassement du niveau 2, la préfecture recommande aux personnes sensibles et fragiles d'éviter les efforts physiques, l'utilisation de produits solvants, bref, de faire preuve de sens pratique.

G. C. et Valérie Cormont

Commentaire de notre association : on ne peut que se réjouir de voir LA VOIX DU NORD dénoncer enfin la voiture comme responsable des pics d'ozone. On se souvient d'articles où la chaleur était la principale accusée.

LA VOIX DU NORD DU JEUDI 17 JUILLET 2003

Pollution à l'ozone sur le Douaisis

Lundi et mardi, les taux ont atteint des sommets dans l'arrondissement.

On s'y attendait. Vu la chaleur et le manque de vent. Dans le Douaisis, le niveau 2 de la procédure d'alerte à la pollution de l'air par l'ozone - plus de 180 microgrammes d'ozone par m3 d'air - a été atteint lundi 14 et mardi 15 juillet. Les stations de mesure de l'Association pour la mise en œuvre du réseau d'étude, de mesure et d'alerte pour la prévention de la pollution atmosphérique en Sambre, Scarpe, Escaut (AREMASSE) ont enregistré des concentrations d'ozone anormalement élevées durant ces deux jours. Mardi, vers 15 h, à Douai, un taux de 183 microgrammes par m3 a ainsi été relevé ; la mesure est montée jusqu'à 187 microgrammes par m3 à Lambres-lez-Douai et à 186 microgrammes par m3 à Guesnain. Le niveau 1 - plus de 130 microgrammes par m3 d'air - avait été atteint à Douai dès le samedi 12 juillet.

La préfecture du Nord, alertée par l'AREMASSE, a informé les médias, comme le prévoit la loi sur l'air du 30 décembre 1996. Le niveau 3 (seuil d'alerte), prévu quand la concentration d'ozone est telle qu'il existe un risque pour la santé en cas d'exposition de courte durée (à partir de 360 mg/m3), n'a pour l'instant jamais été atteint.

Anciens mineurs très exposés

Dans son communiqué, le service de l'Etat avance une explication à cette pollution. « Certains des gaz émis par la circulation automobile et, dans une moindre mesure, par les industries, provoquent, par fortes chaleurs et sous l'effet du rayonnement solaire, une formation d'ozone relativement plus importante que dans les conditions habituelles. » La pollution à l'ozone touche particulièrement le centre-ville de Douai, à cause de la configuration des rues de la cité de Gayant : les artères sont plus étroites et les bâtiments plus hauts que dans d'autres villes de la région.

Conséquence : les personnes réputées sensibles, comme les enfantc, les personnes âgées, les asthmatiques et les insuffisants respiratoires peuvent être victimes d'irritations oculaires, nasales et respiratoires. Elles doivent donc éviter toutes les activités physiques intenses et sportives. La préfecture recommande aussi de ne pas fumer, de ne pas s'exposer à la fumée, ni d'utiliser des solvants ou des produits irritants. Elles doivent respecter le traitement médical en cours et consulter un médecin en cas de gêne respiratoire. En cas de malaise, il ne faut pas hésiter à contacter le SAMU ( 15) ou le centre antipoison ( 03 20 44 44 44). Dans le Douaisis, les anciens mineurs sont très exposés.

Histoire de réduire ces émissions, l'utilisation de transports en commun est fortement conseillée. « Les émissions émanant des installations industrielles devront être réduites au strict minimum », indique la préfecture.

Hier, le niveau 1 avait été atteint à Douai à 13 heures. « Météo-France prévoit des perturbations cet après-midi (NDLR, mercredi après-midi). Les nuages arrivent. On peut penser que les concentrations d'ozone vont baisser », indiquait-on, hier après-midi, à l'AREMASSE.

Nicolas FAUCON

Pour obtenir de plus amples informations sur la qualité de l'air, et les précautions à prendre en terme de santé, il est possible d'entrer en contact avec le centre Antipoison : 0 825 812 822 ou avec le serveur minitel : 36 15 AIR-SANTE ou au 01 40 34 76 14.

Commentaire de Droit D'Vélo : il est regrettable, q'une fois de plus, on omette de signaler le vélo comme alternative à la voiture, quand on sait que la moitié des déplacements en voiture ont une distance inférieure à 3 km.

LA VOIX DU MARDI 05 AOUT 2003

Qualité de l'air sur le Douaisis : l'ozone repart à la hausse

Dimanche et lundi après-midi sur Douai et les environs, le niveau d'ozone a franchi un premier seuil d'alerte. Les capteurs atmosphériques de l'AREMASSE ont, dimanche et lundi en début d'après-midi, relevé des concentrations d'ozone supérieures à 130 microgrammes (μg) sur Douai et les environs. En conséquence de quoi, l'AREMASSE a signalé ce fait, pour information, à certaines administrations et services de l'Etat : la sous-préfecture, Météo-France, la direction régionale de l'Industrie, de la Recherche et de l'Environnement, etc. Ce seuil de 130μg correspond au premier niveau dit de vigilance. Le niveau 2 (le niveau de recommandation) est déclenché à partir de 180μg et le niveau 3 (niveau d alerte) quand la concentration d'ozone dépasse 360 μg.
Le temps qui règne sur le Douaisis, où l'on remarque un fort ensoleillement et une absence de vent, se prête à la formation d'ozone. Les rayons ultra-violets du soleil dissocient certaines molécules présentes dans l'air, notamment à cause de la pollution automobile ou industrielle, comme les oxydes d'azote ou ce qui s'appelle les composés organiques volatiles. Ces molécules fragmentées se recomposent ensuite et donnent naissance à de l'ozone. L'apparition de ces fortes concentrations est un phénomène diurne qui disparaît avec le coucher du soleil.
Hier, sur le Douaisis, la qualité de l'air était médiocre. L'indice Atmo, qui mesure cette qualité en prenant en compte différents paramètres et pas seulement le volume d'ozone, était égal à 7, soit l'équivalent de médiocre. Cet indice comporte dix niveaux, de 1 à 10. Pour aujourd'hui, les prévisions sont peu encourageantes puisque l'indice Atmo, sur Douai, devrait être de 8, soit une qualité de l'air mauvaise.

J.-L. R.

 

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Changement climatique

Les profits d'aujourd'hui sont les catastrophes de demain
et les déficits d'après-demain !

Le nombre et le coût des grandes catastrophes sont associées aux décennies.

Hubert REEVES avec Frédéric LENOIR : Mal de Terre

Editions du Seuil : mars 2003
Réédition : Collection Points Seuil en mars 2005, 7,50 €

Site officiel d'Hubert REEVES : http://hubertreeves.info/

Et le huitième jour, Dieu, alias Hubert REEVES, daigna regarder la terre !

"Quinze milliards d'année d'évolution pour l'avènement d'un être capable de découvrir l'origine de l'univers dont il est issu, de déchiffrer le comportement des atomes et des galaxies, d'explorer le système solaire, de mettre à son service les forces de la nature, mais incapable de se mobiliser pour empêcher sa propre élimination ! Voilà en résumé le drame auquel nous sommes confrontés aujourd'hui."

Exposé brillant mais frustrant

L'extrait ci-dessus de l'épilogue du livre illustre parfaitement ce livre de 270 pages (notes comprises) conçu comme une échange entre Frédéric LENOIR et Hubert REEVES. Ce livre impressionne en effet par son exhaustivité sur les problèmes qui frappent notre planète. Il ne manque pas un bouton de guêtre au manteau des maux de notre planète. On ne peut qu'être impressionné par une telle hauteur de vision. Le livre regorge de graphiques dont on aurait aimé connaître les sources pour tous, de sources bibliographiques constituées de livres, d'articles de presse, de rapports et de sites internet.
De surcroît, le livre a le mérite de ne pas sombrer dans le catastrophisme et pointe les signes d'espoir et les retournements de tendance qui ont pu être observés en maints domaines. Citons entre autres :

Ce n'est malheureusement pas le cas d'autres protocoles. Ainsi le sommet de Rio de 1992 s'était fixé pour objectif de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) de 6% à l'horizon 2010 alors qu'un rapport de l'ONU a établi qu'une stabilisation du climat exigerait une réduction des GES de 60% à 80%. Or, entre 1992 et 2001, les émissions de GES ont augmenté de 9% et se sont même accrues de 18% aux Etats Unis. Pour l'instant, le seul mérite du sommet de Rio réside donc dans l'émergence, à travers les media, du problème du réchauffement climatique.

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CNRS

Dans le cadre du projet PRUDENCE (Prediction of Regional scénarios and Uncertainties for Defining EuropeaN Climate Change Risks...), le CNRS a simulé l'évolution du climat au cours du XXI° siècle.
L'analyse de l'évolution du climat cherche à en évaluer les impacts de façon toujours plus fine. Dire en effet que l'augmentation moyenne de la température en France a augmenté de 1° au cours du XX° s. (beaucoup plus rapidement que sur la planète : 0,6°) n'a que peu de signification.
Le CNRS dans son projet IMFREX a donc, entre autres, réalisé des animations concernant différents paramètres sur l'évolution régionale du climat :

Le CNRS a également réalisé deux animations concernant la fraction des jours très froids en hiver et la fraction de jours très chauds en été.
L'une concerne ce que l'on a pu observer au cours du XX° s. et l'autre, ce à quoi on peut s'attendre à partir du modèle ARPEGE.
Celles-ci sont particulièrement parlantes et donnent quelques sueurs froides dans le dos.
Résumé rapide de l'évolution prévisible du climat au cours du XXI° s. : des hivers de plus en plus doux et pluvieux avec une augmentation de température particulièrement importante sur les zones de montagne (finis les sports d'hiver en France !). Par contre, les étés seront de plus en plus chauds et secs.

Emission Terre à terre du samedi 16 juillet 2005

Cette émission de France-Culture animée par Ruth STEGASSY avait invité

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La fonte des glaces du Groënland s'emballe

C'est ce que nous apprend un article du quotidien Le Monde dans son édition du 18.02.06. Cet article signé Hervé Morin, évoque les conclusions des observations effectuées par le Jet Propulsion Laboratory de Pasadena (Californie) et le centre de télésurveillance des calottes polaires de l'Université du Texas et publiées dans la revue Science.
Entre 1996 et 2005, soit en moins de 10 ans, le déficit de glace est passé de 90 km3 par an à 220 km3 par an. En cause le réchauffement de l'atmosphère (+ 3° au Groënland depuis les années 1980 !) mais aussi un changement de comportement des glaciers. « C'est un peu comme si des barrages étaient en train de lâcher », déclare Eric Rignot, chercheur français à Pasadena. Cette fonte est trois fois plus importante que les estimations faites il y a 10 ans. Ce phénomène devrait amener à revoir les modèles du GIEC (Groupe Intergouvernemental d'experts sur l'Evolution du Climat qui prévoyaient jusqu'ici une élévation du niveau de la mer comprise entre 9 et 88 cm d'ici à 2100. Pour mémoire, la fonte totale de la calotte Groënlandaise provoquerait une élévation du niveau de la mer de 7 mètres !
Ce phénomène de fonte accélérée des glaciers est généralisé. La perte de masse des glaciers de l'Antarctique serait équivalente à celle de ceux du Groënland. Les glaciers fondent aussi dans l'Himalaya qui constitue le château d'eau de l'Asie dont dépendent 2,5 milliards de personnes. La fonte des glaciers des Andes et de Patagonie fait craindre des glissements de terrain et des coulées de boue catastrophiques.

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La forêt française menacée dès aujourd'hui
par le changement climatique ?

C'est ce que semble indiquer un article signé Pierre Le Hir et paru dans le quotidien ©Le Monde.fr daté du mercredi 1° mars 2006 concernant la forêt domaniale de Vierzon.
Le mal est apparu il y a cinq ans. Sur les 2000 ha couverts de chênes pédonculés dans cette forêt domaniale, 200 sont anéantis et 1000 autres en piteux état.
Un dépérissement aussi rapide et d'une telle importance n'a jamais été observé depuis 1750, c'est à dire aussi loin que remontent les archives de cette forêt domaniale.

On assisterait à une conjonction de causes défavorables :

Bien que le chêne ait une capacité d'adaptation importante, les forestiers craignent que le changement climatique actuel trop brutal risque d'être fatal au chêne pédonculé.
Ce serait d'une part tout un imaginaire national qui disparaîtrait : tout le monde a entendu parler du « bon roi Saint Louis rendant la justice sous son chêne. C'est aussi toute une filière bois qui serait menacée, le bois de chêne ayant une forte valeur ajoutée. Ce pourrait être enfin une forte dégradation des sols, de la flore et de la faune car les forestiers n'excluent pas de devoir convertir certaines chênaies en résineux. Or les forêts de résineux sont un véritable désert écologique.

P.K. pour le résumé de l'article

Repères :

Sur les 15 millions d'ha de la forêt française, les chênes en recouvrent 5,5 millions

Des océans transformés en marmite ?

C'est ce que semble indiquer une étude de chercheurs du Georgia Institute of Technology publiée dans la revue Science du vendredi 17 mars 2006. Selon ces chercheurs qui ont étudié l'activité cyclonique depuis 1970, le facteur principal de hausse des cyclones violents est du à l'augmentation de température de surface des océans dans la zone tropicale.

L'hémisphère sud touché à son tour

L'article paru dans le quotidien Le Monde daté du 21.03.06, qui évoque cette étude, précise également que le nord-est de l'Australie a été balayé le lundi 20 mars 2006 par le plus violent cyclone que le pays ait connu depuis 30 ans.

La planète bleue deviendra-t-elle une planète grise ?

L'océan de plus en plus acide
LE MONDE | 17.06.06
© Le Monde.fr

C'est ce que laisse craindre l'article "L'océan de plus en plus acide" de Stéphane FOUCART paru dans l'édition du quotidien Le Monde datée du 18/06/06.
L'augmentation de la concentration en gaz carbonique (CO2) de l'atmosphère (+ 25% depuis le début de l'ère industrielle) s'est accompagnée mécaniquement d'une augmentation du CO2 dissous dans l'eau de mer. Ce phénomène tend à augmenter la concentration en ions H+ qui a augmenté elle-aussi de 25% et donc à acidifier l'eau de mer qui a vu son PH baisser.

Le Plancton menacé

Or, cette acidification de l'eau de mer fait chuter la concentration en carbonates, l'un des éléments nécessaire à la formation de l'exosquelette du phytoplancton et du zooplancton. D'ores et déjà, selon un article publié dans la revue Nature, le zooplancton aura disparu dès 2030 dans certaines zones du Pacifique et dans tout l'Océan Austral.
Mais le zooplancton, les ptéropodes en particulier, constituent l'alimentation d'un certain nombre de poissons : le merlu, le saumon, la morue et même la baleine à certaines périodes de l'année.
De plus, "deux tiers des coraux d'eaux profondes présents dans les mers froides, et notamment au large de l'Europe, sont menacés de disparition avant 2100" selon M. James ORR, chercheur au Laboratoire des Sciences du Climat et de l'Environnement. Or, toujours selon M. ORR, ces coraux servent, entre autres, d'habitat pour certains poissons.

Repères :

  • 100millions de tonnes : c'est la quantité totale des pêches de capture tant continentales que marine au niveau mondial en 2002.
  • 16 % : c'est la part moyenne des protéines d'origine animale fournies par le poisson au niveau mondial. Mais pour 2,6 mililards de personnes, les produits de la pêche représentent au moins 20% de l'apport protéique d'origine animale.
  • 40 millions de tonnes : c'est la quantité totale de poissons issue de l'aquaculture. Cette production est en progression rapide (+ 30% entre 1998 et 2002).
  • 25 % : c'est la part des stocks de poissons issus de captures marines, surexploités ou épuisés en 2000 (celle-ci n'était que de 10% au milieu des années 1970).

Source des chiffres : cliquez sur l'image pour accéder au site de la FAOFAO : "La situation mondiale des pêches et de l'aquaculture" consultable au format .pdf sur la toile

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Energie

LE MONDE DIPLOMATIQUE Janvier 2005

Dossier de 7 pages : "ENERGIE : DEMAIN, LA PANNE"

Excellent dossier réalisé par

  • Elaine BAKER ;
  • Denis BARBUSIAUX, Directeur de recherche associé à l'IFP (Institut Français du Pétrole) ;
  • Pierre René BOUQUIS, ancien Directeur Stratégie et Planification du groupe TOTAL ;
  • Emmanuelle BOURNAY ;
  • Benjamin DESSUS, Président de l'association Global Chance, Meudon ;
  • Roland LEHOUCQ, Astrophysicien au CEA (Commissariat à l'Energie Atomique) ;
  • Philippe MÜLSTEIN, Ingénieur ;
  • Philippe REKACEWICZ.


©Robert et Shana PARKE HARRISON in "The Architect's Brother"

Ce dossier est superbement illustré de photographies de Robert et Shana PARKE HARRISON issues du livre "The Architect's Brother", Twin Palms Publishers, Santa Fe (Etats Unis) dont vous pouvez admirer quelques superbes extraits sur le site internet de ces deux artistes
Ce dossier comport bien évidemment une bibliographie et des adresses de sites internet.

Ce dossier commence par dénoncer les limites des chimères technologiques que sont le projet ITER de fusion thermonucléaire, la pile à combustible fonctionnant à l'hydrogène ainsi que le captage et le stockage dans le sous-sol des émissions de CO2 produites par les centrales à gaz et à charbon. L'évocation de ces innovations n'aurait pour seul but que d'éluder le vrai problème de la diminution des émissions de CO2 et donc d'une moindre consommation énergétique.
Celle-ci passe bien évidemment par le développement de modes de déplacement durables, transports en commun entre autres, une urbanisation maîtrisée mais aussi un développement économique auto-centré. En effet le développement exponentiel du transport de marchandises est lié à l'éloignement de plus en plus grand entre les lieux de production et ceux de consommation. La production a en effet tendance à être délocalisée dans les pays se caractérisant par un moins disant social. A titre d'exemple, un rapport de l'Institut Allemand de Wuppertal montrait en 1993 que les "différents ingrédients nécessaires à la fabrication d'un simple pot de yaourt aux fraises cumulaient 3500 km avant d'être réunis".
Le dossier présente également le scénario prévisionnel de l'AIE (Agence Internationale de l'Energie) qui prévoit une augmentation des deux tiers de la consommation d'énergie à l'horizon 2030 et une augmentation consécutive des émissions de CO2 de 70%.
Deux scénarii prospectifs sont également présentés. Le scénario "Noé" du CNRS et ceux de l'IIASA (International Institute for Applied Systems Analysis). Les scenarii volontaristes sont basés essentiellement sur une faible demande énergétique et non sur un développement des énergies renouvelables. La différence entre les scenarii au fil de l'eau et les scenarii volontaristes, est équivalente à la consommation énergétique actuelle, soit 10 milliards de TEP.

Droit dans le four !

Si les tendances observées depuis une quarantaine d'années se poursuivent, les transports de marchandises dans les PVD (Pays en voie de développement) devraient dépasser ceux effectués dans les pays du Nord dès 2020. Quand aux distances parcourues par les voyageurs en véhicules motorisés dans les PVD, ils devraient être supérieurs à ceux du Nord à partir de 2030.
Ainsi, la nécessité inévitable d'une décroissance soutenable est évoquée brièvement, ce qui suppose bien évidemment un partage plus équitable des richesses produites tant au sein même des nations qu'entre les différentes nations de la planète terre.

Le mythe des agrocarburants

Extrait d'un message envoyé le 25 mai 2006 sur le forum de France 2

Nous sommes deux étudiants dans une école d’ingénieurs à Rouen. Suite au journal télévisé de 20H du 22 mai 2006, nous souhaiterions réagir au reportage consacré au bioéthanol où nous pouvions voir le ministre de l’économie rouler dans une voiture à éthanol importée du Brésil.
[..]Vous avez clairement présenté le Brésil comme un exemple à suivre et à appliquer en France, allant même jusqu'à déclarer en fin de reportage que «  la betterave remplacera le pétrole » !!  
Cependant nous souhaiterions vous apporter ces quelques précisions : comme vous l’avez déclaré, il faudrait 1,5 hectare de betterave cultivés par automobile. Sachant que la surface cultivable de la France est de : 30 millions d’hectares et que le nombre d’automobiles en circulation en France est de : 36 millions dont plus de 600 000 véhicules de plus de 5 tonnes.    Un calcul digne d’un CP : (36 000 000*1,5= 54 000 000. 54 000 000/ 30 000 000=1,8) montre qu’il faudrait couvrir 180% de la surface cultivable française avec des betteraves (pour fournir en carburant les véhicules circulant en France) ! Peut être aurait il été intelligent de faire ce simple calcul pour démontrer qu’au contraire : « la betterave ne remplacera pas le pétrole »
 
Nous pensons qu’il est grave de faire croire aux gens que le pétrole pourra être remplacé par la betterave, que tout va bien, que nous pouvons continuer à consommer sans nous faire de soucis… et même qu’avec un peu de chance le biocarburant sera même moins cher que notre essence puisqu’il serait subventionné par l’état, tout comme en Allemagne ! Le seul problème selon vous étant simplement d’installer des pompes partout [..]
Nous sommes d’accord que l’addition (environ 10 % si l’on suit nos engagement avec l’UE)  de biocarburant dans l’essence permet de réduire légèrement l’émission de CO2 et que c’est un effort à faire. Cependant, la France et le Brésil ne sont pas comparables, la surface cultivable du brésil s’élève à 152 millions d’hectare soit 5 fois celle de la France et son parc automobile d’élève à « seulement » 20 millions de véhicules soit 55% du parc automobile français (1). Il est donc utopique de croire que nos réservoirs seront remplis avec du jus de betterave d’ici 2010.
 
 
Nous  sommes sincèrement inquiets de l’impact d’un tel message sur une population que l’on sait déjà sous informée dans ce domaine de l’énergie. Vous semblez parfaitement refléter cette désinformation. De plus nous savons pertinemment que bon nombre de nos concitoyens n’ont pas le même recul à l’égard du sacro-saint  « JT de 20 h » et prennent vos informations comme argent comptant.

Un message posté sur le même forum le 26 mai 2005 précise qu'ils ont fait le même calcul et sont arrivés aux mêmes conclusions.
Le mensuel National Geographic fournit la même estimation en pages 23 et 26, dans son dossier consacré aux énergies renouvelables paru dans le numéro d'octobre 2005 et écrit par Michael Parfit : "Si tous les véhicules du monde devaient fonctionner aux biocarburants, il faudrait doubler la surface des terres agricoles."
Terminons enfin par les chiffres de Jean-Marc Jancovici (2) estimant les surfaces nécessaires pour remplacer les importations actuelles de pétrole (environ 100 millions de tonnes en 2002).

Surfaces nécessaires pour produire les importations de pétrole françaises
production
végétale
en % du territoire métropolitain en % des surfaces agricoles
Betteraves 205% 733%
Colza 626% 2240%
Blé 549% 1964%

Plan éthanol :
une réponse hors sujet de l'état Français
face au défi du réchauffement climatique ?

C'est ce qu'affirme le RAC (Réseau Action Climat) France dans l'éditorial d'Octobre 2006 d'Infos de Serre intitulé :
"Ethanol : une fausse solution écologique".
Le 4 octobre 2006, Dominique de Villepin, premier ministre de la France, lançait en fanfare le plan de développement des agrocarburants. Ce plan laisse plus que sceptique le RAC-France.

Un bilan quasi-nul pour les émissions de gaz à effet de serre

Selon cet éditorial cosigné par un représentant de la Confédération Paysanne, un représentant du RAC-France et un représentant de la FNAB (Fédération Nationale d'Agriculture Biologique) il faudrait 0,91 tep (tonnes équivalent pétrole) pour produire 1 tep à partir du blé, 0,84tep pour produire cette même tep à partir de la betterave avec les conditions actuelles de la production agricole française (utilisation d'engrais et de pesticides). Le seul biocarburant qui aurait une efficacité énergétique proche d'un facteur 4 serait l'huile végétale pure produite à partir de colza ou de tournesol. Celui-ci permettrait de diviser par 10 les émissions de gaz à effet de serre et pourrait remplacer le fioul rouge utilisé par les agriculteurs qui est presque complètement détaxé

Un bilan négatif pour le consommateur :

Pour une même efficacité énergétique, 15 litres d'E85 (carburant composé à 85% d'éthanol et 15% d'essence) remplaceront 10 litres d'essence ordinaire, ce qui en limite sérieusement l'intérêt pour l'automobiliste même s'il est vendu 0,80 €.

Une catastrophe pour l'Etat.

Pour arriver à ce prix compétitif, l'E85 devra être complètement défiscalisé. L'Etat se privera ainsi, sur ce carburant, des recettes de la TIC qui a remplacé la TIPP (Taxe Intérieure sur les Produits Pétroliers). A l'horizon 2010, ce manque à gagner devrait être de l'ordre de 1,3 milliards d'euros qui pourraient être plus efficacement utilisées dans les économies d'énergie , le développement des TC (et un plan volontariste de développement du vélo : note du webmestre).

Ce point de vue rejoint celui de Jean-Marc Jancovici qui estimait dans un entretien radiophonique que ce plan éthanol est avant tout un problème de politique agricole française en réponse à la baisse des subventions à la production agricole au niveau européen.

1 : On peut préciser par ailleurs que le taux d'équipement en automobiles du Brésil (186 millions d'habitants en 2005 selon l'encyclopédie libre Wikipedia (2)) est quasiment 6 fois plus faible que celui des français : 10 voitures pour 100 habitants au Brésil contre 58 pour 100 habitants en France.
2 : chiffres parus dans les pages consacrées aux biocarburants (pp. 222 à 224) de l'excellent livre de Jean-Marc JANCOVICI :
L'avenir climatique
Quel temps ferons-nous
réédité en Collection Points Seuil, février 2005

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REPERES

Baril de pétrole

Un baril de pétrole contient 159 litres de pétrole brut. Certains précisent "dont 2 litres de sang" à cause des nombreuses guerres et exactions commises à travers le monde pour s'approprier cette énergie.

500 kg de CO2

C'est un objectif transitoire à l'horizon 2050 d'émission annuelle par personne d'équivalent CO2, en supposant une répartition égalitaire des émissions entre les 10 milliards d'habitants de la planète à l'horizon 2050.
En effet, pour stabiliser la concentration de CO2 dans l'atmosphère à 450 ppmv/m3, il faudrait émettre au niveau de la planète, au maximum 3 Milliards de tonnes équivalent CO2, ce qui correspond à la capacité d'absorption des puits de CO2, l'océan essentiellement. Ceci suppose bien évidemment que le phénomène du réchauffement climatique ne connaisse pas un emballement : menace sur le plancton déjà constatée, fonte du permafrost qui pourrait s'accompagner de libération massive de méthane (CH4) qui est lui aussi un effet de serre.

Production électrique et rejets de CO2

émissions en g de CO2 par kwh
Centrales à gaz 415
centrales à charbon 895

On remarquera que les centrales thermiques au gaz émettent deux fois moins de CO2 que les centrales thermiques à charbon. Ceci est du au progrès réalisés sur les centrales thermiques à gaz qui utilisent la technique CCGT (Combined Cycle Gas Turbine) et ont, ce ce fait, un bien meilleur rendement.

Source

Rejets moyens de CO2 de différents carburants

Source : Prise de position de l'OcCC (Organe Consultatif sur les Changements Climatiques), organisme suisse, sur la motion "Diminution neutre sur le plan budgétaire des prix de carburants Diesel et gazeux" (document au format .pdf)
Les chiffres ci-dessous figurent en p. 8 de cette prise de position

essence diesel gaz naturel
2.33kg/litre 2.66kg/litre 2,75kg/kg

Remarque : la plus grande émission de CO2 par litre de diesel est lié à la plus grande densité de ce carburant.